‹ Vie de Copernic et histoire de la découverte du système du mondeChapitre 18 sur 68 · COPERNIC PROFESSEUR A ROME · texte numérisé non relu

COPERNIC PROFESSEUR A ROME

qui, dans un autre siècle, seraient restés peut-être à jamais engourdis. Les travaux et la gloire des deux astronomes Pnrbach et Regiomontanus excitaient au plus haut degré l’émulation de Copernic, qui brûlait de marcher sur leurs traces.

Il y avait alors, à Bologne, un professeur qui enseignait l’astronomie avec beaucoup d'éclat. C’était Dominique Maria, de Ferrare. Pendant son séjour à Padoue, Copernic fît plusieurs fois le voyage de Padoue à Bologne pour le voir et l'entendre. Doué d’une rare intelligence et passionné pour la vérité, le jeune Polonais fut facilement admis dans l’intimité de l’astronome italien, charmé d’avoir un tel auditeur.

Apprécié par Dominique Maria à sa juste valeur, Copernic fut jugé digne d’occuper une chaire à l’Université de Rome, et il obtint, en 1493, à l'âge de vingt-sept ans, la place de professeur de mathématiques au milieu de la capitale du monde chrétien.

Doué d’un remarquable talent d’exposition, le jeune professeur attira autour de sa chaire un auditoire nombreux et choisi. La manière brillante dont il fltson cours et les succès qu’il obtint rappelaient ceux dont Regiomontanus avait joui précédemment. Il faisait ses leçons d’astronomie d'après l’Almageste de Ptolémée, et comme il* aimait à exposer avec méthode et clarté les principes établis par le célèbre astronome d’Alexandrie, il y revenait fréquemment et les examinait avec toute l’attention dont il était capable. 11 soupçonna bientôt que ces principes étaient trop compliqués et s’éloignaient trop de la simplicité ordinaire

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des lois de la nature, pour être admis comme vrais. La meilleure situation pour pénétrer le mécanisme d’une science est detre obligé de l’analyser clairement dans un cours public ou dans des conférences.

Copernic habita l’Italie pendant sept ans, de l’année 1496 à l'année 1502. Là; quand l’astre du jour est descendu sous la mer empourprée, un long crépuscule flotte dans le ciel du soir. Les 'bruits s’éteignent. Une brise parfumée glisse le long des collines distribuées par étages, l’horizon lointain se développe dans sa transparence, et la brillante étoile du soir étincelle de tous ses feux. Combien de fois le jeune philosophe venu du nord en ce doux climat dirigea-t-il ses promenades solitaires vers ces beaux spectacles du ciel d’Italie ? Combien de fois son regard rêveur suivit-il le disque flamboyant du Soleil descendant lentement sous l’horizon liquide, — du Soleil dont il devait reconnaître et fixer pour toujours la situation réelle au milieu du système planétaire I Combien de fois revintil songeur au milieu de ses livres, après avoir contemplé la marche apparente des mouvements célestes et salué chaque étoile brillante qui s’allumait au dessus du silencieux crépuscule ? Parfois la nuit devient profonde et comme infinie. Le ciel se parsème d’astres sans nombre. La Voie lactée se développe comme une poussière de pierreries. Sirius, Aldébaran, Orion scintillent, tandis qu’au loin la mer apaisée ne laisse entendre qu ’un doux murmure. Alors l’âme contemplative quitte la terre obscure et inerte. Comme le papillon aérien se pose sur une fleur légère sans la

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flétrir, ainsi l’âme doucement se pose sur une étoile, et sur une autre, et plus loin encore, sans fatigue, et,si petite dans l'univers, infiniment petite dans l'infiniment grand, elle voyage cependant parmi les fleurs célestes, goûiant à l’une et à l’autre. Doux nectar des étoiles, tu transportes l’àme dans les hautes sphères de la splendeur. tu la purifies des altérations de la matière terrestre, tu la nourris d’une céleste substance ! Rayons stellaires qui traversez les espaces éternels, vous nous montrez l’immensité de l’univers, vous nous éclairez sur notre véritable situation, vous nous apprenez à nous connaître nous-mêmes. Porté sur vos ailes infatigables, l’esprit voyage sans fin parmi les merveilles de l’intarissable création, contemplant,

jugeant,. admirant, -l’œuvre complexe et permanente de

la nature.

