CHAPITRE VI
de l'esprit de zèle , d'une énergie et d'une vitalité peu communes, démontre des progrès que les chiffres ne sauraient révéler, et qui pourtant sont la preuve la moins équivoque de la prospérité d'une œuvre aussi étendue que la nôtre. Comment ne pas reconnaître que la divine Providence la comble de ses faveurs, lorsqu'on voit que parmi les nombreux présidents de conférence l'immense majorité est composée d'hommes remarquables par leur prudence, leur tact, leur sagacité, leur zèle intelligent autant que par leurs vertus?
Nous joignons à ces réflexions le tableau des dépenses de la Société depuis son origine. Il ne sera pas sans intérêt de suivre année par année les progrès des immenses charités répandues dans l'univers entier par les membres des conférences. Nos chiffres ont été puisés dans les comptes rendus du bulletin où ils sont inscrits chaque année.
Mais auparavant disons un mot sur les sources auxquelles les conférences puisent les secours qu'elles répandent dans le sein de leurs pauvres, et sur l'administration des fonds qu'elles parviennent à réunir. Il est important d'entrer dans ces détails pour éclairer les personnes étrangères à la Société et qui n'en connaissent pas les usages. Les ressources des conférences consistent d'abord et avant tout dans les quêtes hebdomadaires faites entre leurs membres. Puis viennent les loteries, les bazars, les ventes., et dans les grandes villes les sermons de charité. Enfin, les dons extraordinaires achèvent de compléter le total des recettes. Toutefois, s'il y a lieu de se féliciter des sommes recueillies, il n'est pas moins à remarquer que ces
sommes , considérables lorsqu'elles sont totalisées , sont bien faibles chacune isolément.
Quant au maniement des fonds, chaque conférence est maîtresse absolue des siens , et les emploie dans la paroisse ou la ville où elle est établie. Il n'y a nulle part de concentration des fonds recueillis par chaque conférence : non seulement ils ne sortent pas du pays qui les a donnés , mais ils ne sortent même pas de la ville où on les a recueillis. Chaque conférence reçoit le plus qu'elle peut ; chacune dépense suivant ses recettes , de façon à ce que le zèle soit davantage excité par les besoins locaux. Il n'y a d'exception que poulies grandes calamités , et ■pour les frais généraux de la Société, qui se montent en moyenne de y à 8 000 francs par an; ils sont couverts par les aumônes volontaires et toutes libres de chaque conférence. Ces frais sont compris dans le chiffre de Paris.
En outre , il est à remarquer que les conférences ont pour principe de ne pas thésauriser et de dépenser au fur et à mesure qu'elles reçoivent. Si le 1er janvier, époque où se rendent les comptes , les conférences ont en général un excédant, c'est qu'elles ont recueilli à l'entrée de l'hiver des fonds plus abondants qui doivent se dépenser pendant la mauvaise saison. Au mois de mai ou de juin ces excédants disparaissent presque tous ; il n'est même pas rare qu'ils fassent place à des déficits momentanés '.
1 Bulletin de la société de Saint Vincent-df-Pai/l , t. VIII, p. d{>\).