VIVIERS
Monsieur le Chanoine,
J'accepte avec reconnaissance l'œuvre que vous avez eu la délicate attention de m'offrir ; je vous félicite de l'avoir conduite à son terme si heureusement et si vite.
La vie de la Révérende mère Saint-Maurice se déroule sous voire plume facile avec une admirable simplicité qui fait mieux apparaître l'humble servante de Dieu et donne plus de relief à ses grandes qualités. Vous avez mis dans l'expression de sa physionomie une ressemblance si fidèle qu'elle m'a frappé et frappera, je n'en doute pas, tous ceux qui ont vu de près la bonne mère Saint-Maurice.
Vous avez mieux fait : vous avez fait revivre son esprit.
C'est par là surtout que vous avez répondu au vœu de ses filles, heureuses de retrouver dans les traits de leur regrettée mère, à côté de ses vertus religieuses, ce caractère particulier à leur Institut, cet air de famille, qui, malgré de notables divergences dans les formes extérieures et dans les tendances naturelles du caractère, la rend si semblable à la Vénérable fondatrice de la Présentation de Marie.
Il y a des existences religieuses qui résument et concrétisent comme dans une vivante image cet ensemble de devoirs, d'habitudes, de sentiments et d'allures qui constituent la perfection spéciale à un Institut : telle est pour la Présentation la vie de la Révérende mère Saint-Maurice. Ces vies précieuses, il faut à tout prix les sauver de l'oubli; leur souvenir est une leçon persuasive et une puissante excitation au bien ; il a de plus l'avantage de fixer les bonnes traditions d'une communauté et d'y entretenir, avec la mémoire de celles qui l'ont fondée, l'exemple de sa primitive ferveur.
Mes chères filles de la Présentation vous devront ce bienfait. Je les connais assez pour vous donner l'assurance qu'elles en seront toujours dignes.
Ne regrettez pas, Monsieur le Chanoine, les quelques heures que vous avez dérobées aux œuvres apostoliques qui occupent et honorent votre vie ; c'est encore un apostolat,
-et non pas le moins utile ni le moins fécond que de faire connaître les saintes âmes et de provoquer à les imiter celles qui ayant reçu la même vocation ont le devoir d'y correspondre par la pratique des mêmes vertus.
Veuillez agréer, Monsieur le Chanoine, l'assurance de mon bien respectueux dévouement.
f J.-M. FRÉDÉRIC,
Évoque de Viviers.