C’est au milieu du tiède climat d’Italie, sous le ciel lumineux du midi, environné des sites luxuriants de Padoue ou des monuments antiques de Rome, que le jeune et studieux mathématicien sentit se développer sa vocation astronomique. La théorie l'occupa dès cette époque beaucoup plus que la pratique. Cependant on a de lui un certain nombre d’observations faites pendant son séjour en Italie, et surtout depuis son retour dans sa patrie. En 1496, il observa à Bologne, en compagnie du professeur Dominique Maria, une occultation d’Aldébaran par la Lune. Au mois de novembre de l’année 1500 il observa à Home une éclipse de Lune. Nous avons de lui d’autres observations d’éclipses faites en 1511, 1522 et 1523, des observations de Mars faites en 1512, 1518 et 1523, une observation de Vénus en 1529,

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des observations de Saturne faites en 1514, 1520 et 1527, et de Jupiter en 1520, 152Get 1529. Ces observations n'avaient pas pour but d’étudier la constitution physique des planètes, car les lunettes n’étaient pas encore inventées, mais de fixer leur position exacte dans le ciel. Nous avons également de Copernic des observations d'étoiles fixes destinées à établir aussi leurs positions sur la sphère céleste, à les comparer à celles de Ptolémée, et à en tirer des conclusions sur l’obliquité de l'écliptique, la précession des équinoxes, et les mouvements apparents du ciel.

S*. > On a dit que Copernic a rencontré à Rome le célèbre i astronome Regiomontanus, et que cette rencontre l’avait encouragé dans sa vocation astronomique (1). On a même avancé trop légèrement, à ce propos, que dans ses conversations avec l'illustre savant, il s’attira son estime eteûtavec lui d’utiles entretiens. C’est ainsique s'écrit l’histoire : les auteurs copient leurs prédécesseurs, sans se donner le temps de remonter aux sources premières. Or la vérité est que Regiomontanus était mort depuis l’année 1476 , époque où Copernic n’avait pas trois ans. C’est en 1475 que Jean Muller, né à Kœnigsberg, et surnommé pour cela Regiomontanus (traduction latine du nom de ville précédent), fut appelé à

1. J’ai été bien étonné de retrouver cette erreur dans le récent ouvrage du savant et érudit M. Bertrand, membre de l’académie des sciences. 11 y a là quelque méprise. Elle | parait due à Savérien, historien scientifique du siècle der- 1 nier. Peut-être une simple faute d’impression lui a-t-elle \ donné naissance dans l’origine (en imprimant 1496 au lieu \ de 1470 pour l’année de la mort de Regiomontanus).

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Rome par Sixte IV pour s’occuper de la réforme du ca- \ leudrier, laquelle ne fut faite qu’un siècle plus tard, sous Grégoire XIII. L’année suivante, il fut assassiné à Rome même, parles fils d’un auteur dont il avait trop vivement critiqué les ouvrages : par les fils de Georges de j Trébisonde, qui avait publié une traduction de Y Alma- j geste émaillée de fautes relevées par Regiomontanus. j Soit qu’il ait été ainsi assassiné, soit qu’il soit mort de' la peste de cette même année, comme on l’a dit aussi, il n’en est pas moins vrai qu’il était dans l’autre monde depuis plus de vingt ans lorsque Copernic alla à Rome ' et rappela par son éloquence les succès non oubliés de ! son cours. ^

Copernic eut dès sa jeunesse la direction de son esprit tournée vers l’astronomie et son problème fondamental. Même dans les plus hautes branches de l’activité humaine, les qualités les plu? ordinaires, telles que le sens commun, l’attention, l’application, la persévérance, sont invariablement les plus utiles. On peut, à la rigueur, se.passer de génie ; maig le génie lui-même, quelque grand qu’il soit, ne peut négliger d’avoir recours à la coopération de ces qualités communes. Les grands hommes sont précisément ceux qui croient le moins à la puissance surnaturelle du génie et à la possibilité de se passer de cette sagesse vulgaire et de celte suitedans les idées, sans lesquelles, même dans les petites choses, il n’est pas de succès. Quelques-uns d’entre eux ont même défini le génie : « le bon sens porté à sa plus haute puissance.» A ce propos, chacun se souvient ici de l’aphorisme de Buffon : « le génie.... c’est la patience. »

