‹ Vie de G. RossiniChapitre 11 sur 56 · LA PIETRA 1)EL PARAGONE · texte numérisé non relu

LA PIETRA 1)EL PARAGONE

ordre, qui se fit une réputation dans l'air du Missipipi.

La Pietradel Paragone est, suivant moi, le chef-d'œuvre de Rossini dans le genre bouffe.

Si vous parlez de la Pietra del Paragone en Lombardie, personne ne vous entend; il faut dire il Sigillara. L'effet du final Sigillara fut délicieux pour le public ; cet opéra créa à la Scala une époque d'enthousiasme et de joie; on accourait en foule de Milan, de Parme, de Plaisance, de Bergame, de Brescia, et de toutes les villes à vingt lieues à la ronde. Rossini fut le premier personnage du pays ; on s'empressait pour le voir. L'amour se chargea de le récompenser. A la vue de tant de gloire, la plus jolie peut-être des jolies femmes de la Lombardie, jusque-là fidèle à tous ses devoirs, et qu'on citait en exemple aux jeunes femmes, oublia ce qu'elle devait à sa gloire, à son palais, à son mari, et enleva publiquement Rossini à la M***. Rossini fit de sa jeune maîtresse la première musicienne peut-être de l'Italie ; c'est à côté d'elle, sur son piano et à sa maison de campagne de B***, qu'il a composé la plupart des airs et des cantilènes qui, plus tard, ont fait le succès de ses trente chefsd'œuvre.

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