‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 203 sur 639 · Arch. nat., KK. 269; De Laborde, t. III, no · texte numérisé non relu

Arch. nat., KK. 269; De Laborde, t. III, no

5. Arch. nat., K. 534 ; De Laborde, t. III, no 6436. — Sauf-conduit du 16 décembre 14274 Hue de Saint-Mars, pour aller en France et retourner en Angleterre (French roils, 6 Henry VI, m. 12).

Mais déjà livres et tapisseries étaient autrement menacés : les Anglais marchaient dans la direction d'Orléans ^ On emballa le tout, soigneusement, et le seigneur de Mortemart abrita les trésors de Blois dans sa maison de la Rochelle'.

En ce temps-là une jeune fille était arrivée des marches de Lorraine à Chinon pour parler au dauphin Charles. Entre autres besognes qu'elle disait avoir, de par Jésus, elle déclarait que le bon duc d'Orléans était « de sa charge » ; et au cas qu'il ne reviendrait par deçà qu'elle mourrait volontiers pour l'aller quérir en Angleterre; que très grande était sa joie de s'employer au recouvrement de ses places ^

On peut donc croire qu'en France, parmi le peuple, les malheurs du duc d'Orléans avaient excité une grande pitié. Il y avait pour des âmes naïves, comme pour les plus chevaleresques, quelque chose de révoltant et d'injuste dans le fait d'envahir les terres d'un prisonnier, bien empêché de les défendre et administrer'^, duand le comte de Salisbury eut la tête emportée d'un boulet de canon, tandis qu'il regardait curieusement la ville d'Orléans par les fenêtres des tourelles, on ne manqua pas de voir là l'œuvre de Dieu : on disait qu'il avait failli à la promesse, faite au duc d'Orléans prisonnier, d'épargner ses domaines, les églises et les monastères >. Du moins le croyait-on.

Quant à Jeanne elle savait bien que Dieu aimait le duc

1. Le 27 août 1428 on rompait les gués de la Loire (Bibl. nat., Pièces orig., 914, Cousinot, 34).

2. Bibl. nat., Pièces orig., 2512, Rochechouart, 18; Arch. nat., KK. 269, fol. 8vo.

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