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Newton, à coup sûr, était un esprit de premier ordre, et cependant, un jour qu’on lui demandait comment il était arrivé à faire ses admirables découvertes. « En y pensant toujours, » répondit-il modestement. Une autre fois, il décrivait ainsi sa manière de travailler : « Je ne perds pas de vue mon sujet, et j’attends que les premières lueurs, grandissant peu à peu, se changent en une pleine etéclatante lumière.» Ce ne fut, et il en a toujours été ainsi, qu’à force d’application et' de persévérance que Newton atteignit sa haute réputation. Sa seule récréation consistait à varier ses travaux, c’est-àdire à quitter momentanément un sujet pour s’occuper d’un autre. « Si j’ai pu rendre quelques services, » ditil un jour au docteur Bentley, « je ne le, dois qu’à la patience et à la persévérance que j’ai apportées dans mes recherches. » Un autre grand philosophe, Képler, disait aussi en parlant de ses études et de ses progrès : « Je pourrais m’appliquer la description que Virgile donne de la renommée : Fama mobililate vigct, vires acquirit eundo\ car, chaque réflexion étant pour moi l’occasion de réflexions nouvelles, j’arrive à la lopgue à m’appliquer à mon sujet avec toute l’énergie dont mon esprit est capable. »

Tant de résultats extraordinaires ont été obtenus tout simplement à force d’application et de persévérance, que beaucoup d’esprits en sont venus à douter que le génie soit un don aussi exceptionnel qu’on le suppose généralement. Voltaire, entre autres, tenait pour certain qu’il n’y a qu'une bien mince ligne de séparation entre l’homme de génie et l’homme d’une intelligence

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ordinaire. Locke, Helvétius et Diderot croyaient que tous les hommes peuvent également devenir deshommes de génie, et que tout ce que les uns acccomplissent, sous l’influence des lois fondamentales qui règlent la marche de l’intelligence humaine, les autres aussi l’accompliraient, si, dans les mêmes circonstances, ils s'appliquaient de la même manière aux mêmes travaux. Cependant, tout en admettant pleinement la prodigieuse puissance du travail, et tout en reconnaissant le fait incontestable que les plus grands génies furent aussi les travailleurs les plus infatigables, il n’en reste pas moins évident que sans les heureuses dispositions dont la nature les avait doués, nul labeur, quelque bien dirigé qu’il eût pu être, n’eut produit un Shakespeare, un Newton, un Beethoven ou un Michel-Ange.

Un simple coup d’œil jeté en passant sur la biographie des grands hommes suffit pour nous convaincre de là vérité de ce fait, que les plus distingués parmi les inventeurs, les artistes, les penseurs, en un mot, les travailleurs de toute sorte, ont dû en grande partie leurs succès à leur infatigable activité. Sous la main de ces hommes-là, tout se change en or. ..., même le temps. (1)

Sir Humphry Davy, qui a rendu en chimie des services comparables à ceux que Copernic a rendus en astronomie, et qui n’était pas moins profond penseur, comme on peut en juger par l’ouvrage admirable .qu’il écrivit vers la fin de sa vie et publia sous le litre de

J. Samuel Smües, Self Help.

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Derniers jours d’un philosoj he (1), sir Humphry Davy dis-je, a donné f'omme un des résultats de sa propre expérience que toutes les fois qu’il s'étail trouvé arrêté dans le cours de ses recherches par quelque obstacle en apparence insurmontable, il s’était aussi invariablement trouvé à la .veille de faire quelque nouvelle découverte. Ce n’est du reste qu’au sein des difficultés et des chagrins de toutes sortes que les plus grandes pensées, les plus profondes recherches, les plus brillantes inventions ont pris naissance et ont grandi; et ce n’est qu'à grand’peine qu’elles ont fini par triompher.

Ainsi une chose conduit à une autre, et, le travail entretenant le travail, la lutte avec les difficultés ne cesse qu’où cesse la vie ou le progrès Mais s’abandonner au découragement n’a jamais aidé et n’aidera jamais personne à surmonter une difficulté. Rien de plus juste aussi que l’avis de d’Àlembert à l’étudiant qui se plaignait à lui de son peu de succès dans l’étude des premiers éléments des mathématiques : .« Allez en avant, la force et la foi vous viendront. »

Rien de facile qui n’ait commencé à être difficile, pas même la plus simple et la plus primitive des actions, celle de marcher.

