Ibid., p
l'adolescence 3 3
lui laissant seulement sa gouvernante et son confesseur, quelques serviteurs anglais \ Ils découvrent avec horreur que Madame de Courcy, instituée par la reine Isabeau grande maîtresse d'honneur d'Angleterre, n'avait pas moins de dix-huit chevaux en son écurie, trois couturiers, huit brodeurs et deux tailleurs en son hôtel ^ ! On exile la petite reine à Wallingford K Henry de Lancastre, débarqué en Angleterre, répand la nouvelle parmi les communes de Londres, si hères et si promptes à verser le sang qu'à l'aide de ses alliés le roi Richard travaillait à la ruine du royaume, qu'il cherchait à vendre à Charles de France ses possessions de Guyenne et de Picardie 5. Et voici le roi pacifique abandonné de son armée, trahi par ses compagnons, prisonnier à Flint, puis dans la grosse Tour de Londres, contraint de résigner la couronne, chansonné, devenu un objet de risée, mourant de faim, puis achevé mystérieusement à Pontefract ^.
Cet attentat parut si atroce qu'en France on refusa d'abord d'y ajouter foi, malgré les récits des lombards et des marchands de Bruges ; le chroniqueur estimait un tel sujet « plus digne des déclamations de la tragédie que du récit de l'histoire »
Quand le roi de France connut la trahison dont son gendre était la victime en Angleterre, il s'en montra attristé ^ ; on
1. Froissart, t. III, p. 351. Ct. Chronique de la t raison et mort de Richart deux, éd. B. Williams, 1846, p. 164.