Olivier de la Marche, t. II, p
LE SÉJOUR d'hOKNEUR 45^
près Blois, avec ses filles Marguerite et Madeleine. Mais elle vivait noblement sur son douaire. Bien que menant vie religieuse, elle n'entendait nullement que son séjour passât pour une espèce d'engagement ; et même elle avait obtenu du cardinal d'Estouteville une déclaration qui mettait sa liberté et celle de ses filles à couvert \
Gardons-nous toutefois de nous exagérer la condition de cette princesse. Le comté d'Etampes avait été donné par le duc de Berry à Philippe le Hardi en 1387. Après l'assassinat de Louis d'Orléans, Jean de Berry avait révoqué son don, et Charles d'Orléans avait mis des troupes dans Etampes. Mais Jean Sans-Peur ne cessa de réclamer le comté que le dauphin donna à Richard de Bretagne après le traité de Troyes. Philippe le Bon n'abandonna pas pour cela ses droits et garda le comté d'Etampes; en 1434 il les cédait à son neveu Jean de Bourgogne, comte de Nevers% un homme commun, mais un énergique conduiseur d'hommes d'armes. Ainsi deux personj nages portèrent en même temps le titre de comte d'Etampes. En 1441 Marguerite avait bien rendu l'hommage au roi ; l'anj née suivante, son fils François recevait confirmation du don 1 du comté d'Etampes : le roi ordonna même à Philippe le Bon ! de le lui faire restituer. Un procès interminable s'engagea à ce sujet devant le Parlement de Paris ; il aboutit à la réunion du comté d'Etampes au domaine royal. Ainsi Richard et François ne jouirent jamais que du titre d'Etampes k En juin 1445 Marguerite avait fait un accord avec son frère au sujet de I l'héritage de leur père et de leur frère. Elle devait prendre i 18.000 1. de rente sur les comtés de Vertus, Moymer, Rosjnay, la Ferté-sur-Aube, les seigneuries de Gandelu, Nogent-