Les hommes dont l’éducation a été le plus soignée se sont aussi montrés les plus capables d'aborder avec résolution toute espèce de difficultés. L’extrême pau-

1. J’en ai publié récemment une traduction française, avec commentaires, 1 vol in- U. Paris, Didier et Ç le .

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vreté elle -même n'a jamais été un obstacle pour ceux qui se Taisaient un devoir de travailler à leur propre élévation. Képler est devenu le prince des astronomes après avoir été garçon de cabaret, en s'appliquant avec patience à l’étude des matbématiques(l). Le professeur de linguistique, Alexandre Murray apprit à écrire en griffonnant ses lettres sur un vieux morceau de carton avec un bout de tige de bruyère brûlée. Le seul livre que possédé t son père , pauvre berger , é tai t u n ca téchisme

t. Il ne sera pas inutile de rapporter ici que ,1’un des plus curieux exemples de l’obstination à l’étude nous est fourni par William Cobbett, qui a raconté lui même comment il apprit la grammaire et, rien ne pouvant donner une plus juste idée du courage avec lequel cet excellent homme s’attachait à vaincre les difficultés, nous citerons ici cett.e intéressante histoire. « J’ai appris la * grammaire, disait-il, étant simple soldat à douze sous par jour. Le bord de mon lit dans ma chambrée, ou celui du lit de camp au corps de garde, fut le seul siège que j’eusse pour étudier ; mon sac fut ma bibliothèque ; une planchette posée sur mes genoux ma table à écrire, et çetto tâche ne me prit pas à beaucoup près un an de ma vie. Je n’avais de quoi acheter ni huile, ni chandelle ; et en hiver il était rare que je pusse avoir d'autre lumière que celle du feu, et encore à tour de rôle seulement. Si j’ai pu, dansde telles circonstancesetsans parent ni ami poui; me guider ou m’encourager, venir à bout de cette entreprise, y a-t-il une excuse qu’un jeune homme puisse invoquer, quelque pauvre qu’il soit, quelque surchargé de travail qu’il soit, quelque mal servi qu’il soit par les circonstances extérieures ? Quoique je fusse toujours mou : rant de faim, je ne pouvais acheter une plume ou une feuille de papier qu’en me privant d’une partie de ma pourriture. Je n’avais pas un instant que je pusse dire mien, et il me fallait lire et écrire au milieu des conversations, des rires, des chants et du tapage d’au moins une douzaine d’hommes insouciants, s!il en fut au monde ; et cela juste au moment où ils étaient libres de tout contrôle. Ne vous figurez pas que les quelques centimes que me coûtaient de temps en

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. de deux sous; mais ce livre était trop précieux pour qu’on s’en servît tous les jours, et c’est pourquoi ou le gardait avec soin dans une armoire pour les lectures du dimanche.

Copernic prit soin en même temps de l’éducation de son esprit et de celle de son corps. Sans être d'une constitution athlétique, sa manière de vivre sobre et intelligente éloigna de lui les maladies variées qui trop souvent viennent traverser la vie et s’opposent au libre exercice de l’esprit. La vigueur organique et le développement des forces physiques ne sont pas insigni-

temps mon encre, mes plumes ou mon papier fussent peu de choses. Un centime, hélas! était une somme pour moi. J’étais aussi grand que je le suis à présent. J’avais une excellente santé et je prenais beaucoup d’exercice. Tout l’argent qui ne se dépensait pas pour nous au marché montait à quatre sous par semaine pour chaque homme. Je me souviens, et comment pourrais-je l’oublier ! qu’un jour, un vendredi, je m’étais arrange de manière à avoir, toutes dépenses payées, un sou de reste ; je destinais ce sou à l’achat d’un hareng saur le lendemain même. En me déshabillant le soir, je souffrais de la faim à un tel point que la vie m’était à charge, — je m’aperçus que j’avais perdu mon unique sou. Je me cachai la tète soiis ma misérable couverture et pleurai comme un enfant. Or, je le répète si, dans de telles circonstances j’ai pu entreprendre et mener à bien cette tâche, y a-t-il, peut-il y avoir, dans le monde entier, un jeune homme qui puisse trouver une excuse pour s’en exempter. »

