OLIER
qu'elle inspira à un grand nombre de pécheurs, sembla n'avoir servi qu'à montrer là grandeur du mal +, et, en quelque sorte, Fimpossibilité d'y appliquer un remède eflicace (2). Aussi, depuis ce temps, M. Julien de Fiesque, curé de Saint-Sulpice, désespérant de réformer ses paroissiens , prit la résolution de se retirer ”.
[l avait souvent entendu parler des ecclésiastiques réunis avee M. Olier, à Vaugirard, et qui avaient déjà donné tant de preuves de leur zèle pour le salut des âmes. Il connaissait même personnellement M. Olier ; il avait pour lui une estime et une affection particulières (3) et désira de l'avoir pour successeur, Une procession , que , sa paroisse faisait tout les ans à Vaugirard , selon l'usage , le jour de saint Mare, &7 du mois d'avril, fut l'occasion naturelle dont il profita pour lui en faire la première ouverture (4); car ces ecclésiastiques, remplaçant le curé de Vaugirard, toujours absent, devaient recevoir eux-mêmes, dans cette église, le curé et la procession de Saint-Sulpice. Après la cérémonie, il entra donc en coaversation avec ces messieurs ; mais il trouva en eux plus d’éloignement pour cette charge, qu'il ne se l'était sans doute figuré. Non seulement M. Olier la refusa pour lui-même, mais tous ses confrères imitérent son exemple, chacun redoutant trop un fardeau si pesant. M, de Fiesque ne se rebuta point : il pressa beaucoup M. Olier (5) de s'en occuper devant Dieu, et fit agir encore plusieurs personnes de considéra-
+ M. Olier, dit Collet dans la Vie de saint Vincent de Paul, fit, dans toutes les parties de cette vaste paroisse, ce que la mission, toute fé-
conde qu'elle avait éié , n'avait guère pu faire que dans une seule (1)
(1) Vide S.
Vincent de Paul, par Abelly, iv.
ui, eh, 1, sect, 1V.p.261.— Vie du méme, par Collet, iv, nt, LL p. 205, — Makriaux de la main de M, Leschassier, pour la Vie de M. Olier, pe 9. — lemarques historiques, tp. 24,e1 suiv.
(2)Remarques historiques, À, x.
Le curé de Saint - Sulpice propose sa cure à M. Olicr.
(5) Copie des Mémoires aut. de A Olier, tr, p.
1422. — liemarques historiques, LL. p.167.168, — Vie de M, Olier, par le père Giry, partie tre, ch x, — lie marques histori= ques, À Es. p.
(#4) Ibid, Remarques historiques, L.1.p. 168.
(5) Vie Ms. de M, Bourdoise ,infolio. livre 1v.
chap. 1,
(1) Collet, Vie
in-40,.l. L p, 205,
58h PARTIE I. LIV, IX. — 1642,
a () Vie de M. tion, qui employèrentles plus vives iystances, et parvinrent lesi LR E Li Olier, par le père :
[Ur Giry, partie tre fin à l'ébranler (4). De ce nombre fut vraisemblablement CUX 1 Mb chap. Xur. Re— ,: és » Paul. ; Ê inétis Sont. - Res : 1e 01 DeNE Albiohle saint Vincent de Paul : on lit du moins, dans les procédures avec if ques, t. 2 p. de sa canouisation, qu'il s'entremit avec succès pour lui cou F4 TeR 5926. — Vie de VU H M, Olier, par M, faire conférer la cure de Saint-Sulpice (2). Mais peu après r'issc (1 | "HA ÈS les circonstances firent naître une mouvelle négociation, mail hi (2) pe et Comme Vaugirard est aux portes de Paris, et qu'il y venait le t {14 canonizat. Vinî fl centit de Paulis, Souvent des paroissiens de Saint-Sulpice, pour se confesser con£ ! posit, Super = à ha nnnléging 1 * S P : $ ur ju ue. à ces ecclésiastiques, M. du Ferrier alla demander à M. de sus. cap. 114, heroi- Fiesque s'il approuvait que £es paroissiens s'adressassent à deux citas virtutum omniun, CXLI, EUX. Celui-ci, après en avoir témoigné sa satisfaction, prit Mes | \ 51. Rome, in- ! rs | sllan ca . fe | LA Dlio: 1709, de là occasion de renouveller ses instances. « Mais, que aper HN 1 » faites-vous-là, messieurs, dit-il? Si vous avez dessein de sur { (LR 1 à N sue :
Ïl Er: » travailler au salut des âmes,et d'assembler des ecclésiasti- dans ant » ques, ne leur donnez donc pas l’incommodité d'aller vous cœlo ti. » trouver si loin; venez ici, je vous donnerai ma cure, où ture!
