CHAMITÉ DE M, OLIER YOUR SES CONFRÈRES
» grand poids, et de très-haut mérite, m'ont témoigné que » ce bon prêtre ne devait pasen venir à un accommodement ; » Qu'il y allait de l'intérêt universel de l'Eglise; et qu'il » était à propos que, dans le commencement de cette régen- » ce, on vengeât d’une manière exemnlaire un sacrilége si » odieux ; que cet acte de justice assurerait la paix et le repos à l'Eglise pendant tout le reste de la régence, et délivrerait les ecclésiastiques de la vexation et de l’oppression où ils vivent, surtout dans les pays éloignés de la cour, Car les prêtres n’y ont point de bouches pour se plaindre, et ils semblent n’avoir que des épaules pour souffrir, Tous messeigneurs les Evèques ont grand intérêt à cela : ils frémissent pour leurs curés » sans pouvoir remédier à cette oppression; vous le savez » mieux que personne, vous qui, à la campagne, dans » les travaux des missions, avez été témoin oculaire de » tous ces inaux, Souvent Dieu vous a fait gémir de com- » passion sur Jeur sort, et désirer d’y apporter remède ; » et maintenant il vous met en main l'autorité, et vous » donne le pouvoir de délivrer le clergé de l’oppression. » C'est, Monsieur, ce que l’Église et tout le corps des cu- » rés vous demandent, et moi le premier, qui ai l’hon- » neur d'être de leurs confrères : je gémis avec eux, ayant, » par votre grâce, parcouru assez de pays pour connaître » les peines et les maux qu’ils endurent loin de la capi- » tale, Je me jette donc à vos pieds avec ce bon curé, » pour vous demander le soulagement de l'Eglise, la li- » berté des prêtres, et la très-grande gloire de Dieu (1).» Les sollicitations pressantes de M. Olier, ses démarches rétérées auprés des personnes d'autorité et des Evèques furent enfin exaucées, Da moins l'assemblée générale du clergé de France fit sur ce sujet, à la Reïne, les remontrances les plus fortes et les plus pathétiques (2) +, et l’on
+ Les prélats disaient dans leurs remontrances à la Régente : « Des 1, 34
(1) Lettres aut.
de M. Olier, p.
(2) Procès-ver bal de l’assemblée de 1645. — 29 décem. 1645.
— 9 février et 22 avril 1646.
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a lieu de croire qu’elles produisirent leur effet, et consolèrent le serviteur de Dieu, si zélé pour l’honneut du sacerdoce.
» prêtres dans votre royaume ont été outragés et battus, invoquant »en vain le nom de Dieu et le vôtre, Des gentilshommes, abusant » de la force et de l'autorité que Votre Majesté leur a données, se » sont oubliés jusqu’à ce point, que dé chasser leurs propres pas- » teurs, et ont usé contte eux de la main et du bâton. Lorsqu'un » ecclésiastique a été excédé par un gentilhomme, la même main » sacrilége qui a bien osé frapper la personne sacrée du prètre, » est levée pour accabler les spectateurs de ces scandales, s'ils étaient » si hardis que d’aller témoigner devant les tribunaux autre chose » que ce qu'il plait à ces petits tyrans ; d’où il arrive que vos juges ne » pouvant, par défaut de témoignages, asseoir leur justice, ils sont con- » traints de laisser le crime impuni. Qu'est-il besoin d’aller chercher » des exemples dans les diocèses éloignés ? Aux portes de votre ville » de Paris, et sous les yeux mêmes de Votre Majesté, on exr,ce les » violénces les plus étranges, et ces excès persévèrent depuis plu- » sieurs années.
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