‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 402 sur 639 · Arch. Nat., KK. 897, fol. 160 v · texte numérisé non relu

Arch. Nat., KK. 897, fol. 160 v

truire une boucherie sans son congé et prétendait avoir le quint des braies Saint-Victor ; mais aussi ledit abbé s'engageait-il à célébrer un obit solennel pour lui et la duchesse Isabelle, sa compagne, le lendemain de la fête de sainte Marie l'Egyptienne, au mois d'août ^ I Deux de ces fondations pieuses ont été l'objet d'une attent tion particulière : l'une est un amortissement en faveur de I la confrérie du Saint-Sacrement, au faubourg de Vienne, ! dans lequel Charles d'Orléans s'exprimait ainsi : « Nous, les choses dessusdites considérées, et la grant et singulière s [dévotion] que nous avons à lad. confrarie, en laquelle, pour j contemplacion dudit service divin qui en icelle est fait, que I désirons estre entretenu et augmenté à la louange de Nostre Seigneur Jhesu Crist et de la benoite Vierge Marie, avons intencion nous [y] mectre et aussi nostre dicte compaigne j et d'en estre frère et seur... y)^\ l'autre est une concession aux religieux de la Guiche, près Blois, du droit de chasse sur leurs deux moulins de la Cissé. Les conditions en sont curieuses et témoignent d'une véritable pratique de la prière : tous les jours à la grand'messe, après l'offertoire, ils devaient faire sonner une petite cloche, se mettre à genoux et dire l'antienne de Feni Sancte Spiritus, le verset de Emitte Spiritum iimm et creahmtiir, l'oraison Detis qui caritatis doua per gratiam Sancti Spiritus. A son mémento le prêtre devait avoir « en singulière dévocion feux noz très redoubtez seigneurs et dame... et tous ceux de nostre dicte entencion... Et après nostre décès, en lieu en enthenne et oroison cy dessus nommez, diront les dessusdits prestre et religieuses, en sonnant

1. Arch. Nat., KK. 897, fol. 142 v°. — En 1409, Charles avait donné des dalmatiques à l'abbé de Saint-Laumer pour « servir en ladicte église et prier Dieu pour feux Monseigneur et Mesdames trespassés » (Arch. nat., K. 535, n» 27, fol. 13 vo).

2. Ibid., fol. 147. Cf. Arch. nat., KK. 896 fol. 460 v» (Confirmation des biens de la confrérie du Saint -Sacrement de Vienne, en l'église de Saint-Saturnin, en Vienne).

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ladite clochette, comme dessus est dit, le pseaulme de de profumHi, et en la fin d'icellui requiem, kirieJeyson, Pater noster, les suffragez accoustumez des trespassez, et priera ledit prestre en son mémento pour nous singulièrement et pour tous ceulx que avons à présent en nostre dicte entencion »

Dans ses promenades ou ses voyages, Charles d'Orléans se montrait aumônier et dévot, visitant les reliques du Bourg- Moyen % se faisant transcrire à Liesse les oraisons de Notre- Dame 5 ; passant près de Tours, il n'aurait pas manqué de faire le pèlerinage de Madame sainte Catherine de Fierboys^. Il y envoyait Prégent, son valet de chambre, qui reçut ainsi 8 1. 5s. pour acheter un cheval^; il aidait le menuisier Dallescueil à accomplir son voyage de Saint-Jacques en Galicien Ouand Madame de Husson fut en mal d'enfant, il envoya prier pour elle à Notre-Dame de Cléry^. Mais on mettait aux prisons du bailliage les porteurs des reliques de sainte Anne et de sainte Marguerite qui avaient produit de fausses cédules^ |

Cette dévotion s'accentua avec l'âge et la maladie^; du moins on peut assurer que la religion du duc ne devait guère être morose. C'était une forme de la bienséance et de la charité, le complément d'une « belle et honneste vye ». Ainsi le témoigne un chroniqueur de son vieil âge qùand il assure que, chaque vendredi, Charles d'Orléans servait lui-même à

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