‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 124 sur 163 · Partie (lu I.ac des Deux-Montagnes · texte numérisé non relu

Partie (lu I.ac des Deux-Montagnes

Xous avons déjà parlé des commencements de la mission des sœurs de la Congrégation à Louisbourg , pour l'entretien desquelles le roi avait accordé une pension annuelle de 1,500

MAKIF, (iClLLET, 0» SIPÉRIEIUK, I7.'J2. 339

livres. La sœur de la (^(inception. ne pouvant, comme (»ii Ta dit. jouir de celle pension qu'autant (Qu'elle aurait avec elle des sœurs de son institut, s'empressa d'écrire à M. Dosquet, nouvellement arrivé en Canada, atin (jn'il voidùt bien en faire partir tjuelques-unes pour Louisliourg. Elle lui fit aussi écrire par M. de Saint- Ovide et M. de Mésy, et le fit encore presser par M. de Beauharnois. gonverneur général . et par M. Hocquart, intendant du Canada. M. Dosquet se contenta de répondre qu'il enverrait des sœurs à l'île Hoyale. De nouvelles lettres lui furent écrites les années 1731 et 1732; et il donna toujours les mêmes espérances, sans faire comiaître encore à ces messieurs les mesures qu'il avait concertées déjà (1) avec les sœurs Le {\) An-hiue^-

de la marine;

Moine et Guillet . et les anciennes sœurs de Ville- ^e//*e de m.

Hocquart au

marie , pour pourvoir à rétablissement de Louis- l^^çlol^liit^ bourg (2). Comme la sœur de la Conception (2)ibid.;»je-

moire de M.

s'était ins^érée d'elle-même dans cette mission Lyon Saint-

^ Ferréol . fé-

contre l'avis de ses supérieures, que d'ailleurs ^-rier \n%. elle était incapable de la diriger, et qu'enfin les sœurs de la Congrégation auraient eu une extrême répugnance à vivre sous sa conduite : il avait été résolu de la rappeler en Canada; et d'envoyer à sa place la sœur Marguerite Trottier, en bù adjoignant les sœurs Saint -Benoit et Saint-

Arsène. Mais avant de leur donner définitivement cette mission , M. Dosquet désirait de renouveler les instances faites par M. de Saint -Vallier, pour placer à File Royale un ecclésiastic{ue séculier, qui serait chargé de la conduite spirituelle des sœurs , et qui exercerait dans la colonie les fonctions de ficaire général. Les sœurs de la Congrégation désiraient beaucoup elles-mêmes cet arrangement. Il fit donc agir dans ce sens M. de Beauharnois et M. Hocquart auprès du ministre. « M. le coadjuteur, lui écrivaient -ils, « trouve des ditficultés à déterminer quelques ec filles de la Congrégation, de celles qui sont a actuellement eu Canada, de passer à l'île « Royale. Elles n'ont aucune confiance dans les (( Pères Récollets qui y sont , et qui , en effet , ne « se comportent pas d'une manière convenable ; a et d'ailleurs, par leurs règles elles doivent « être dirigées par des prêtres séculiers. M. le « coadjuteur a désiré que nous eussions l'honneur « de vous écrire à ce sujet , et de vous engager à « procurer au grand vicaire cju'il établirait , une « gratification de 1 .000 livres pour son entretien. (\) Archives « ^^ moins Que vous ne jugeassiez à propos de

de la manne: ^ "^ ^

de^%eaJ!nr- « ^^^i douuer la cure de Louisbourg , qui est conçiwI/S- « sidérable, ou de pourvoir d'une autre manière SS;M73\.' « à sa subsistance (1). » M. Dosquet avait déjà

MARIE GL'ILLET, 0" SUPÉRIELIIE ,. 173:2. 3il

fait remarquer au ministre que la cure de Louisbourg, rapportant un revenu de cinq à six mille livres, sutiirait à l'entretien du grand vicaire, et à celui de deux ou trois autres ecclésiastiques ; et que les Récollets pourraient y siil> sister par la quête . ce qui serait plus conforme à ^^i r/ÏÏ/.boî r esprit de leur instit ut ( 1 ) . S^e" 73L '

Mais la cour avant autorisé depuis peu ces reli- iv-

^ '' 1 r La sœur

ffieiix à s'établir dans l'île Royale , et ne iusreant «i^ i»

