CHAPITRE QUINZIÈME
des oiseaux y élaienl renfermés. Elles apportaient des provisions à la Vierge ; car elle ne tenait point maison, et c'était sain te Anne qui pourvoyait à tout, MERCREDI 28 FÉVRIER. — Aujourd'hui, vors le soir, j'ai vu sainte Anne chez la Vierge avec sa sœur aînée. Marie d'Héli avait avec elle un gros garçon de quatre à cinq ans; c'était son petit-fils, le fils aîné de sa fille Marie Cléophas. Joseph était allé chez sainte Anne. En voyant les lemmes s'entretenir amicalement ensemble, jouer avec l'enfant Jésus, le presser contre leur cœur et le mettre dans les bras du petit garçon, je me suis dit : « Les femmes sont toujours les mêmes. Il en était alors absolument comme maintenant. » Marie d'Héli habitait dans une petite localité, à trois lieues environ à Fest de Nazareth. La maison était presque aussi vaste et aussi bien tenue que celle de sa mère : j'y ai remarqué une cour entourée de murailles, avec une pompe ; il suffisait d'y poser le pied pour que l'eau jaillît et retombât ensuite dans un bassin de pierre. Son mari s'appelait Cléophas ; sa fille, Marie Cléophas, mariée à Alphée^, demeurait à l'autre extrémité de la même bourgade. Le soir, je vis les femmes se hvrer ensemble à la prière. Elles étaient debout contre la muraille, devant une petite table recouverte de deux étoffes, l'une rouge et l'autre blanche à jours. Sur la table était un rouleau que la Vierge ouvrit et attacha par son extrémité à la muraille. J'y remarquai une figure brodée dont les teintes étaient assez pâles; on eût dit un mort enveloppé d'un long manteau blanc, et presque aussi serré qu'un enfant emmaillotté. Le manteau retombait sur la tête ; il semblait plus large à la hauteur des bras, le personnage avait quelque chose à la main. J'ai déjà remarqué cette même figure chez sainte Anne, lors de la fête qu'elle donna avant le départ de Marie pour le temple. Cette fois-là elle me
fit songer â Melchisédech, et je crus reconnaître un calice dans l'objet qu'elle avait à la main ; une autre fois il m'a semblé qu'elle représentait Moïse. Une lampe était allumée pour la prière. Marie était debout devant sainte Anne, sa sœur se tenait à ses côtés. Elles croisèrent les bras sur la poitrine, les joignirent et les étendirent. Marie lut dans un rouleau ouvert devant elle et qu'elle déployait de temps à autre. Leur ton dans la récitation des prières me rappela le chant de notre couvent.