‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 29 sur 304 · CHAPITRE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIÈME

exactement. Je crois qu'il s'y rattachait des pratiques religieuses concernant la réconciliation des époux et la bénédiction des femmes stériles; on y descendait en certains cas pour élre purifié, pour se réconcilier, pour recevoir le pardon.

Non loin de l'endroit où l'on immolait les victimes, l^s prêtres firent passer à Joachim une petite porte qui conduisait à ce corridor. Ils s'éloignèrent, et Joachim descendit seul le corridor, dont la pente était assez sensible. Anne venait d'arriver aussi au temple avec sa servante qui portait dans une cage les colombes qu'elle offrait en sacrifice. Elle avait présenté son offrande et dit à un prêtre qu'un ange lui avait prescrit de chercher son mari vers la porte dorée. Je vis aussi que des prêtres la conduisirent, en la compagnie de femmes respectables au nombre desquelles était Anne la prophétesse, par une entrée située de l'autre côté, jusqu'au corridor sacré où on la laissa. Je vis parfaitement bien toute' la disposition des lieux. Joachim arriva par une petite porte, le chemin présentait une pente assez sensible ;'le corridor, d'abord étroit, allait en s'élargissant. Les parois avaient de très-beaux reflets d'un vert marié à l'or, une lumière Fougeâtre descendait de la partie supérieure, j'y vis aussi de fort belles colonnes qui semblaient faites d'arbres et de ceps de vigne entrelacés.

Après avoir parcouru encore le tiers du corridor, Joachim arriva à an endroit au milieu duquel on trouvait une colonne de laquelle des fleurs et des feuilles se détachaient en parasol comme d'un palmier.; là il aperçut sainte Anne qui venait à lui le visage tout brillant d'une sainte joie. Ils s'embrassèrent avec une douce émotion el se firent mutuellement part de leur bonheur. Bientôt ils furent comme ravis et enveloppés d'un nuage lumineux. J'ai vu ces flots de lumière venir d'une troupe considérable d'anges qui vinrent

planer au-dessus des deux é])uux, tenant dans les mains rimnge d une haule tour lumineuse. Elle ressemblait aux reprcsenlalions figurées de certaines invocations des litanies de la Vierge que j'aperçois en les récitant, ainsi la tour de David, la tour d'ivoire. Il me sembla bientôt que cette tour disparut entre Anne et Joachim et qu'une gloire lumineuse les enveloppa complètement.

Il me fut dit ensuite que, par suite d'une grâce particulière communiquée en celte circonstance, la conception de Marie lut aussi pure que l'aurait été sans le péché originel celle de tous les hommes. J'eus en même temps une vision dont il est impossible de faire comprendre la grandeur. Le ciel s'ouvrit sur eux, je vis la joie de la sainte Trinité et des anges et la part qu'ils prirent à la bénédiction mystérieuse ainsi communiquée aux parents de la Vierge.

Anne et Joachim se dirigèrent, en louant Dieu, vers la sortie placée sous la porte dorée; à l'extrémité, le chemin allait en'montant. Ils passèrent sous une fort belle arcade, et arrivèrent à une espèce de chapelle, oii il y avait un grand nombre de flambeaux; ils y furent reçus par les prêtres qui les conduisirent jusqu'à la porte. La partie du temple en face de laquelle était la salle du conseil était un peu au delà du miheu du corridor souterrain; au-dessus de la partie la plus reculée se trouvaient, si je ne me trompe, les habitations des prêtres chargés des ornements sacrés.

Arrivés à l'extrémité de la montagne du temple, les deux époux pénétrèrent dans une espèce de défilé du côté de la vallée de Josaphat; il n'avait pas d'issue en ligne directe, il fallait nécessairement tourner à droite ou à gauche. Après qu'ils eurent passé quelque temps dans une maison sacerdotale, je les vis se mettre en route avec leurs gens pour retourner dans leur patrie. De retour à Nazareth, Joachim fit

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