LIVRE II. CHAP. XIV
qui gouvernail les Pays-Bas, il alla fonder les Canné fites à Bruxelles, à Liouvain, à Mous et à Anvers.
En 1612, il fit un voyage à Rome pour obtenir du Pape l'autorisation d'envoyer des missionnaires dans le Congo <it d\ établir des Carmélites et des Ursulines. Ce projet n'a.\ ant pas réussi, il revint à Rouen.
Il dépensa plus de cent cinquante mille écus pour établir des Carmélite.- à Pontoise, à Dijon, à Rouen, à Dôle, à Besançon et à Beaune.
Né à Rouen le 6 juillet 1556, il y termina ses jours le 8 juillet 1634. Son corps fut enterré cbez les Carmélites de cette ville dont il était supérieur, et son cœu r fut donne aux Carmélites de Beaune.
'CHAPITRE XIV
Le divin Maître lui fait connaître de nouveau que sa volonté e.-t qu'elle parte pour la France. Prédiction sur sa mission dans ce pays. —Apparition de larehange saint Michel; il l'encourage à partir sans crainte. — Six étoiles resplendissantes brillant au-dessus du monastère de Saint- Joseph d"Avila, et figurant Us six Carmélites espagnoles destinées à aller en France.
Avant le départ pour la France, Xotre-Seigneur parla à une autre sonir du couvent d'Avila, et lui dit : Dis-lui quelle parte, et qu'elle ne craigne point : je lui (Us, comme à mes disciples, qu'elle sera affligée et méprisée, mais que ses tribulations se changeront en joie. Ce que cet adorable Maître disait h mes amies me donnait plus de force que ce qu'il m'avait dit à moi-même.
Un autre jour, étant dans cette peine, j'entrai dans un demi-sommeil spirituel. Je vis alors un jeune
aS VIE DE LA V. M. AKKE DE SAINT-BARTHELEMY
homme de la plus noble figure et armé en guerrier; il me dit : Ne balance pointa partir et montre du courage. D'après ce que je sentis dans mon âme, celui qui venait de me parler était l'archange saint Michel, à «qui j'ai été dévote dès ma plus tendre enfance, et à qui j'adressais chaque jour des prières.
Toutes celles qui devaient former la petite colonie se réunirent dans notre couvent d'Avila le jour de Saint-Barthélémy. Nous y restâmes jusqu'à la fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste. Avant notre départ, et avant que le nom de celles qui devaient partir fut connu, l'on vit au ciel, durant un mois entier, des étoiles très-resplendissantes ; elles brillaient le jour comme la nuit, et elles étaient plus grandes les unes que les autres; elles figuraient celles d'entre nous qui devaient partir pour la France, et moi j'étais la plus petite de toutes (l).
Quelque temps avant le départ, tandis que j'éprouvais les combats intérieurs dont j'ai parlé, Notre-Seigneur me dit : Vois comme les oiseaux se prennent à la glu, c'est ainsi que les âmes se colleront à toi, et elles seront à moi pour toujours.
•l; Ou va voir, au chapitre suivant, quelles • - filles
de sainte Térèse figurées par ces étoiles.