° j ' j c Conception

pas à propos d'assigner des fonds à l'entretien j^LouTsÏÏrL d'un grand vicaire pour ce pays, M. Doscpiet leToSrts écrivit enfin à la sœur de la Conception de revenir coadjuteur. en Canada . et aiLx trois autres sœurs de se réunir à Québec pour l'embarquement. Celles-ci s'y rendirent durant l'été de 1732. Lorsqu'elles étaient sur le point d'entrer dans le navire, M. Doscpiet apprit que M. Hocquart avait payé d'avance, sur le reçu de la sœur de la Conception, une année de la rente des 1,500 livres, et qu'il n'y avait point de fonds pour les nouvelles missionnaires. Sur cela, il mit obstacle à leur départ (2). D'un autre côté, la sœur de la Con- (r. Archives

de la moritie;

ception ayant fait part à M. de Saint-0\ide et à lettre de m.

^ "^ ^ Hocquart au

M. de Mésy de l'ordre qu'elle avait reçu d'aban- '«"f^'f'^"^ donner l'établissement de Louisbourg. et de repasser en Canada , ils jugèrent à propos de la retenir à l'ile Royale. Rien plus, ne connaissant

pas les motifs qui portaient M. Dosqiiet à la rappeler, ils prièrent incontinent le ministre d'écrire lui-même à ce prélat de la laisser à Louisbourg. - et de lui envoyer sans délai des compagnes pour consommer l'entier établissement de la Congrégation dans cette colonie. « Nous ne pouvons « savoir, lui disaient -ils. les raisons qui retien- « nent M. le coadjuteur à ce sujet ; et nous n'en « découvrons aucune cause dans la sœur de la '( Conception, qui est ici. Elle a été choisie par « feu M. l'évèque de Saint -Vallier dans sa com- « munauté en Canada , conmie la plus capable « de former l'établissement de Louisbourg, et " M. l'évèque de Mornay l'y a confirmée. Nous « pouvons assurer que la conduite de cette sœur « est très-édifiante , et qu'elle est aimée et res- « pectée de toute la colonie ; et nous vous sup- « plions très - humblement . iMonseigneur , de « vouloir donner vos ordres, pour que les sœurs « dont elle a besoin puissent la joindre, afin de frede^m/fd'e « rendre solide un établissement d'un grand deMésy,du'i'i. « secours et très-uecessairc a la colonie (1). -» De

décemh. 1732. , , , i i /^ i- i ■ l

(2)ibid.;/?/- son coté , la sœur de la (conception écnvit aussi

trr. du 23 dé- ... , , » /-j>

rentbrr 1732. Hu uimistre daus le même sens (2).

1733. Siir ees entrefaites, M. Dosquet ayant fait un

Lalœui voyage en France, le aiinistre s'empressa de

Conception lui demander à lui-même des éclaircissements

MARIE GLILLET. {)' SUPÉRIEIRE . 173J. .{-W

sur la sœur de la Contei)ti(»ii. l-.e prélat lui dé- repasse

' ' en Canada;

peignit en effet le caractère de cette fille . la ^mpiaSe treuîp(} de sou esprit si porté aux illusions, son '''^Trottier"'^^

, . ,., -,,, . 1, Saint-Benoit

mexperience eu matière d économie , son dé- et

. Saint -Arsène.

part pour l'ile Royale cuutre le sentiment de

toute sa communauté. 11 ajoutait dans sa réponse :

« Je crois. Monsieur, que pour rendre solide

« l'établissement qu'on a en vue , il faut envoyer

« celle des sœurs qui passe pour avoir le plus

« de mérite. J'avais jeté les yeux sur la sœur

« (Trottier) de Saint - Joseph, âgée d'environ

« cinquante ans . qui a toujours occupé les pre-

« miers emplois de sa commmiauté. Elle est fort

« entendue dans le temporel, et d'une vertu à

« toute épreuve. Elle serait partie l'été dernier

« avec deux de ses sœurs si M. Hocquart n'eût

« payé une année d'avance , sur le reçu de la

« sœur de la Conception , les 1,500 livres desti-

« nées à cette œuvre. Il conviendrait cpie celle- ,j.„.j^ .^^^

« ci retournât en Canada , aussitôt que les autres IpJmfmhZ'-

« arriveraient à Louisbourg (1). » ,mn:^\-n. '

