‹ Vie de Frédéric OzanamChapitre 10 sur 313 · XII PREAMBULE · texte numérisé non relu

XII PREAMBULE

les premiers à célébrer son éminente piété, son ardente charité; à publier ses œuvres, et à faire bénir sa mémoire; mais ils ont cru devoir résister à cet élan si naturel de leur cœur, en cédant le pas à celle qui partagea les destinées d'un homme qui avait fait son bonheur pendant sa trop courte vie , et qui lui laissait pour héritage ses œuvres et l'honneur de son nom.

A peine avait-elle fermé les yeux à son époux, qu'au lieu de s'abandonner à un désespoir vulgaire et inutile, elle forma le noble et ingénieux dessein de ne pas laisser éteindre sous la pierre du tombeau cette intelligence d'élite, mais de perpétuer en quelque sorte sa vie en publiant ses nombreux travaux. Quelques-uns étaient déjà connus; mais la plus grande partie attendait la dernière main avant d'oser voir le jour.

Mmc Ozanam employa près de treize années à préparer une édition complète des œuvres de son mari, avec la bienveillante assistance du regretté Ampère fils, professeur de littérature française au collège de France, et celle de M. Heinrich, aujourd'hui doyen et professeur distingué de littérature étrangère de la faculté des lettres de Lyon.

Pour elle, ce fut un admirable moyen de vivre encore avec celui qui aimait à l'associer souvent à ses travaux. En le relisant , il lui semblait l'entendre; en le faisant connaître toujours davantage, elle jouissait des éloges mérités que

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