J’ai connu un jeune écolier qui n’a eu d’autre moyen, pendant près d’une année, de commencer sa carrière scientifique, que d’économiser sur deux sous qu’il recevait par jour pour son déjeuner, sa famille se trouvant alors dans une position très précaire. Aidé par sa sœur, qui se priva par affection pour lui d’une' partie des mêmes dix centimes qu elle" recevait aussi pour son déjeuner, il parvint à acheter les principaux livres qui lui étaient nécessaires. Le soir, il écrivait au clair de lune. 11 s’est fait rapidement une position fort honorable dans la science,

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liants dans le succès de ceux, qui se consacrent aux professions libérales. En effet, l’homme physique recèle l'homme moral aussi bien que l’homfne intellectuel ; et c'est par des organes corporels que l’àme elle-même vit et se manifeste. Le corps est son foyer, son séjour, sa demeure; et de même qu’une torche donne une lumière plus pure ou une senteur plus douce, selon la matière dont elle est faite ; de même notre âme accomplit plus ou moins bien toutes ses' fonctions, selon la disposition plus ou moins heureuse de ses organes. 11 faut avoir « un mental sain dans un corps sain, » comme le disait Swedenborg en traduisant littéralement un adage antique.

, Tout en remarquant combien, en premier lieu, il est nécessaire de donner des bases solides à la santé physique, on ne doit pas non plus perdre de vue qu’il faut cultiver l’habitude de l’application mentale, . et que c’est là aussi un point indispensable dans l’éducation de la jeunesse. La maxime Omnia vincit labor improbus est vraie surtout lorsqu’il s’agit de laconquêle du savoir : car les champs de la science sont ouvert? à tous ceux qui veulent prendre la peine d’y récolter ; et l’étudiant ne rencontrera sur sa route aucune difficulté qu’il ne puisse, à l’aide d’une ferme détermination, parfaitement surmonter : Vouloir c'est pouvoir . Un économiste a prétendu que nous avons des bras assez longs pour atteindre à tout, si nous voulions nous en donner la peine. Mais, en études comme en affaires, l’énergie est le grand moyen ; il faut le jervet opus ; il faut brûler les planches, et ne pas seulement battre lç

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fer tant qu’il est chaud, mais le battre jusqu’à ce qu’il s’échauffe : Qui a du cœur a tout. U est merveilleux de voîr ce que peuvent accomplir, en fait de développement individuel, ceux qui ont de l’énergie et de la persévérance, qui s'appliquent à profiter des occasions et qui emploient jusqu’aux plus courts instants de loisir, que les fainéants, au contraire, laissent invariablement perdre.

La jeunesse de Coperdic se passa dans le travail. L’as- • trouomie, la médecine, la philosophie occupaient tour à tour son activité studieuse. 11 se mêla peaau jnonde, et comprit vite que le temps passé dans ses frivolités est absolument perdu, et ne laisse dans l’àme ni utilité ni bonheur. On n'en rapporte rien. Le penseur polonaisaimait la solitude, et dès sa jeunesse sa vie resta solitaire. Il est assezremarquableque les quatre premiers astronomesdu monde,' les fondateurs de l'astronomie moderne, Copernic, Galilée, Képler et Newton aient paru montrer par leur vie que le mariage ne convient pas à ces existences abstraites. Leur supériorité intellectuelle les isole pour ainsi dire' au dessus des usages généraux établis pour le maintien de la société. Copernic ne se maria point et se fit prêtre (1). Galilée connut les joies de l’affection

1. Dans sa Vie'de Copernic, Jean Czinski raconte, d’après M ,lc Makwaska, une anecdote qui ne manque pas d’interet. Copernic, jeune encore, aurait donné des preuves d’un grand courage en défendant une princesse dont la vie était en danger. Cette noble action changea la reconnaissance de la princesse en amour, mais comme une trop grande distance séparait le fils d’un bourgeois de la noble châtelaine, Copernic embrassa l’état ecclésiastique. Nous ne savons si cette nouvelle a quelque base historique.

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partagée et laissa «ne famille après lui, mais ni l'Église ni l'État n'avaient confirmé son union. Képler se maria deux fois, mais regretta bien souvent les liens sociaux qu'il avait contractés. La tradition rapporte que Newton mourut vierge à quatre-vingt-cmq ans. L itre absorbé par ces immenses contemplations ne se livre point a moins qu’il ne rencontre une attraction puissante, qui sache s'isoler elle-même du monde pour se vouer enlierement à lui.

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