‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 223 sur 489 · L'ABBÉ DE SAINT-CYRAN · texte numérisé non relu

L'ABBÉ DE SAINT-CYRAN

NOTE 24. — L'abbé de Saint-Cyran prétendait que le Saint- Esprit n'avait point présidé au Concile de Frente,et que ce Concile n'était par conséquent d'aucune autorité. Ce propos, quelque impie qu'il soit dans la bouche d'un catholique, est cependant garanti par les témoignages les plus incontestables, Sans parler ici de M. Olier,

qui le rappelle dans ses lettres (4), ni de M. de Bellegarde, arche-

jet de Bourg vèque de Sens, qui en donna une déclaration sur son lit de

Fontaine, L 1.p.

mort /3); ilest rapporté indistinctement par des Jansénistes et des

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DU SIXIÈME LIVRE. 2h19 orthodoxes. Des Lions, qui n'est pas suspect aux premiers, assure que le père de Saint-Pé le tenait de la propre bouche du père de Condren (1), que lui même l'avait appris de celle de M, de Foix, et que M. Amelote racontait ce fait, comme étant la raison pour laquelle le père de Condren avait rompu avec Saint-Cyran (2). 1 dit enfin tenir du père Desmares lui-même, que , quinze jours avant sa mort, le père de Condren l'avait exhorté à ne point s’attacher à cet abbé, qu'il estimait dangereux, eo quod crederct Concilium Tridentinum non fuisse nisi cœtum scholasticorum et politicorum (3). L'historien de Port-Royal, qui rougissait sans doute d'un tel propos, s'est vainement efforcé d'en affaiblir , non la certitude historique , qui est incontestable, mais le sens naturel, qu'il falsifie étrangement. « Le père de Condren prit dans un mauvais sens, dit-il, une » parole très-innocente qu’il entendit dire à M. de Saint-Cyran, » au sujet du Concile de Trente, sçavoir : qu'il honorait autant » que lui ce saint Concile ; mais qu'il croyait pouvoir dire qu'il y » avait sujet de craindre qu'il ne se fût un peu ressenti de la » faiblesse des derniers temps (4). » Pour apprécier mieux l'innocence de cette parole, il est nécessaire de la comparer avec ce qui est rapporté par Abelly {5} et par Collet(6) dans la Vie de saint Vincent de Paul, et de se rappeller, comme M. Olier le remarque , que ce ne fut qu'après beaucoup de conférences que le père de Conären rompit avec Saint-Cyran (7).

Cependant le père de Condren,avant de mourir,regretta de ne l'avoir pas assez fait connaitre (8),lorsque M. de Laubardemont informa contre lui par ordre du Roi (9). On aurait peine à comprendre cette conduite du père de Condren,le grand adversaire de Saint- Cyran,d'après l'expression de M.Olier,si l'on ne savait les justes motifs qu'il eut de ne point se présenter, dans une pareille cause , devant un juge laïque , tel qu'était ce magistrat. Ce fut parcillement la conduite que tint saint Vincent de Paul; et voici comment elle a été justifiée par le souspromoteur de Ja foi, en réponse aux objections du promoteur , qui voulait en tirer des conséquences défavorables à la cause de Sa canonisation, Cette justification est également applicable au père de Condren. « El était superflu, dit-il, de faire une dépo-

sition, puisque, d'un côté, l'abbé de Saint-Cyran ne parlant de

ses erreurs, que seul à seul avec ses amis, et de l'autre étant

accoutumé à nier en public ce qu'il avait aflirmé dans ces com

munications particulières, une pareille déposition ne pouvait former

(1) Journaux de M, des Lions, P: 270.

(2) dbid. p. 4.

(3) dbid, p.62,

G Histoire de l'abbaye de Port- Royal,par Besoigne. LU p.374,

5) Liv. nn, ch.

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