‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 134 sur 239 · LA MERE CLAIRE DU SAINT-SACREMENT · texte numérisé non relu

LA MERE CLAIRE DU SAINT-SACREMENT

La mère Claire du Saint-Sacrement fut la première sous-prieure de cette maison. La mère Amie de Saint- Barthélémy, qui l'avait reçue et revêtue du saint habit dans le monastère dePontoise, voulut qu'elle l'accompagnât dans celui de Tours. Fille de M. Dabra de Raconis, ambassadeur de Suisse, elle avait été dès son

enfance nourrie des erreurs du calvinisme et y tenait avec beaucoup d'opiniâtreté. Dieu se servit du zèle de M. de Bérulle pour lui faire connaître la vérité. Sa conversion fut éclatante, à cause de sa position dans le monde et de la réputation qu'elle s'y était faite par l'élévation de son esprit. Après son abjuration, M. de Bérulle la mit sous la conduite de madame Acarie, depuis la bienheureuse Marie de l'Incarnation ; elle imita parfaitement les vertus de sa sainte directrice, et l'on croit qu'elle reçut d'elle une assistance miraculeuse à ses derniers moments, selon la promesse qu'elle en avait obtenue.

Après avoir continué à Tours l'œuvre de la mère Anne de Saint-Barthélémy, la mère Claire du Saint- Sacrement fut envoyée à la fondation de Dieppe, puis à celle de Caen. Partout elle a donné l'exemple des plus hautes vertus. Elle avait un amour de Dieu si ardent, qu'elle se serait exposée aux plus cruels tourments plutôt que de commettre la plus légère offense. Elle obéissait comme un enfant, recevait avec respect les moindres avertissements, et, sans hésiter à se croire coupable, remerciait à mains jointes avec des termes aussi humbles que reconnaissants. Elle disait souvent que l'esprit de pauvreté était la base et le fondement de l'esprit religieux, et souhaitait ardemment qu'il fût conservé dans l'Ordre. Elle avait ime très-grande dévotion au Saint-Sacrement dont elle portait le nom, conformément à un vœu qu'elle avait fait. Ses communions étaient très-ferventes ; elle trouvait dans sa piété la force de rester au chœur en oraison un temps considérable, oubliant même de prendre sa nourriture. Son zèle pour l'observance a été remarquable. Elle conserva jusqu'à la fm toute la vigueur de son esprit, car Notre-Seigneur l'avait douée d'une grande pé-

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