‹ Vie de Charles d'Orléans (1394-1465)Chapitre 58 sur 639 · Grandes Chroniques, éd. P. Paris, t. V, p · texte numérisé non relu

Grandes Chroniques, éd. P. Paris, t. V, p

reine Isabeau et ses enfants, insoucieux ^ Quelle attention aurait-il prêté aux avis d'un religieux, étrange et suspect, ce Pierre Salmon, qui du fond de l'Angleterre, avait reçu des confidences si graves à son sujet ^ ? Un jour Louis n'avait pas le loisir de lentendre ; un autre, il faisait demander par écrit ce qu'on lui voulait. Que pensait-il de cette belle épître morale où on l'avertissait : i° d'avoir à bien conseiller le roi sur la menace d'en rendre compte un jour devant le juge des juges; 2° d'écouter les opinions des sages; 3° de consulter les « bons livres de plusieurs histoires ^ » ? Sa librairie n'en manquait pas au surplus.

La veille de la Saint-Clément (23 novembre 1407) Louis qui venait de souper chez la reine, accouchée en sa maison de Barbette, rentrait, après couvre-feu, en son hôtel Saint-Pol, accompagné seulement de deux valets porteurs de torches et de deux écuyers à cheval ^\ il allait sur sa mule, chantonnant et jouant avec son gant K A peine est-il engagé dans la rue Vieille-du-Temple que des hommes sortis de la maison de l'Liiage Notre-Dame l'entourent et le frappent dans l'ombre. On entend un cliquetis d'épées, des cris : « A mort! », le galop d'un cheval ; on entrevoit un homme portant un cha-

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