A VERSAILLES
DE L'IMPKIMËRIË DE J. A. L£B£L,
IMPRIMEUli DU KOI.
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PREFACE. / ' !y
Oàks tous les temps , Dieu , pour la consolation de son Eglise, rédification des vrais Fidèles, et la condamnation des mauvais Chrétiens , a suscité des hommes émin.ens en sainteté. Le siècle dernier , fé^ cond en grands personnages dans tous les genres^ sera célèbre, dans Thistoire ecclésiastique, par la multitude des grands serviteurs de Bieu qu'il a donne's à la France. Saint François Régis, saint Vincent de Paul, dont nous sommes assurés que les noms sont écrits au livre de vie, Alain de Solminihac, le cardinal de Bérulle, le P. de Condren, M. Eudes, M. Boudon, M. Bourdoise, M. de la Salle, le P. Yvan, le P. Surin, etc. : voilà des noms, entre beau* coup d autres, qui nous rappellent autant de mo* dèles de la perfection évangélique.
M. Olier, curé de Saint^Sulpice à Paris, fondateur de la communauté et du séminaire du même nom, a mérite' une place parmi ces hommes vénérables,^ dont la mémoire est si chère à la religion ; et la carrière qu*il a remplie, principalement dans la capitale du royaume, offre trop de traits glorieux à TËglise, pour ne pas le faire vivre beaucoup au-delà de son siècle. Plus les parfaits disciples du Sauveur
s^appliquent à cacher leurs œuvres pendant qu'ils habitent snr la terre, plus Dieu se plaît à la manifester après qa*ils ont achevé leur conrse ; et le récit de leurs vertus, en les faisant comme survivre à euxmêmes , est poar ceux qui leur succèdent, la plus riche comme la plus chère de leurs dépouilles.
Nous possédons aujourd'hui les vies de presque tous les hommes célèbres dans Tordre de la relî* gion, qui faisoicnt il y a plus de cent ans le salut de notre patrie, et dont les actions ou les écrits en font aujourd'hui la gloire. Des mains aussi habiles (j[ue laborieuses ont, de notre temps, mis au jour celles qu'on regrettoit de ne pas connoitre, on étendu ceUes qu*on ne connoissott pas assez. Cest un trésor dont les ames pieuses jouissent avec autant de fruit que de joie et de reconnoissance. Lorsqu'en - 1667 , on imprima celle de M. OKer, l'éditeur ne la produisit que comme un édianUllon de la pièce entière ^ qu^il faisoit espérer de voir bientôt parottre. Elle étoît trop courte, à la vérité, pour n en pas faire désirer une plus détaillée. Je ne parle pas de celle qui fut imprimée en 1657 , et écrite par un religieux de Tordre de saint Dominique. Cest un fort petit ouvrage, de trente pages in>4^ , où Ton trouve beaucoup moins de faits, que dansTautre composée par M. Leschassier. Un siècle entier s'est écoulé sans que personne ait^s la Uiaia à Tœuvre, et les vertus éclatantes qu'a pratiquées M. Olier, les grkçes privilégiées dont le ciel Ta (avorisé, ses
Digiti^uu uy
P&ÉFACH. Vi|
grandes entreprises pour procurer de dignes mi* nistres à l'Eglise, ses travaux pour le salut des aiues^ ne sont connus que très-imparfaitement.
On a donc cru devoir produire le tableau qui s*est fiait attendre si long-temps (0, non plus en raccourci, mais dans toute Telendue que demande le sujet; c est pour les disciples de M. Olier, un modèle dont ils ne peuvent trop étudier les traits. Tout y justifie les e'ioges donne'sà sa sainteté' et à ses vertus par les personnages les plus illustres et les plus éclairés de TEglise de France. Nous nous conten* tcrons de (quelques citatioas«
Voici ridée honorable qu'en donnent les célèbres auteurs de louvrage intitulé GalUa chrUtiana, lors^ qu'après avoir fait un précis^ de sa vie , ils ajoutent : Moftis suœ prœscius y sacramentis omnibus munir i voluit vir cieri decus et ornameniuin, F'igore sacer* doiaU clams, pastorali soUicUuéUne clarior , zelo restaurandœ disciplinas omniumgue virlutum adgre^ gatione clarissimus, in aninUs omrman qms ChristQ 4ft Eccleske genuU, vivit
Veut-on un témoignage d'un plus grand poids 1 c*est cèlni du clergé de France , assemblé en 1780,
(0 Celte P^ie a été écrite en 1790. L^auteur est connu par la iraidaction des Fêtes mobiles d^AIban Butler, ouvrage publié en 1811 , à la suite des Vies des Saints de Godescard. U est mort au mois d^avril 1817, an séminaire de Baltimoiv en ^jaénq^f od iX a'étûit («tiré en 1 791. ( iVbte de (Editeur, )
(*) Gdlia fSirUtliiAvni, ton. u, pa^. 4^6. . ,
écrivant au pape Clément XII, pour soliciter la béatification de la mère Agnès de Jésus y religieuse du monastère de Langeac, morte en odeur de sainteté. Les prélats sVxprimoieat ainsi : Piœ virginis cuîtum eo propensius apud Beatitudinem V^estram prosequimur^ qubd ipsa in Chris to, si ita loçuijas est t genuerit eoeimium iîîum ChrùU sacerdotem , insigne cleri nostri dccus et ornamentum, Joannem Jaûqium Olier: tfuem dum iUa ad perfecUoris viiof studium mcitavit, quhm bene de Eecîesid mérita sii, dicere quis sufficiat? Quhm uberes enim i^ut cœtera omùtamus } çuotidie colliguntur /ructus ex fundatîone seminarii Sancti Sulpitii, çuod suam huic piis* simo sacerdoU d^àet originem, in quo quidem seminario ^viguit dudum, semperqwe, ut speramus jr *i)igehit , in instituendis ad ccclesiastica officia efe*ricis, zelus inde/essus,inyiolata catliedrœ Pétri obedienUû ,, jconstans profanarum novitatim fuga ac detestatioj rigida sacroruni canonum obsermntia; et ex qua veluti ex arce quadam religionis, virlutumque ùmnium schola prodeunt irmumert tum an" lisUtes, tum cujuslibet gradûs clerici, verbo patentes et exerhplo, infide slaàiiesj in charitaie radicati ' et fundaiiy ad omne opus Bonum insitucti (0.