Le ministre . ayant reçu ces éclaircissements . écrivit , le 1 4 avril suivant . à M. de Beauliarnois et à M. Hoccpiart : « Les raisons qui empêchaient « M. le coadjuteur de donner son approbation «^ au départ des sœurs de la Congrégation pour « l'île Royale . sont fondées sur le caractère de

« la sœur de la Conception, qui, avec un espril « très- séduisant et un zèle en apparence trèsce ^^f et très- ardent, n'est cependant point propre « pour être à la tète d'une maison. Sur le compte « que j'ai rendu au roi de tout ce que M. le « coadjuteur m'a marqué à ce sujet. Sa Majesté « a jugé que, pour le succès de cet établissement. « il ne convient pas que cette fille reste à Louis- « bourg ; et j'envoie en consécpience des ordres « à MM. de Saint -Ovide et Le Normant (de « Mésy), pour la faire repasser en Canada.

« Cependant . comme cet établissement peut « être d'une grande utilité à l'île Royale, et que M Sa Majesté souhaite de le rendre solide , elle a « chargé M. le coadjuteur de choisir une sœur « capable de le bien conduire. 11 avait déjà jeté « les yeux sur la sœur Saint-Joseph, qui était « disposée à passer pour cet effet à Louisbourg ; « et sur les bons témoignages qu'il a rendus de « la vertu et de l'intelHgence de cette fille , Sa « Majesté veut que vous la fassiez passer à File « Royale . dès cpi'elle sera en état de le faire , << avec deux autres sœurs qui sont prêtes à la « suivre , et que M. le coadjuteur indiquera. « L'intention de Sa Majesté est que M. Hocquart « ait soin de pourvoir aux frais de leur pasce sage; et qu'il leur fasse payer annuellement

MARIE GflLLET, G* SUPÉRIEURE, 1733. 3i5

« les 1,500 livres, que Sa Majesté leur a desti- « nées des 3.000, dont jouissait ri-devant l'iiôpi- « ta] .uénéral de Montréal (1). » En conséquence , n) Arrhives

lie In marine ;

pendant l'automne' de cette même année 1 733 . dépérhes de

^ ' 1733, lettre à

la sœur Trottier avec les sœurs Saint-Benoît et MM.de Beau-

n'irnots et

Saint -Arsène partirent pour l'île Royale; et à J^^^?«^"'. '^^i-

leur arrivée, M. de Saint-Ovide et M. de Mésy,

conformément aux ordres particuliers qu'ils

avaient reçus du roi (2), firent repasser la sœur {i)mà.; lettre à MM. de de la Conception en Canada, et donnèrent aux Saint-Ovkieet

•*■ le formant ,

nouvelles maîtresses la protection et toutes les j'^'^^ ^^ "^'" facilités qu'elles pouvaient attendre de leur concours pour le succès de cet établissement.

Quelque temps avant son départ de Louisbourg, vi. la sœur de la Conception avait acheté , de l'aarré- ^ 'î^^ ^^^'^ »

^ ' o à Louisbourg,

ment de M. de Saint-Ovide et de celui de M. de ^,^^,'l^/^„„

Par Ici SŒUr

Mésy, un terrain et une maison (3) où la sœur conception

Trottier et ses compagnes se logèrent à leur ar- des conditions

• très-

rivée. Ce terrain, de cent un pieds de face, sur onéreuses. cent soixante -hmt pieds de profondeur, était deinrnarinf;

, , • T 1 1 r- 1 ^^^'''^ de la

borne au mioi par la rue de r rance . et au nord sœur de la

Conception ,

par celle d'Orléans (4). Vers le milieu, se trou- du 2.3 décem-

^ ^ ^ ^ bre 1732. —

vait une maison construite en bois. aA^ec deux j^cinves de

ta Longrega-

petites ailes aiLx extré.intés. accompagnée d'une J^^g'^^' ^J^^^l cour du côté de la façade et de l'autre d'un iar- •''"'V^'*^/-

- J (4) Archives

din. Mais la sœur de la Conception, peu entendue %é"Ruy^Pe^! aux affaires, paya cet emplacement beaucoup terrains" ^^

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