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a et avec un talent remarquable, ne peut être que « très avantageuse aux personnes du monde aussi « bien qu'à celles qui sont engagées dans la vie « religieuse (1). » Plus tard, le même prélat ne se bornant pas à 2^orter une appréciation, daignait constater lui-même un fait et affirmer que « la Vie « de la Révérende Mère Emilie, publiée par M. Léon « Aubineau, a produit les plus heureux effets dans « les âmes de ses nombreux lecteurs (2). » Ces encoy/ragements sont assez précieux, et un auteur n'a pas besoin d'en chercher davantage. Faut-il expliquer, de surcroît, comment notre désir de concourir à la gloire d'une grande Servante de Dieu et des pauvres, a trouvé aussi de puissants et de hauts témoignages ?
En arrivant dans son diocèse, au mois de décembre iSoo, M^^ Delalle connaissait tout au plus le nom de Mère Emilie. Les Sœurs de la Sainte-Famille s'empressèrent de lui faire parvenir un exemplaire du livre récemment publié^ et le prélat répondait à la supérieure générale : « L'intérêt que je portais à (( votre sainte Congrégation ne fait que s'accroître (( depuis que je lis la Vie de la Mère Emilie, votre « vénérable fondatrice. Mon Dieu, quelle sainte
(1) Donné à Rodez, le 20 février 1856.
(2) Approbation à VEsprit de la Révérende Mère Emilie, par M. le chanoine Ed.'Barthe, datée de Rodez, lo 25 juillet 1863.
(( femme ! Je suis quelquefois effrayé de ses vertus; « néanmoins j'éprouve un grand attrait à la con- (( templer. C'est un bien beau modèle que Dieu a (( donné à votre Congrégation. Vos chères filles (( doivent être bien ferventes pour se rendre dignes (( d'une telle mère, et il faut tout faire pour con- (( server parmi vous cette ferveur primitive. Je ne (c doute pas qu'il n'en soit ainsi; jamais les Sœurs « de la Sainte-Famille ne ressembleront aux Juifs tt dégénérés qui se contentaient de dire : Nous avons « pour père Abraham, et ne se mettaient guère en (( peine d'imiter le saint patriarche (1). »
Quelques mois auparavant, M'J^ de Jerphanion, archevêque cVAlbi, avait écrit de son côté à la même supérieure : « J'ai lu la vie de votre respectable Mère « fondatrice avec un vif intérêt et une grande édifice cation. Rien de plus admirable que les vertus et « les œuvres de la Révérende Mère Emilie. Quelle c( gloire pour le diocèse de Rodez de lui avoir (( donné le jour! Quel bonheur pour ses filles d'ap- (( partenir au pieux institut dont elle a enrichi (( l'Église (2) ! »
Nous pourrions multiplier ces citations. Celles-ci ne suffisent-elles ims à nous faire supposer que nous nous sommes au moins rapproché de notre double
(1) Rodez, 1" janvier, ISôG.
(2) Albi, 12 octobre 1855.
— XV -^ but^ et aussi pour justifier la réimpression de notre travail ?
En le publiant une seconde fois, nous avons essayé d'y apporter toutes les améliorations en notre pouvoir ; ce n'est pas par manière banale de parler qu'on peut appeler cette édition revue et corrigée.
En quatorze ans, l'histoire acquiert des droits : il était permis aujourd'hui d'insister sur certains détails que la discrétion obligeait naguère àpasser sous silence ou à n'indiquer que sommairement. Nous avons aussi pu faire connaître davantage les personnages et les œuvres qui ont été mêlés à la vie et aux travaux de la Mère Emilie. Nous n'avons pas manqué de signaler les circonstances intéressant la renaissance religieuse du xix® siècle^ dont les documents étaient sous nos yeux. Dans les monographies^ il ne faut pas oublier l'histoire générale; il n'est pas svrpcrflu d'en recueillir ou d'en noter les matériaux. Nous ne nous sommes donc pas fait scrupule de multiplier les notices biographiques , soit dans des notes au bas des pages, soit dans le corps même du récit. Pourquoi surtout aurions-nous hésité à'craijonner les profils de quelques-unes des compagnes de la Mère Emilie? Les verW^s des filles ne font-elles pas appréci&r la Mère?...
Puisse notre livre montrer dans la pure vérité cette femme vraiment grande et généreuse! Puissent
nos simples récits entretenir et développer envers C admirable et vénérée Mère Emilie ta piété des p)opu' lations françaises ! Cette humble et pauvre femme est certainement une des gloires de notre pays. Puisse la sainte Église, à qui cette cause est soumise en ce moment, répondre promptement aux vœux et à la confiance de la Sainte-Famille , et nous autoriser à donner publiquement à cette héroïne du sacrifice et de la charité le titre que tant de cœurs sont puissamment inclinés à lui décerner!