REINE, À
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in-
ire
humain, nouvelle joie des Saints, gloire des œuvres du Très- Haut, et unique instrument de sa toute-puissance, Je vous bénis, très douce Mère de Miséricorde, Refuge des pécheurs, Protectrice des pauvres, Consolatrice des afligés; je vous glorifle sous ces titres, et tout ce que les anges et les saints reconnaissent en vous, Par vous et de vous, je le reconnais,
Je déclare, 0 Mère très bénigne, en présence du cicl et de ln terre, que j'ai lutté contre moi-même et contre mes ennemis, et que mon âme s'est troublée, placée entre le sentiment de mon indignité et le désir de ln sagesse, J'ai élevé mes mains en haut et j'ai déploré l'égnrement de mon esprit; j'ai dirigé mon cœur vers la sagesse, et je l'ai trouvée dans ln connaissance de moimême ; avec cette Connaissance j'ai possédé la paix, et quand je l'ai aimée et cherchée, j'ai trouvé une bonne possession et je n'ai Pas été confondue, La douce force de la sagesse à opéré en moi, elle m'a découvert les choses les plus secrètes et les plus incertaines pour la science humuine. Elle vous a mise devant mes yeux, auguste Marie, magnifique image de In Divinité et Cité mystique de sa demeure, afin que, dans la cuit de cette vie mortelle, vous me guidiez comme une étoile, et que vous m'éclairiez comme la lune du divin Soleil, atin que je * 1 suive comme ma Reine, que je vous aime comme ma Mère, que je vous obéisse comme À ma Directrice, que je vous écoute com.ne ma Maîtresse, et qu'en me regardant en vous comme dans un miroir sans tache et très pur, je réalise en moi le modèle de la hante perfection et de la sainteté que vous m'avez présenté par la corfhaissance et le nouvel exemple de vos vertus ineffables et de vos actions héroïques.
Mais qui a pu porter la Majesté souveraine à s'abnisser ainsi jusqu'à cette vile esclave, sinon vous, à ma puissante Reine, qui êtes la grandeur de l'amour, l'étendue de la charité, le prodige de la grâce, Celle qui nous attire la miséricorde et qui a comblé les abîmes que les péchés de tous les enfants d'Adam ont creusés. La gloire, à Vierge sainte ! vons appartient, et cet Ouvrage que j'ai écrit vous appartient aussi, non seulement parce qu'il contient votre très sainte ct très admirable vie, mais parce que vous lui avez donné le commence
ment, le milieu
et la fin; et si vous ne l'eussiez dicté vous-même comme Maitresse, jamais l'esprit humain n'aurait pu le concevoir. Char- &ez-vous donc de la reconnaissance, car vous seule la pouvez rendre dignement à votre très saint Fils, notré Rédempteur, Pour un si rare bienfait. Pour moi je ne puis que vous en supplier au nom de la sainte Eglise et au mien. C'est ce que je désire faire, 6 Mère et Reine des vertus ! et, humiliée profondément en votre présence, je confesse que j'ai reçu cette faveur et tant d’autres que je n'ai jamais pu mériter. Je n'ai écrit que ce que vous m'avez enseigné et prescrit, je ne suis qu'un muet instrume.t de votre langue, mû et dirigé par votre sagesse, Perfectic inez cet Ouvrage de vos mains non seulement en le faisant dignement servir à la gloire du Très-Haut, mais en achevant encore ce qui y manque, afin que je pratique votre doctrine, que je suive vos traces, que j'obéisse à vos commandements et que je coure à l'odeur de vos parfums, qui est le doux baume de vos vertus que vous avez répandu dans cette histoire, avec une bonté inetfable.
Je me reconnais, 6 Souveraine du ciel ! la plus indigne eten même temps la plus 1edevable des enfants de la sainte Eglise. Et afin qu'elle ne soit pas témoin devant le Très-Haut et devant vous d’une monstrueuse ingratitude de ma part, je déclare, je promets et je veux que l'on sache que je renonce à tout ce qui est visible et terrestre, et que j'assujettis de nou-
puisque par la clémence du Seigneur et par la vôtre j'ai, sans l'avoir mérité, le titre de son épouse, que vous m'avez donné celui de fille et de disciple, et que le Seigneur votre Fils a daigné lui-même me le confirmer si souvent, de ne point permettre, Ô très pure Souveraine, que je déchoie de ces titres honorables. Vous m'avez assistée de votre protection pour écrire votre vie m. :uleuse, aidez-moi maintenant à pratiquer votre doctrine, en laquelle consiste la vie éternelle. Vous m'ordonnez de vous imiter, gravez en moi votre vive image. Vous avez
semé le bon grain en mon cœur terrestre, conservez-le, arrosez-le, vous qui êtes ma Mère/ma Gouvernante et ma Maitresse, et faites qu'il rapporte du fruit au centuple ; empêchez qu'il ne me soit enlevé par les oiseaux de proie, le Dragon et ses démons, dont j'ai vu la colère dans tons les événements de votre Vie que j'ai rapportés. Conduisez-moi jusqu'à la fin, commandez-moi comme Reine, enseignez-moi comme Mère. Recevez en reconnaissance votre Vie même, et ln souveraine tisfaction que par elle vous avez donnée à la très sainte Trinité. comme étant l’abrégé de ses merveilles. Que les Anges et les Saints vous louent, que toutes les nations vous conn: sent, que toutes les créatures bénissent éternellement leur Créateur en vous et par vous, et que toutes les puissances de mon âme vous exaltent !
J'ai écrit cette divine Histoire (comme j'ai dû le répéter si souvent) par ordre de mes Supérieurs et de mes confesseurs qui dirigent mon âme, m'assurant par ce moyen que c'était Ja volonté de Dieu que je l'écrivisse et que j'obéisse à sa bienheureuse Mère, qui me l’a prescrit pendant plusieurs années : et
quoique je l'ai soumise toute entière au jugement de mes con-
fesseurs, sans qu'il y ait une phrase qu'ils n'aient vue et examinée avec moi, je la soumets néanmoins de nouveau à leur censure plus approfondie, et surtout à la correction de la sainte Eglise catholique romaine, à l'enseignement de laquelle je proteste que je me soumets, comme étant sa fille, pour ne croire que ce que la même Eglise notre Mère approuvera, et pour condamner ce qu’elle condamnera, parce que je veux vivre et mourir sous son obéissance, Ainsi soit-il.
TABLE DES MATIÈRES