‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 280 sur 304 · CHAPITRE DIX-SEPTIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DIX-SEPTIÈME

sourire avec une expression touchante. Plus elle avançait en âge, plus aussi son visage devenait blanc et comme transparent. Elle était amaigrie, mais je n'ai vu en elle ni rides, ni traces d'aucune flétrissure; on eût dit presque un pur esprit.

Si j'ai vu aujourd'hui la Vierge, dans ce tableau^ avec une netteté de détails si extraordinaire, cela provient sans doute d'un petit morceau d'un vêtement qu'elle portait en cette circonstance et que je possède. Je vais essayer de décrire aussi exactement que je le pourrai le vêtement dont ma relique faisait partie, c'était un vêtement de dessus. Il couvrait seulement le dos, formant quelques plis et tombant jusqu'à terre; une autre partie qui s'y rattachait couvrait le cou, le haut de la poitrine et les deux épaules, sur l'une desquelles elle était rattachée par un bouton: c'était une sorte de mouchoir de cou. Serré par la ceinture au miUeu du corps, il l'enveloppait des aiselles jusqu'aux pieds, de chaque côté d'un vêtement de dessus qui était de couleur brunâtre; il enveloppait le corps par derrière à partir de la ceinture; il était rayé de lignes jaunes et rouges, les unes transversales et les autres dans le sens de la longueur. C'était un vêtement de cérémonie, €omme on en portait autrefois chez les Juifs; sainte Anne en avait un semblable. Il ne couvrait que le dos de la robe brunâtre, laissant à découvert la pièce de la poitrine, ainsi que tout le devant et les manches qui étaient collantes, excepté au coude et en avant de la main, où elles bouffaient un peu. Elle ^vait les cheveux cachés par un bonnet jaunâtre qui avançait en pointe sur le front et retombait derrière la tête en formant des plis; elle portait encore audessus un voile noir d'une étoffe délicate, lequel descendait à peu près jusqu'à la ceinture. Je l'ai vue une fois ainsi habillée aux noces de Gana. Dans le

cours de la troisième année de la vie publique, alors que le Sauveur guérissait et instruisait au delà du Jourdain, à Béthabara qu'on appelle encore Béihanie, j'ai va la Vierge, avec ce costume de fête, à Jérusalem, où elle se trouvait dans une belle maison voisine de celle de Nicodême, auquel je crois même qu'elle appartenait. Elle l'avait aussi, lors du crucifiement du Sauveur, sous son grand manteau de prière ou deuil. — Il est probable qu'elle l'avait mis pour les exercices du chemin de la croix à Ephèse, en mémoire de ce qu'elle l'avait autrefois lorsqu'elle avait réellement suivi la voie douloureuse avec le Sauveur.

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