Bibl. nat., Pièces orig., 11 55, Filleul
comte de Clermont, Bernard, comte d'Armagnac. Enfin, avant de se séparer, comme il n était pas de bonne alliance sans traité de mariage, on fit celui de Charles d'Orléans avec la fille du comte d'Armagnac, nièce du duc de Berry, mademoiselle Bonne ^
Et c'est en présence des princes que l'archevêque de Bourges, chancelier du duc de Berry, donna lecture du contrat ^ :
1° Avec la dispense de l'église, le comte d'Armagnac devait donner en mariage sa fille Bonne à Charles d'Orléans ; le duc de Berry, s'entremettre pour obtenir cette dispense.
2° Comme dot et don de mariage de mademoiselle Bonne, sa fille, le seigneur d'Armagnac payera à Monseigneur le duc d'Orléans la somme de loo.ooo francs.
3° Pour le payement de cette somme il donnera à Monseigneur d'Orléans 30.000 francs au bail de l'année et le jour de la célébration du mariage ; le surplus, qui se montait à la somme de 70.000 francs, d'année en année, par annuités de 10.000 francs.
4° Le seigneur d'Armagnac habillera sa fille, bien et honorablement, suivant son état ; à ses frais il la fera conduire à Riom, le 15 août prochain, pour être délivrée à Monseigneur d'Orléans ou à ses messagers.
5° En faveur dudit mariage Messire Charles d'Orléans
1. Monstrelet, t. II, p. 66; le contrat est daté de Gien^ le i8 avril 1410 (Arch, nat., K. 534, no 20).
2. En présence du duc de Bretagne, du comte d'Aleuçon, du comte de Clermont, de l'archevêque de Bourges^ de l'évêque de Nantes, de messire Jean Davy, chancelier d'Orléans, de Guillaume le Bouteiller, seigneur de Saint-C^hartrier, de Molinot Tourzel, seigneur d'Aligre, de messire Jean, seigneur de Malestroist, de messire Jean de FontaineS;, seigneur dudit lieu, de Guillaume de Laire, seigneur de Cornillon, de Jehan Prunelé, seigneur d'Herbaut, de Hue d'Amboise, seigneur de Chaumont, de Pierre de Mornay, seigneur de la Ferté, de Ponchon deLangeac, sénéchal d'Auvergne, d'Archambault de Villars.
« enjoyelera » convenablement ladite demoiselle, selon son état,
6° Au cas où ledit duc d'Orléans irait de vie à trépas avant mademoiselle Bonne, sa veuve recevrait un douaire de 6,000 francs, assis sur les terres dudit Charles,
7° Au cas où ladite demoiselle Bonne irait de vie à trépas sans laisser d'enfants, la somme de loo.ooo francs, ou ce qui en aurait été payé, reviendrait au comte d'Armagnac,
8° Il a été accordé entre lesdites parties que les hoirs mâles qui naîtront de ce mariage succéderont en toutes les seigneuries de leur père, qui ne sont pas apanage royal, sauf en ce qui doit appartenir à mademoiselle Jeanne d'Orléans, fille du duc d'Orléans, du fait de son mariage avec Isabelle de France.
Lesquels articles furent jurés sur les saints Evangiles ^ Après quoi les seigneurs retournèrent chacun en leur seigneurie \
Charles d'Orléans reçut à Blois son allié, le duc de Bretagne. Le 24^ jour d'avril il tirait du trésor, pour lui en faire présent, un li^ re d'heures enluminé, écrit d'or et d'azur, enrichi de rubis balais, de saphirs, de grosses perles, et dont la reliure, de velours noir, était brodée de rinceaux de fils d'or ^ Certes il se montra généreux comme celui-là qui veut se faire aimer, M. de Châteauneuf reçut un fermail d'or ; le chancelier d'Alençon un diptyque de Saint Jean et de Sainte Catherine ; Mauléon, trésorier du duc de Bretagne +, un petit livre d'heures ; M. de Vieuxpont un tableau d'or ; l'évêque de Chartres, ainsi que Guillaume de Lodes et le grand maître de Rhodes, un tableau d'or en forme d'heures ; Madame