» VOUS aurez tout ce qui vous manque à Vaugirard , et vos voyA Hs » amis seront auprès de vous.» M.du Ferrier rejeta de nou- [ar
| ‘. % ,,° . LE / [A 0 | “158 veau sa proposition, sans vouloir l'écouter : le curé insista risse DE 7 néanmoins, et le pria sérieusement d'y penser. « Vous pou- cul
« vez, dit-il, m'accommoder : je demande mille écus de re- pou
» venus: M.Olier possède le prieuré de Clisson en Bretagne, sans
» d'où je suis; ce bénéfice rapporte seize cents livres ; joi- pou » gnez-y quatorze cents livres de pension, et nous voilà d'ac- peu
{ » cord +. » M. du Ferrier re voulut jamais l'écouter paisi- met blement,et ils se séparèrent ; M. de Fiesque le conjurant d'y tou
(5) Mémoires PONSEr, etlautre rejetant sa proposition , par la considéra- cire
de Le LA tion d’un si pesant fardeau ; car la paroisse de Saint-Sulpice la s — Lebeuf. &, IE, .
Le 454. la plus grande qui füt alors, surpassait , en étendue et cu | les
XV. nombre d'habitants, les plus grandes villes du royaume (5. Var Le père Tar- Nonobstant ce refus, M. du Ferrier de retour à Vaugi- \ill risse décide qu'on doit ac- rard ne laissa pas de rappeler à M. Olier et à M. de Foix, su cepter la cure | de Saint-Sulpi- na ce.
+ L'auteur de la Vie de M, de Foix est inexact sur les circonstances {ai
de cet accord. Vies des quatre évêques, t, 11, p. 120.
ces, et parvinrent aisemblablement ns les procédures c succès pour lui ). Mais peu après selle négociation, s,et qu'il y venait pour se confesser lemander à M. de JS s'adressassent à à satisfaction, prit ices. « Mais, que us avez dessein de ler des ecclésiastinodité d'aller vous era mA cure, Où Vaugirard , et vos rier rejeta de nouer : le curé insisti enser. « Vous poule mille écus de relisson en Bretagne, scents livres; joi- ,ctnous voilà d'acais l'écouter paisique le conjurant d'y , par la considérise de Saint-Sulpice
, en étendue et cu À
es du royaume (3.
de retour à Vaugiier et à M. de Foix,
et sur les circonstances 14920.
lesinstances de M.de Fiesque.Tsexaminèrent la chose entre eux , ét pendant leur conversation, M. de Foix marquait
avec un crayon, sur le dos d'une lettre, les raisons pour et
contre, tfin d'aller les communiquer au père Grégoire Tarrisse , leur directeur, I fut arrêté entre eux, que le lendemain, dès le grand matin, M. du Ferrier partirait pour aller
le trouver à Vendôme, où il tenait le chapitre de sa AE
congrégation, et savoir quel serait son sentiment là-des-
sus. M. du Ferrier sortit en effet au point du jour, vers HN ds 4 ‘ « VE è (1) Mémoires i deux heures, et se rendit à Paris, où il voulait dire la sainte 4e y du ferrier,
Messe , et prendre ensuite la poste (1). Dans le chemin, il P* ‘|
aperçut un météore,qui, descendant du ciel, sembla fondre
* . * . . . * * . | | sur Saint-Sulpice , et lui rappela ce que dit Notre -Seigneur ll
+ . re À | dans l'Evangile : Z’idebam satanam tanquam [ulqur de |
cœle cadentem; et quoiqu'il sût que c'était un effet na- ‘I
turel, ilne laissa pas d’adorer Dieu sur le sujet de son ||
voyage, qui pouvait réjouir l'Eglise et confondre le démon. ll)
[ arrivale soir même à Vendôme : aussitôt que le père Tar-
risse eut appris le motif de son voyage, il ne fit aucune diffi- ü4
culté de lui dire que c'était un ouvrage de la main de Dreu, dl 1
pour l'établissement du séminaire, et qu'il fallait l'exécuter
sans délai. [ lui offrit, pour le faire réussir, tout ce qui |
pourrait dépendre de leur congrégation ; ce qui n'était pas
peu de chose : la paroisse de Saint-Sulpice, immédiate
ment dépendante de Rome, étant sous leur juridiction et |
tout-à-fait exempte de celle de l'archevêque de Paris.Cette 1] circonstance, dit M. du Ferrier, a fait paraître visiblement
la sagesse de Dre et sa providence ,aplamissant ainsi toutes ÿ li
les difficultés qu'on aurait trouvées auprès du conseil de
l'archevêque, en se fixant dans une autre paroisse de la
ville, Car il aurait fallu non seulement convaincre el per-
suader le conseil de la possibilité de l'entreprise du sémi-
À naire, ce qui alors eût été bien difficile ; mais encore Jui
faire gofiter ses pratiques, ses exercices; et lui faire agréer
le choix des personnes pour le couduire, Enfin on aurait eu Hu
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de plus à surmonter tout ce que la jalousie et la prévention
