‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 515 sur 639 · Perceval de Cagny, p · texte numérisé non relu

Perceval de Cagny, p

LE PROCÈS DU DUC d'aLENÇON 535

de Charles d'Orléans et d'Isabelle Et, le plus tôt qu'il put le faire, Jean s'était mis aux armes et à cheval, dès l'âge de dix-huit ans, désirant grandement servir le roi de tout son pouvoir et recouvrer ainsi ses terres. Lieutenant du dauphin Charles en Normandie % il avait tenu sur les fonts son premier né Louise Mais, à la guerre, Jean devait tout perdre en un jour. Devant sa ville de Verneuil, il avait livré la bataille où périrent tant de seigneurs de France et d'Ecosse (17 août 1424) : pris à cette malheureuse journée par le duc de Bedford, le duc d'Alençon avait été détenu trois ans au château du Crotoy et avait dû, pour sa délivrance, payer 200.000 saints d'or. Il vendit, comme l'avait fait Charles d'Orléans, joyaux, pierres précieuses, nobles et riches chambres de ses prédécesseurs que les Anglais estimèrent à très bas prix; il vendit encore toute sa terre et seigneurie de Fougères au duc de Bretagne, qui ne la paya pas à la moitié de sa valeur : car « tel est parent qui n'est ami » ^. Et gueux comme devant, mais loyal et chevaleresque, Jean était sorti ruiné de sa prison. Tan 1427, « le pluspovre de France » \ toujours fidèle au dauphin Charles ^. Libre, le gendre de Charles d'Orléans s'en était'allé vers le dauphin, lui remontrer son état et sa pauvreté?. Le dauphin lui déclara la sienne, qui était évidente. Comme il n'en put tirer que peu de finances, Jean vendit ce

I. Perceval de Cagny, p. 22 et la Chronique Géncrah. I 2. Perceval de Cagny, p. 22.

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