‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 145 sur 304 · CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIXIÈME

FRODÎGES A ROME.

* Tai vu aussi bien des choses qui se sont passées à Rome, et j'en ai également oublié la partie la plus considérable.

Au moment même oià le Sauveur naquit, une fontaine, lion pas d'eau, mais d'huile, jaiUit subitement à Rome, au delà du fleuve, en un quartier où demeuraient un grand nombre de Juifs (1), et cette merveille excita l'admiration de tous ceux qui en furent les témoins. En même temps, une magnifique statue de Jupiter se brisa dans un temple, dont la toiture s'était écroulée sur elle; les prêtres effrayés offrirent un sacrifice et demandèrent aune autre idole (une statue de Vénus, si je ne me trompe), ce que cela voulait dire ; et le démon, renfermé dans l'idole, fut obligé de dire que cela arrivait parce qu'une Vierge avait conçu sans l'homme et qu'elle venait d'enfanter. L'oracle parla aussi delà fontaine quiavait' jailli ; il y a maintenant, à l'endroit même où le prodige a eu lieu, une église consacrée à la sainte mère de Dieu. Cependant, les prêtres troublés délibéraient entre eux. Soixante-dix ans auparavant, alors que Ton chargeait magnifiquement l'idole d'or et de pierreries et qu on lui offrait un sacrifice avec grand appareil, vivait à Rome une lemme excellente et pieuse, je ne saurais plus dire précisément si elle était juive

illégitimes d'Héi ode qui étaient sadducéens, et qu'il avait établis au Temple pour servir ses desseins; il était toujours en lutte avec les. pharisiens et cherchait a s'immiscer de plus en plus dans le& aJOfaires du temple.

(1) Elle décrivit assez vaguement ce quartier comme une colline entourée d'eau et qui formait une Forte de presqu'île.

^^^4 \î\L ) LA TRÈS-SAÎNTK VÏEHGK.

OU non, elle s'appelait Séréiia ou Cyréna. Elle vivait de son bien, elle avait des visions et devait prophétiser; je l'ai vue souvent indiquer à des inr^^s la caus^î de leur stérilité, mais j'ai oublié beaucoup de ce qui la concernait. Elle avait dit bien haul qu'on ne devait pas tant et de si coûteux hommages à une idole' qui devait un jour se briser misérablement. Les prêtres la poursuivirent à cause de ce propos et voulu* rent l'obliger à dire comme cela se ferait; comme elle n'était pas en état de le faire, on la j€la en pri^ Sonet on l'y tourmenta jusqu'à ce que, à force de prières, il lui fut révélé que l'idole se briserait quand une vierge chaste et pure enfanterait un fils. On rit beaucoup de sa réponse, et on la laissa aller comme une insensée. Maintenant que le temple, en tombant, avait écrasé Tidole, on reconnut qu'elle avait dit la vérité: mais on s'était seulement étonné de ce que l'accident était arrivé au temps marqué, parce qu'on ne savait encore rien à Rome de la naissance du Christ, fils de la Vierge.

Je vis aussi que les consuls de Rome se firent donner des renseignements sur cet incident et Tapparition de la fontaine miraculeuse; l'un d'eux s'appelait Lentulus et fut l'un des ancêtres de saint Moïse, prêtre et martyr; c'était ce même Lentulus avec lequel saint Pierre se lia à Rome.

Je vis aussi quelque chose de l'empereur Auguste, seulement je ne me rappelle pas exactement les détails. Je vis l'empereur, avec un certain nombre de grands personnages, dans un édifice situé sur la mêmecolline que le temple dont l'idole avait été brisée, mais du côté opposé; on arrivait au sommet de la colline par un certain nombre de gradins, et on y trouvait une porte d'or ; on se réunissait dans cet édifice pourparler des alTaires publiques. En descendant, l'empereur aperçut une apparition au ciel, au-dessus

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