LIVRE TROISIÈME
LA MÈRE AGNÈS DE LANGEAC APPREND A M. OLIER QUE DIEU L'A APPELÉ A JETER LES FONDEMENTS DES SÉMI- NAIRES EN FRANCE. SON ZÈLE POUR LE RENDRE DIGNE Dh CETTE VOCATION.
Depuis sa promotion à la prêtrise, M. Olier, résolu d’aller évangéliser les paroisses d'Auvergne, dépendantes de son abbaye de Pébrac (1), se préparait à ces nouvelles missions par une vie de recueillement et de prières. Pour reniplie ce ministère avec plus de fruit, il s'efforçait de se pénctrer d'abord lui-même, dans l'oraison, des vérités qu’il se proposait d'annoncer aux autres : « Mon grand livre, » écrivait-il, c'est la prière. Un trait, que je lus une fois
dans saint Grégoire de Nazianze, me confirma bien dans , cette conviction, lorsqu'il dit que les prédicateurs ne . doivent pas se mêler de monter en chaire, s'ils ae se sont
déjà élevés à la contemplation ; et qu'ils doivent voir et , puiser en Dieu les vérités qu'ils prêchent aux peu- » ples. Depuis l'année 163%, l'étude ina été interdite, par . l'impuissance où je me trouve de nv'y appliquer et de faire
de moi même aucun raisonnement. Je n'ai donc point
d'autre livre que l'oraison , ivec le peu de lumières qu'il plait à la bonté de Dieu de me donner de temps en » temps (2). » Plus M. Olier se voyait comblé de faveurs et de lumières diviies, durant Sa préparation aux missions d'Auvergne, plus il se sentait dévoré du désir d'aller les répadre sur les peuples de ces contrées. Ne pouvant rempr seul le plan qu'il s'était formé, il s'associa piusieurs de ses amis ; de ce nombre furent M. de Perrochel, son cousin, depuis évéque de Boulogne, qui joignait à une haute piété