‹ Vie de J. CalvinChapitre 10 sur 95 · XII INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XII INTRODUCTION

ses yeux d'ailleurs serait un crime ; il craint ce vertige qui parfois saisit les plus forts sur les hauts sommets de la pensée. Il s'est tracé d'avance des limites qu'il ne franchira point. Il a fait son plan, choisi sa voie, qui s'étend devant lui, droite, unie, partout profondément encaissée. Il y entre d'un pas ferme, et va la suivre sans jamais s'écarter à droite ni à gauche. Vous lui en indiquez une meilleure, il ne se retourne point, et passe; des obstacles imprévus surgissent, il les renverse. I arrivera ainsi jusqu'au bout, soutenu en toute circonstance par l'énergie de son caractère et l'étroitesse de sor esprit.

11 a adopté les principes de la Ré4 forme, et rien désormais ne saurait les

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lui faire abandonner ; mais il n'en a saisi que le sens littéral et pratique. Il ne les a pas envisagés d'assez haut pour apercevoir les larges vérités qu'ils recèlent ; entre ses mains elles vont se réduire à un sec et mesquin formulaire. Mais, le premier, il songe à organiser sur ces bases, telles qu'il les comprend, un système social complet, politique et religieux; et il déclare qu'il ne restera à Genève que si son projet de constitution est adopté sans réserves par la république.

La Réforme ne fut pas seulement une éclatante protestation contre les abus de tous genres qui s'étaient introduits dans l'Eglise romaine. Si -elle se fût bornée à réclamer l'abolition de telle pratique superstitieuse, ou même la mo-

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