MARTHE ROY, DE TOURS
1G34. — Encore jeune, elle se sentit appelée au Carmel, quoique sa nature y éprouvât beaucoup de répugnance; elle la surmonta en essayant une première démarche, mais avec la ferme résolution de ne pas revenir à la charge si elle était refusée. Dieu ayant permis qu'on la reçût immédiatement, elle ne douta plus de sa volonté. Toutefois, elle prévint la mère prieure de son éloignement pour la pénitence, et la mère lui répondit qu'elle en deviendrait insatiable. Effectirerasiit elle fit des aasté rites étonnantes avec un
ferveur qui ne se démentit jamais. Elle jeûnait trèssouvent au pain et à l'eau, veillait tous les jours jusqu'à minuit et portait continuellement la haire et la ceinture de fer. Elle passa quarante ans sans se déshabiller pour dormir, et pendant quatre années elle ne prit de repos qu'à genoux, les mains appuyées sur le dos d'une chaise. Les vertus qu'elle pratiquait étaient plus admirables encore.
Elle avait un don d'oraison sublime, son humilité lui faisait choisir tout ce qu'il y avait de plus bas et de plus pauvre, son obéissance était sans réserve.
Pendant sa dernière maladie, on voulut la coucher sur un lit où il y avait un matelas, mais ses douleurs augmentèrent à tel point qu'on fut obligé de la remettre sur sa paillasse où elle expira sans avoir quitté son habit et sa tunique de serge. Après sa mort, comme on hésitait à exposer devant la grande grille ce corps tout difforme et raccourci par la [pénitence, la mère prieure lui dit : o Ma sœur, vous avez été obéissante « pendant votre vie, soyez-le encore maintenant et re- « dressez-vous. » A l'instant, elle devint souple, maniable et d'une beauté ravissante. Cette mort arriva le -'•janvier 1670.