‹ Vie de la vénérable Anne de Saint-Barthélemy, compagne inséperable de Sainte Tér`eseChapitre 146 sur 239 · SŒUR AGNÈS DE JÉSUS-MARIA · texte numérisé non relu

SŒUR AGNÈS DE JÉSUS-MARIA

1675. — Sœur Agnès de Jésus-Maria, nommée dans le monde Claude de la Croix, fat appelée à l'ordre du Cârmel par une vocation toute particulière. Docile à

cette voix puissante, elle embrassa toutes les pratiques de régularité et de mortification avec une ferveur qui se soutint jusqu'à la mort. Elle possédait l'esprit de pénitence à un degré éminent : il lui fit accomplir des choses au-dessus des forces humaines. Habituellement elle ne dormait que trois heures, assise sur le plancher de sa cellule, et passait le reste de la nuit au chœur. Là, prosternée, elle répandait son âme devant Dieu ; puis, à genoux et pieds nus en hiver, ayant la corde au cou et un cierge à la main , elle faisait amende honorable pour ses propres fautes et pour les pécheurs. Quelquefois, lorsqu'elle se croyait seule, elle s'écriait toute transportée d'amour : Mon Dieu, i-ovs savez que je vous aime et que je ne suis ici que pour F amour de vous et pour vous plaire... Elle était constamment occupée des mystères de la passion et de la mort de Notre-Seigneur, et restait des heures entières à genoux, immobile, absorbée dans cette pieuse méditation. Pendant de longues années, elle ne faisait qu'un repas par jour, et souvent elle ne prenait que du pain et de l'eau en si petite quantité qu'on ne savait comment elle pouvait vivre. Dieu la soutenait dans

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