I. Dérober
a. De justice. —
b. tristre, — c. Excusacion.
comme nostre très redoubté et souverain Seigneur, selon les droits desquels les livres sont tous pleins, il nous soit loisible et permis pourchasser par toutes voyes, tant de faict comme autrement, la réparation dudit meurtre et de l'onneur de nostre dit très redoubté Seigneur et pere, à qui Dieu pardoint, ainsi blessé de faict. Mais qui plus est, sommes ad ce tenus et obligés et nous est commandé par les droicts, à très grandes et grosses peines. C'est à scavoir en peine d'encourir tache et notte d'infamie, de non estre censés et réputés ses enfans, ne luy appartenir en aucune manière, estre réputés indignes de sa succession, de son nom, de ses armes et de sa seigneurie... Helas ! notre très redoubté et souverain Seigneur, il n'est si povre gentil homme, ne homme de si bas estât en ce royaume, ne autre quelconque à qui on eust si traistreusement et cruellement meurtry et tué son pere, ou son frère, que luy, ses parents et amis ne se fissent partie et ne poursuivissent^ jusques à la mort cà l'encontre dudit meurtrier. Et mesmement ledit malfaicteur, persévérant de plus en plus en l'obstination de son cruel et faux courage, comme fait notoirement le devant dit traistre et meurtrier, qui naguieres vous a osé escrire et en plusieurs autres lieux notables, qu'il a fait mourir vostre frère, à qui Dieu pardoint, nostre très redouté Seigneur et pere, bien et deuement, desmentant pour occasion de ce, moy Charles, en plusieurs lieux, à quoy, pour le présent, il me desporte de plus avant respondre. Car, comme dessus est dit, il vous appert bien clairement qu'il est menteur, mauvais, faux, traistre, cruel et desloyal meurtrier. Et moi, la Dieu grâce, ay toujours esté, suis et seray net, sans reproche et vray disant. Nostre très redouté et souverain Seigneur nous prions au benoist fils de Dieu qu'il vous doint une bonne vie et longue. En tesmoing de ce, nous, Charles, avons fait mectre nostre scel à ces présentes » ^.
a. N'en feissent poursuite. — h, Sy vous prions, tant affectueusement comme plus povons, que pour le bien et l'onneur de nostre très redoubté et souverain seigneur, Monseigneur le roy, de son royaume et de sa seigneurie et de sa justice, qui en ceste matière ont esté et sont tant follez, et bleussiez, et vitupérez, que oncques mais tant ne furent, ne on ne le pourroit assez dire ne exprimer, pour le bien aussy de toute la chose publique de ce reaume, et de vous mesmes, vous vueillez emploiez à la reparacion de ceste' chose et nous aider, secourir et conforter, par toutes voyes et manières à vous possibles, en demonstrant la foy et loyaulté que vous avez et devez avoir à nostre très redoubté et souverain Seigneur, et le vostre, Monseigneur le roy. Car tout vray et loyal subgiet doit avoir desplaisance de l'injure faicte à son souverain Seigneur, pour et soy acquicter loyaulment envers luy, se doit employer à poursuir la repparacion d'icelle de toute sa puissance. En tesmoing, etc..
Ce pathétique manifeste ne fut pas sans produire une grande émotion ' : Jean Sans-Peur y fit réponse par ses conseillers, qui reproduisirent les propositions de Petit ; elle parut à beaucoup de gens mal digérée ^ Au roi Charles il se plaignait des choses injurieuses que le duc d'Orléans écrivait contre lui, et de ce qu'il avait fait sortir du conseil plusieurs personnages réputés amis de la maison de Bourgogne 3,
Le 18 juillet, dejargeau, Charles d'Orléans, ainsi que ses frères, faisait porter par Orléans le héraut, leurs lettres de défi au duc de Bourgogne + :
« Charles, duc d'Orléans et de Valois, conte de Rlois et de Beaumont et seigneur de Coucy ; Philippe, conte de Vertus, et Jean, conte d'Angoulesme, frères, à toi Jean, qui te dis duc de Bourgongne.
Pour le très horrible meurtre par toy fait en grand'trahison, d'aguet appensé, par mourdriers affectés, en la personne de nostre très redouté seigneur et pere. Monseigneur Loys, duc d'Orléans, seul frère germain de Monseigneur le roi, nostre souverain Seigneur et le tien, nonobstant plusieurs sermens, aliances et compagnies d'armes que tu avois à lui, et pour les grans trahisons, desloyautés, deshonneurs et mauvaisetés que tu as perpétrées contre nostre dit souverain Seigneur, Monseigneur le roi et contre nous, en plusieurs manières, nous te taisons savoir que de ceste heure en avant, nous te nuirons de toute notre puissance et par toutes les manières que nous pourrons. Et contre toi, et ta desloyauté et trahison, appelons Dieu et raison en notre aide et tous les prudhommes de ce monde ! »
Charles appelait aussi à son aide archers et arbalétriers >, malgré la défense du roi Charles ^ ; il asseyait une aide sur