COMPAGNIE DU TRÈS-SAINT-SACREMENT
NOTE 14.—Le Père de Condren, pour ranimer à Paris la dévotion envers Jésus-Christ résidant sur nos autels, y avait établi l'assemblée connue sous le nom de Compagnie du saint Sacrement. « Elle était » composée , dit M. du Ferrier, d'ecclésiastiques et de laïques de » toute sorte de conditions : prélats, abbés, prètres, princes, con-
» Scillers d'État, présidents, marchands , bourgeois, qui se réunis-
saient chaque jeudi l'après dinée. ET y avait tant d'humilité et de
» charité parmi eux, que c'était une image du premier esprit du
christianisme ; tellement que j'ai vu, dans une séance, les libéralité s
(2) Cloysault, œtes Ms. L. 1. p.
(3) Œuvres de Fsndlon. Correspona tu Lettres divers. Lelt.
126, — 20 avril
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1) Abrégé du 9e cahier des Mémoires aul. deM.
Olier.
(2) Mémoir. de M. du Ferrier, P: 146. 147.
(5) Lettres aut.
du père de Condren à M. Amcdote,
1h NOTES
des particuliers de l'assemblée , aller jusqu'à cinquante mille écus.
Quoiqu'elle ne fût composée que d'environ cent personnes, tous » les affiigés y trouvaient du secours, les faibles une protection » assurée; et la grande douceur qui y régnait, montrait évidemment » que le Saint-Esprit remplissait le cœur des petits et des grands. Il » est certain qu'on lui doit attribuer la soumission de la ville de Paris » dans les troubles arrivés sous la minorité de Lous XIV ; et il suf- » fit de dire qu'elle donna cent vingt mille écus pour fonder les trois » évèchés de Bérithe, d'Héliopolis et de Metcllopolis , et pour équi- » per les trois illustres prélats qui allèrent annoncer la foi aux Indes
orientales. » À peine le Père de Condren eut-il M. Olier sous <a corduite, qu'il le fit entrer dans cette association , afin d‘exciter de plus en plus sa charité, sa religion et son zèle. Les exemples frappants de vertu qu'il y eut sous les yeux le touchèrent vivement, et le portèrent à faire, dans ses Mémoires, l'éloge de cette compagnie (1).
Dans cette assemblée, deux ou trois ecclésiastiques adressaient toujours aux confrères réunis quelque discours d'instruction ou d'édification. On y proposait une infinité de bonnes œuvres et de charités à faire, dont on exposait les motifs dans des Mémoires écrits.Ces Mémoires étaient déposés dans une cassette, et, après avoir nommé quelqu'un pour les examiner , l'assemblée, sur le rapport qui lui en était fait, concertait les moyens de réaliser ces pieux desseins, Il se fit, dans toutes les grandes villes, de semblabies compagnies, en relation de charité et de services avec celle de la capitale. Mais le cardinal Mazarin la supprima peu de temps avant sa mort (2). Le père de Condren nous fait connaitre , dans une de ses lettres conservée au séminaire de Saint-Sulpice , l’occasion de l'établissement de cette société dans la ville de Reims. Il écrivait à M. Amelote : « J'ai
toujours désiré, depuis que j'ai eu la connaissance de M. Carlier, » de le faire recevoir en la compagnie du très-saint Sacrement. I » est conseiller du présidial de Reims, et en haute réputation de » piété dans la ville.Il s’est plusieurs fois ouvert à moi de sa conduite » intérieure, qui est bien sainte, tant pour lui que pour sa famille. » Il porte l'odeur de Jésus-Christ partout où il va. Depuis cinq ou six » mois qu'il m'a oui parler de cette compagnie, je l'ai vu dans un » très-grand désir de la connaître et de la porter à Reims, où il croit » qu’elle ferait beaucoup de fruit. Je vous prie de le recevoir comme » un homme de bien le mérite, et de le faire connaître à Mrs. Brandon » Ut Bassancourt, afin que, jeudi prochain, quelqu'un de vous le
propose (5).
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