Vie de la vénérable Mère Émilie de Rodat
Une des grandes émotions de ma vie a été la lecture de votre admirable Vie de la Vénérable Mère Emilie de Rodât, fondatrice de la Coniïrésfation des Sœurs de la Sainte-Famille de Villefranche-de-Rouergue. Peu de temps après l'honneur bien immérité que Dieu m'a fait de me mettre à la tête du diocèse de Rodez, je l'ai lue tout entière dans une seule journée, les larmes dans les yeux, et je ne sais quel saisissement dans le cœur.
J'ai depuis expérimenté que ce que vous racontez de cette sainte femme produisait
les mêmes résultats sur ceux qui avaient le bonheur de lire votre livre, et je ne sais combien de vocations et de généreux sentiments ont été déterminés par les exemples de cette grande Servante de Dieu.
L'intérêt de votre ouvrage est en effet de premier ordre. Les vertus et les œuvres de la Mère Emilie y sont décrites d'une façon très attachante, et l'on suit votre travail avec un entraînement qu'on ne mettrait pas aux aventures les plus extraordinaires. Tant il est vrai que les charmes de la piété sont encore les plus vrais, et ceux qui pénètrent le plus vivement dans les âmes !
Vous avez su d'ailleurs, à côté du type principal de votre œuvre et de l'héroïne de votre récit, rattacher d'autres types charmants et variés, dont la description ne plaît pas moins au lecteur que celui qui tient la première place. On ne lira pas, sans éprouver cette émotion dont je parlais tout à l'heure, les pages d'une suavité ravissante, où vous narrez le pieux concours que prêtent à leur Mère ses premières compagnes, en particulier les jeunes Sœurs Éléonore Dutriac et Marie Boutaric, qui