A SON FILS LE PRINCE DE GALLES. LXIU
ter; car ils sont ^'une humeur inconstante, se laissant aisément mener par leurs chefs ou par leurs ecclésiastiques , et souffrent impatiemment le joug anglais. On ne peut leur faire comprendre que plusieurs des O et des Mac, dont les biens ont été coniisqués pour cause de rébellion sous le règne de J.acqucs I", ne doivent pas être réintégrés, parce » qu’ils sont toujours prêts à fomenter des troubles et à appeler des étrangers à leur secours. Pour plaire à la noblesse , aux grands propriétaires et aux chefs de tribus, il faudra avoir plusieurs régiments d'Irlandais, mais ils devront servir en Angleterre , en Ecosse ou autre part. Aucun Irlandais ou aucun Anglais , possédant des biens ou des parents puissants en Irlande , ne doit y occuper la place de vice-roi. Ces gouverneurs doivent être changés tous les trois ans , et ne pas pouvoir acheter de terres dans le pays.
Soyez très-prudent dans le choix de vos principaux ministres; c’est une chose de la plus haute importance, puisqu’un prince ne peut pas tout faire par luimême. Que ce soient des hommes, non-seulement d’un grand jugement et d’un esprit profond , mais qu’ils aient encore beaucoup de probité et de religion , et que ces vertus paraissent dans toute leur conduite. N’ayez jamais de confiance en un homme sans mœurs et qui ne croira pas en Dieu : car, comment pouvez-vous espérer que celui qui offense chaque jour le Tout-Puissant puisse être vraiment fidèle à son roi , quand ses intérêts temporels se trouveront, d’après son idée, en opposition avec son