LETTRE A LA M. ÉLÉONORE LE SAINT-BERNARD
à celle de notre adorable Maître, ce qui me console infiniment. Une autre grande consolation pour moi a été la visite que notre père vous a faite; je crois, ma très-chère sœur, que cette visite vous aura apporté une joie bien vive. Veuillez, à la première entrevue, en témoigner à notre père toute ma reconnaissance. Mais quelque plaisir que j'aie de le voir ici, je ne le désire point, à moins que des raisons de nécessité ne l'amènent; car je crains que la fatigue du voyage ne lui fasse mal. Quant à moi, je vais raisonnablement; les novices, à ce qu'il me semble, vont bien; la mère sous-prieure à .son ordinaire, mais elle va bien. J'ai de l'obligation à toutes ; comme elles me voient si chétive, Notre-Seigneur leur donne le désir de rn'aider. Louise s'est comportée en femme de bien; car, sans manquer au chœur, elle a fait la cuisine et s'est chargée du tour. Veuillez, ma sœur, quand vous nous écrirez, lui en faire votre compliment, et recommandez-moi bien à Dieu; considérez que j'en ai grandement besoin pour bien faire les choses et pour qu'elles causent du plaisir à Dieu. Qu'il demeure dans votre âme, ma sœur! Je me recommande beaucoup aux prières de toutes vos novices, et plus en particulier à celles de mes très-chères sœurs Magdeleine de Saint-Joseph, Marie de Jésus et Marie de la Présentation. Je me recommande enfin à la bonne Andrée ; j'ai ressenti une vive peine de son mal; mais je vais la recommander tout particulièrement à Dieu. Je ne puis, ma sœur, m'entretenir plus longtemps avec vous, un me presse de finir.
La plus petite sœur et la servante indigne de Votre Révérence,
(i) L'autographe de cette lettre se conserve chez ie= C lites d'Or)
DEGREÏUM
'IFICATIONIS ET CÀNONIZATIONIS