Du Clercq, 1. IV, ch. xli
guant qu'il lui fallait de suite gagner la Beauce. Sa nervosité lui fit commettre une seconde maladresse : se levant pour sortir, son pied se prit dans un pan du drap de lit et lui fit faire un faux pas. « Et deux! » s'écriait-il furieux. Sans doute le roi savait, suivant la croyance populaire, que les malheurs sont régis par le nombre trois \
Il n'est pas impossible que Charles d'Orléans ait mis beaucoup de ses espérances dans l'avènement du roi Louis, le protégé de son protecteur le duc de Bourgogne. Jadis, le dauphin avait contribué à payer sa rançon au roi d'Angleterre ^ et s'était montré attentif à satisfaire les goûts de son bel oncle d'Orléans ^ ; enfin, c'est à Charles qu'il s'était adressé quand il chercha à se réconcilier avec son père^, le roi Charles VIL
Le vieux duc, qui venait de chevaucher en compagnie de Louis, devait éprouver à ses dépens le soudain changement du dauphin mué en roi, son art de dissimuler, sa volonté si personnelle et inébranlable 5. Cela, Charles le sentit surtout dans les afi'aires d'Italie, qui lui causèrent tant de chagrins et de déboires dans les dernières années de sa vie.
Pas plus que Charles VII, le roi Louis n'aurait songé à soutenir ses intérêts en Milanais ; tous deux s'étaient déclarés les amis et les défenseurs de l'usurpateur Sforza^. Le pauvre Charles d'Orléans s'était tourné tour à tour vers l'Empe-
1. De Maiilde, Procédures politiques du règne de Louis XH, p. 972, 973, 976, et Histoire de Louis XH, t. I, p. 103-106.
2. Engagement du 15 décembre 1439 potir 30.000 saints d'or (Arch. nat., K.65, no 15'^.