Monstrelet, t. Il, p
ÎIO VIE DE CHARLES d'oRLÉANS
Cabochiens, du nom de leur principal capitaine, Caboche, l'écorcheur de bêtes ^ Bientôt ils se font remettre la bannière de la ville, convoquant sur la place de Grève cinquanteniers et dizeniers, fort secondés d'ailleurs par un chevalier beauceron, Hélion de Jaqueville, et d'autres chevaliers bourguignons ^.
Ils vont une première fois manifester devant l'hôtel du dauphin, demandant qu'on leur livrât les traîtres K Et, comme ils trouvaient le prévôt Pierre des Essarts, jadis leur idole, trop favorable au parti Orléanais, ils en créent un nouveau, Le Borgne de la Heuse 4. Pierre des Essarts rentre dans Paris et s'enferme dans la Bastille ; le peuple armé s'en empare K Les Cabochiens distribuent à leurs partisans des chaperons blancs, que portaient aussi les gens d'église et d'honorables marchandes de denrées : n'en avait pas qui voulait ^ ! De nouveau la commune de Paris désigne au dauphin soixante traîtres 7. QjLielques jours après les Cabochiens se rendent à l'hôtel Saint-Pol ^ Là le carme Eustache de Pavilly harangue, devant la reine, Monseigneur le dauphin et autres ; il tire éloquemment sa matière de la fiction d'un jardin où, parmi de belles fleurs et herbettes, poussaient des orties et plusieurs herbes inutiles, empêchant les bonnes de croître : on les devait sarcler, arracher, nettoyer. Par ces mauvaises et périlleuses herbes du jardin du roi et de la reine, le carme entendait quelques serviteurs et servantes qu'il fallait détruire