‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 114 sur 639 · Religieux de Saint-Denys, t. IV, p · texte numérisé non relu

Religieux de Saint-Denys, t. IV, p

on se contenta de les inquiéter sur leurs frontières. Waleran de Luxembourg, chargé de mettre en la main du roi le Valois, le comté de Clermont, Beaumont et Coucys soumit Crépy, Pierrefonds, la Ferté-Milon et Coucy^; Philippe de CervoUes, Vertus, Moyniers en Champagne ; ceux de Clermont se rendirent sans résistance au vidame d'Amiens \ Quant au dauphin, récemment armé chevalier, il alla lui-même soumettre Etampes et Dourdan En Orléanais, par contre, le comte de la Marche, qui conduisait l'avant-garde de l'armée royale, fut détroussé au Puiset, mené prisonnier à Orléans, où Charles lui fit d'abord un accueil honorable : après quoi on le garda dans une grosse tour 5.

Et les hommes d'armes continuèrent, comme par le passé, à courir en Beauce et en Orléanais, enlevant le bétail, crochetant dans les églises châsses et reliques, tyrans cruels qui eussent mérité d'être engloutis vivants comme Dathan et Abiron. Chaque jour les pauvres campagnards venaient implorer, à genoux, la protection du roi Charles, répétant les paroles du divin Psalmiste : « Disperge eos in virtiitc tua et depone eos, protector noster, Domine » ^

Ce n'était pas Charles d'Orléans qui aurait pu s'opposer à de tels ravages. On savait depuis longtemps, dans sa bande, combien les cruautés des Bretons et des Armagnacs avaient compromis la cause des alliés 7. Les marchands ne

Page 1