‹ Vie de la Tres-Sainte ViergeChapitre 49 sur 304 · CHAPITRE TROISIÈME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIÈME

leur dit que ses parents n'avaient pas reconnu en elle l'enfant de la promesse; c'était pour cela que pendant longtemps ils avaient vécu dans la continence et avaient adressé à Dieu d'ardentes prières. Je fus très-aise de voir confirmer par la Vierge même ce que j'avais toujours vu touchant sa sœur ainée.

Je vis alors tout le développement [de la grâce reçue par les parents de Marie depuis l'apparition de l'ange à Anne et Joachim jusqu'à leur rencontre sous la porte dorée, ainsi que je le raconte toujours. Sous la porte dorée, ou, pour parler plus exactement, dans f le saint portique souterrain qui règne sous la porte dorée, j'ai vu Joachim et Anne entourés d'un grand nombre d'anges avec une lumière toute divine; euxmêmes étaient lumineux, purs comme des esprits et dans un état tout surnaturel; jamais époux n'avaient approché de cette pureté. Je vis que c'était là même qu'avaient lieu les épreuves et les cérémonies prescrites pour les femmes accusées d'adultère et d'autres pratiques analogues (1). îl y avait sous le temple cinq passages souterrains du même genre, un entre autres sous l'appartement des jeunes filles consacrées à Dieu. Ils servaient dans un certain nombre de cérémonies (2). Je ne saurais dire si celui-là avait servi

(1) La sœur Emmerich s'accorde parfaitement quant à ce point avec les données de Fancienne littérature hébraïque. Voir, par exemple, Mischna, traité Tamid, chap. V, et Sotah^ chap, I.

(2j Ainsi, par une admirable coïncidence, ce serait dans cette par tie même du temple où les femmes accusées d'adultère se soumet talent au jugement de Dieu en buvant le breuvage amer appelé l'eau de zélotypie et y trouvaient leur chàtimenl ou leur justification, a l'endroit où les femmes étaient purifiées de leurs impuretés légales, que le ciel donna à la terre la grâce féconde dont le fruit devait être la conception immaculée de Marie, de la Mère de'celui qui par son union avec l'Eglise, a fait du mariage un grand sacrement {Ephes.^x^ 32), et qui s'est immolé sur i'aulel de la croix pour expier les adultères dont Inhumanité s'est rendue coupable envers Dieu et devenir le fiancé des âmes régénérées.

à d'autres en cette circonstance; je crois que c'était ici un fait exceptionnel. Peut-être aussi était-ce un accessoire du sacrifice qu'offraient les époux stériles. Quoi qu'il en soit, Dieu avait révélé sa volonté aux prêtres en cette circonstance.

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