‹ Vie de la soeur BourgeoysChapitre 63 sur 163 · SUR LA SŒUR MARIE BARBIER. M · texte numérisé non relu

SUR LA SŒUR MARIE BARBIER. M

de la maison les plus vils et les plus humiliants , et on n'épargna rien pour mettre sa vertu à l'épreuve. C'était ce qu'elle ambitionnait le plus. Mais on ne tarda pas à reconnaître , par la manière pleine de douceur, d'humilité et d'obéissance avec laquelle elle s'acquitta de tous ses devoirs , la pureté des motifs qui la faisaient agir, et la solidité de sa vertu. Aussi l'estime et la confiance faisant place , dans les esprits et dans les cœurs de toutes ses compagnes , à la défiance et à l'espèce de froideur qu'on avait d'abord affectées à son égard , elle fut nommée assistante de la sœur Bourgeoys aux premières élections qui eurent lieu, c'est-à-dire en 1692, un an après son retour à Yillemarie (1). sœur Barbier.

Il serait dilïicile d'exprimer les sentiments x.

^ Sentiments

d'humiUation que lui fit éprouver son élévation d'humilité

à cette charge , dont elle s'estimait très-incapable ^^e^ia^sœu^

et très-indigne. Elle en prit occasion de s'offrir à ^ roccasîon Dieu comme victime, pour souffrir tout ce qu'il élection lui plairait d'ordonner, et de s'abandonner plus charge

d'assistante.

que jamais à Marie, pour ne vivre et n'agir qu'en union avec elle. Dans une retraite qu'elle fît au mois de mai de l'année suivante , elle exprimait en ces termes les sentiments de son cœur : « Mon Dieu, pour votre pur amour et pour l'ac- « complissement des desseins que vous avez sur u. 8

« votre chétive et indigne créature , qui a tant « abusé de vos grâces après toutes les miséri- « cordes que vous n'avez point cessé de me faire « au milieu de mes misères et de mes infidélités, « soufTrez donc, ô mon Sauveur, que je m'offre « à vous en sacrifice pour faire et souffrir tout « ce qu'il vous plaira , pour le temps et pour « l'éternité. Que je meure comme une misérable « et infâme , sans secours et dans le mépris de « toutes les créatures. Je m'abandonne à toutes tt sortes de morts pour l'expiation des péchés qui « se commettent en si grand nombre dans le « monde , ne voulant vivre que pour soufTrir , a dans mon corps et dans mon âme , toutes les « peines , tant intérieures qu'extérieures , qu'il « vous plaira. Je vous consacre ma volonté , ne « m'en réservant rien du tout , ne désirant rien « faire que par obéissance. Je renonce à toutes « les consolations spirituelles, tant de la terre « que du ciel.

« Très -sainte Vierge , ma digne supérieure , « mon avocate et mon refuge , prosternée hum- « blement à vos pieds , et n'osant paraître devant « votre divin Fils , je m'adresse à vous , afin que u vous lui présentiez l'ofTrande et le sacrifice que a je vous fais de ma volonté , pour ne vivre el « n'agir que pour vous.

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