‹ Vie de la révérende mère Marie-Saint-MauriceChapitre 4 sur 188 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Le courant du jour est aux biographies. Faut-il s'en plaindre? Dans ce siècle d'électricité et de vapeur, on oublie si vite ! Il est donc bon de fixer certaines physionomies en des pages qui permettent de retrouver leurs traits. Et, dans ce temps où Ton s'énerve et s'affadit d'une façon si effrayante, n'est-il pas salutaire de montrer, à côté des saints que l'Eglise honore, les âmes qui ont su les imiter dans la vie commune?

Le travail que l'on va lire ne sera donc pas inutile, j'ose l'espérer.

Il consacre l'une des gloires les plus pures de

l'Institut de la Présentation de Marie. Les filles de la vénérable mère Rivier l'accueilleront avec bonheur, bien qu'il ne soit pas nécessaire de leur rappeler que la Religion nous fait un devoir du souvenir, selon la belle pensée de S1 Augustin !

Toutes les âmes religieuses y trouveront un séduisant exemple des vertus qui mènent a Dieu.

Les autres lecteurs, s'il y en a, admireront cette femme exceptionnelle ; et ils auront tout à gagner au contact de ce grand cœur.

Que tous veuillent bien tenir compte à l'auteur de cette particularité qu'il n'a point entrepris de luimême cette peinture, où se trahiront plus d'une fois les hésitations et les faiblesses du pinceau.

Le H octobre 1876, j'accompagnais mon archevêque, Mgr Forcade, dans une visite de simple courtoisie , qu'il faisait à la maison de Rourg-Saint- Andéol. Au seuil du couvent, la Communauté attendait le prélat. La supérieure générale s'avança pour le recevoir. Je n'avais l'honneur de la connaître que

pour l'avoir vue une fois à Aix ; et je ne devais plus la rencontrer dans la suite. — C'était la mère Saint- Maurice.

Elle vint s'agenouiller devant Monseigneur, qui lui mettant les deux mains sur la tête, lui dit ces mots : Voilà ma sœur missionnaire !

Cette phrase était la révélation d'une noble sympathie. Le premier missionnaire du Japon au xixe siècle était fait pour comprendre la fondatrice des missions de la Présentation au Canada. Il y avait d'ailleurs entre ces deux âmes énergiques de frappantes ressemblances.

C'est à cet épisode et à ces ressemblances que je dois d'avoir été inopinément appelé à écrire ce livre. On s'en est souvenu ; et l'on a pensé que l'auteur de la Vie de Mgr Fprcade pouvait devenir l'auteur de la Vie de Mère Saint-Maurice.

S'il a été trop présumé de mes forces, mes lecteurs me sauront gré du moins de mes bonnes intentions ; et ils compatiront a mon malheur de n'avoir pu mieux faire.

Je soumets humblement ces pages au jugement de la sainte Eglise Romaine ; et je déclare formellement ne donner aux termes de sainteté ou autres semblables, qui sont tombés de ma plume, que le sens prescrit par les Décrets du 13 mars 1625 et du 16 juin 1651 d'Urbain VIII.

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