De Beaucourt, t. III, p
Quel était le but de cette réunion féodale ? Nous l'ignorons. Mais ce que nous savons parfaitement c'est que Garter, le roi d'armes anglais, reçut du beau duc d'Alençon des communications l'avertissant que le donjon d'Argentan allait être livré par des traîtres aux Français. « Et par ainsi Monseigneur, ajoutait Garter en rapportant le fait au chancelier d'Angleterre, ce doit être remercié ledit d'Alençon qui veut ainsi complaire au roi ». Or il arriva que ces lettres furent interceptées et ouvertes par un roi autre que celui d'Angleterre, Charles de France'.
Et pendant le siège de Pontoise (juin 1441), Charles d'Orléans était demeuré en correspondance secrète avec Philippe le Bon, alors au fond de la Hollande, ainsi qu'avec la duchesse de Bourgogne qui cheminait entre Laon etSaint-Omer^ Au mois de juillet de la même année on retrouve Charles ' d'Orléans voyageant encore en Bretagne, défrayé à Montfort par Monseigneur de Laval, à Saint-Léry par le duc de Bretagne, àjosselin par Monseigneur de Rohan, à Ploërmel, où il passa une semaine, par Jean V duc de Bretagne; puis il j retournait à Montfort et à Rennes, d'où il partit le i^*" août 1 pour Blois. Jean d'Alençon l'hébergeait alors à La Guierche, ! à Craon, à Château-Gontier ; son retour se fit par Darnétal I et la Flèche. Là on servit « belle chière de cuisine », au I souper : vin blanc et vermeil, huit brochets, une brème, I une tourte, seize vendoises, deux pâtés, trois quarterons j d'œufs. Mais il faut savoir que la suite de Charles d'Orléans I comprenait cent vingt et un chevaux \
1. Bibl. Nat., ms. fr. 4054, signalé par de Beaucourt, t. III, p, 204 ; Stevenson, îVars of the English in France, t. I, p. 189-193.
2. De Beaucourt, t. III, p. 201 ; le ler mai 1441, Jean de Moucy partit de Blois pour aller vers Monseigneur et Madame de Bourgogne et rentra le 22 (British Muséum, ms. 11 542, fol. 27).