Poésies, p
Et même Charles d'Orléans se montrait singulièrement informé des choses d'Angleterre quand, rappelant les trahisons des Anglais envers leurs rois, il disait du pauvre Henry VI :
Et encore le roy de leur pays Est maintenant en doubteuse balance ; D'en parler mal chascun Anglois s'avance. Assez monstrent, par leur mauvais langage, Que voulentiers ilz lui feroyent oultrage : Qui sera roi entre eulx est grant desbat.
En ce temps-là aussi son ami, le marquis de Suffolk, « monté jadis au trosne anglois comme un second roy », chargé de futiles accusations, était saisi au moment où il cherchait à gagner une terre étrangère, et décapité cruellement dans une petite barque \
Qiiant au roi Charles, qui avait gagné « l'avantage », le duc d'Orléans, en bon joueur d'échecs et de tables, lui conseillait de « parfaire son jeu » .Victorieux, riche et puissant, le roi allait maintenant nettoyer son honneur. Le 26 mai 1450 on présentait le vin à Guillaume Bouillé et à l'inquisiteur de la Foi qui avaient mandé à Orléans les procureurs pour la revision du procès de la Pucelle : le poisson était offert au cardinal légat Robert d'Estouteville^ Le 28 juillet le roi arrivait à son tour \ Deux jours auparavant Charles d'Orléans avait donné au frère de feu la Pucelle 27 s. 6. d. pour lui aider à vivrez ; le 3 1 juillet, une nouvelle aumône de 3 1 sous : quant au muet qui avait été son galopin de cuisine, il recevait seulement 27 sous^
1. Chastellain, t. VII, p. 88; J. H. Ramsay, Laiicaster and York, t. II, p. 121. i