Bibl. Nat., P. orig., 2160, Orléans
Parlement de Paris, Charles aurait commandé à un changeur, redoutable usurier au surplus, Jean Marcel, d'affaiblir l'aloi de la monnaie \
Voilà ce qu'il ne faut pas perdre de vue si l'on veut comprendre la simplicité de la vie à Blois, les efforts que dut coûter l'existence, tout à la fois bonhomme et princière, qu'on y menait ; si l'on veut mesurer aussi combien sont dès lors réduites les ressources des vassaux vis-à-vis de celles, déjà infinies, du roi de France.
On aura beau tenir les comptes avec grand soin (car le duc peut demander à les regarder, et il aime les belles écritures, bien nettes) ^ ; réaliser de minuscules économies (comme de tirer parti des vins, futailles et lies qui sont offerts pendant les voyages) 3 ; s'enquérir du cours des chairs, poissons, vins et épiceries 4, rien ne fera contre les charges qui tendent alors à ruiner les grands vassaux. D'ailleurs Charles d'Orléans se montre ici fort bonhomme et il n'est pas impossible qu'à côté de petites économies il tolérât de grands désordres dans sa comptabilité. Nous savons du moins qu'il en fut ainsi pendant l'administration de Jean le Fuzelier, 1 général de ses finances, et grand favori du duc pour avoir contribué à sa délivrance. A sa mort, en 1446, Le Fuzelier laissait de grosses dettes (12.000 écus) : sur quoi le duc estimait qu'il n'avait pas su mieux administrer sa fortune particulière que les finances orléanaises >. Charles sera sans âpreté