Enfin M. Bossuet, qui l'avoit conna, cite ses
Lettres comme faisant autorité parmi les mystiques; il rappelle virum prœstantissimum ac sanctitatis
(>) CoUeet des Proc^^banx des weaîhUeâ du Clergé ; tom. ru PUoes justifie» de rastembUiB de i ; 3o , t i , pag. SSq.
PKÉFACE. ix
àdore florentem (0 ; et en conseillant à une personne qu'il dirigeoit la lecture de ses ouvrages, il le met au nombre des àons auteurs spirituels (s).
Les faits rapportés dans cette vie sont tirés ou des mémoires laissés par M. de Bretonvilliers, qui a vécu avec M. Olier, ou des manuscrits mêmes de M. Olier. Gomme son directeur lui ordonna de mettre sur le papier toutes les grâces venues du ciel dont il avoit conservé le souvenir et qu'il recevoit encore tous les jours, il le fit avec tant de détail et d'exactitude, qu'il se trouve dans son histoire peu de traits qui n'aient été écrits de sa main. L'ingé* nuité est le caractère des ames pures; celle de M. Olier ne pouvoit être portée plus loin. Il raconte tout le bien que Dieu a daigné faire en lui ; mais il le raconte en homme trop vil à ses propres yeux pour n'en pas rendre toute la gloire k celui qui en est lauteur. On aura souvent lieu d'admirer
(a) Mf^kOmiatOt PM 1, B. 991 tom» tii de «n OE«mt, iààî> da 1743 $ tottir xxis, ëdit. de TerauHek
(*) LeUrc Lxxxvi, tona. XI, t'dit. fie 174^; Lett. cxlvii, tom. xt, édit de i778iLeU. xcvni à la sœur Conmau , topa, xurui^édil^ de Versailles.
On peat ajouter à ces témoignagea celai de M. Tabbé Flenrj, ffvi rapporte ce qu^il avoit appris d'un grave inagistraty M. de Gamnoot, conseiller au Parlement de Paris, morl en 1065, et oontemporam de M. Olier. Voici ces paroles : « U ëtoit persuadé de la sainteté de » M* Olier y fondateur dn séminaire de Saini-Solpice, et rapportât » qoe^oe miracle fait depob sa mort par son intercession ». Voyes
^wWintpeauxOptêteuksde ilf. FalUFleury. Paris, 1807; pag. aSa; {JVoUdePEiliUur,)
X,. PUÉFACE. '
comment, avec tant de vertus et de faveurs spiri*
tuelles^il pouvoil être si liumble. Au style près, fort négligé dans tout ce qu^il a écrit par obéissance ; et à la disposition des faits qa*il a jetés çà et là sans aucun ordre, on peut donc regarder cette vie comme écrite par lui-même. C'est surtout dans le livre de ses vertus , que je me suis attaché h le copier , écrivani en quelque sorte sous sa dictée. Comme cette dernière partie est remplie de ses sentimens et de ses maximes , f ai dû m*appliquer particulièrement à y rendre son langaige avec fidélité j aussi ne me suis- je permis que les changemens nécessaires soit dans Tarrangement des phrases, soit dans l'expression, pour ne rien laisser qui pût déplaire ou donner du dégoût. Gomme cet ouvragé n'est ùdt que pour donner un modèle de plus à tous les disciples de notre Seigneur qui veulent marcher dans les voies de la perfection , je prie tous ceux qui le liront de porter et de conserver profondément gravée dans leur cœur cette leçon du graud apôtre : MemotUotc prœpositorum vestrorum, quiwbis hcuti suni verhum Dei, guo^ rum intuenles exiturn conyersationis , imitamini Jidem* Hebr. xui* 7«