auraient suscité chaque jour d'obstacles contre cette CI œuvre. La Providence choisit donc , pour commencer les va séminaires , une paroisse livrée à tous les désordres, et à n1 laquelle on n'eût jamais voulu penser, à cause des difficultés se qui semblaient s'opposer à ce dessein , et qui, néanmoins , mn furent toutes changées en moyens pour le faire réussir. | ri A son retour de Vendôme, M. du Ferrier , sans perdre de ré! ‘1 temps, alla voir M. de Fiesque, qui, dès qu'ille vit, lui à! Fi demanda quelle réponse il venait lui faire. « J'ai commu- qu 1458 » hiqué votre proposition à mes amis, lui dit M. du Fer- Loi 1} k » riel, ils n'en sont point éloignés,et ils m'ont chargé de sa- de: LEE * NOTE 9. » Voir de vous votre dernière conclusion , et les conditions ex 1 ÿ (1) Mémoires | ee L +. ne ,. . AL F 1: de ME du Perrier, ” Que Vous y mettez. » M. de Fiesque répéta ce qu'il avait al TR p.178. dit, et, sans autre discours, lui donna sa parole * (1). sa RLEL XVI. A peine eut-on connaissance , dans Paris, de la proposi- rel 15% Oppositions SUR | JR DANS à e NN pour faire é- tion faite à M. Olier, qu'il se forma, pour le supplanter, une QU rat TAIRE rie ‘abale secrète (2) ; mais , d’une parole , Marie Rousseau la la eg Rousseau les déjoua , ou plutôt la tourna en moyen de succès. « Le 22 de EL le LU déjoue et en- EE | : RP LT" courage M. O- ” inai, dit M. Qfer, seit, dupe une mine HRFOURE, un lh @) Vie den. ” Jeuxecelésiastiques, qui, àl quire bal de Paris, prenaient le) \ 4h AR EM » ensemble leurs mesures pour faire échouer ce dessein, de 1. p. 423. » et, sur l'heure, elle en fit part à une personne qui demeu- Le » rail avec elle. Le lendemain l'un d’eux venant la voir, elle pi » alla à sa rencontre, comme ilentrait dans la maison , et qi » Jui dit aussitôt en toute simplicité : Hé bien , monsieur, av » Vous allez remuer beaucoup , vous voulez donc empêcher pa il » l'œuvre de Notre-Seigneur. Hier , entre quatre et cinq, l 1 » vous et telle autre personne , Vous vous en occupiez 1! » vivement. Je vis biou que le démon, travaillant à la le » rompre, sut faire une forte impression sur votre es- as » prit; mais prenez garde à ce que vous allez faire. » (3)16.p.427. ” Ces paroles changèrent tellement les dispositions de » 428.— Mémoires ce ecclésiastique, ajoute M. Olier, qu'il vint à Vaugirard, »
» el nous pressa lui-même d'accepter la cure (3). »
la prévention
contre celle commencer les désordres, et à e des difficultés ii, néanmoins, e faire réussir.
sans perdre de qu'ille vit, lui « J'ai commudit M. du Fernt chargé de sales conditions la ce qu'il avait sa parole * CL).
, de la proposisupplanter, une [arie Rousseau la accès. « Le 22 de nière intérieure,
> Paris, prenaient cuer ce dessein, onne qui demeuenant la voir, elle ins la maison , el bien , monsieur, z donc empêcher e quatre el cinq, ‘ous en occupiez , travaillant à la nn sur volre esous allez faire.
s dispositions de vint à Vaugirard, ‘ure (3). »
CURE DE SAINT-SULPICE OFFERTE A M. OLIER. 387 Cependant on fut étonné à Paris de cette entreprise. Chacun était persuadé que la réforme d’une paroisse aussi vaste et aussi dépravée que l'était le faubourg Saint-Germain, surpassait de beaucoup les forces de M. Olier , et de ses coopératcurs. M. du Ferrier rapporte même que leurs meilleurs amis s’en fàchairent, et qu'ils leur donnaient en riant le nom d'Æglise grecque, parce qu'ils s'étaient séparés d'eux mal à propos. M. Renar, dont on a déjà parlé, vint à Vaugirard leur faire une vive réprimaude sur la témérité qu'ils avaient eue , disait‘il, d'entreprendre de bâtir cette tour, qu'ils n'étaient pas capables d'achever, n'ayant aucune des qualités nécessaires ; et avec tant d'imprudence , qu'ils exposcraient toutes les personnes de piété au mépris et à la moquerie de ceux qui verraient ce Cessein tomber dès sa naissance, Lorsqu'il leur eut parlé sur ce ton, ils le remercierent de ses avis, lui dirent qu'ils n'avaient pas agi sans consulter la volonté divine, ajoutant qu'ils méritaient la confusion qu'il prévoyait devoir tomber sur eux, et qu’ils le conjuraient de demander pour eux la gràce d’en faire un bou usage; il se récrin là-dessus en disant : Foila justement ce que nous avions dit : quand on les avertira de leur conduite imprudente , ils croiront en étre quit- Les en faisant un acte d'humäiltiation; et cependant lu piete sera décrice , et les gens de bien méprises, parce qu'il plait à ces messicurs de tout entreprendre, sans avoir de quoi soutentr. Ls le prièrent, néanmoins, de leur pardonner, et de les secourir de ses conseils, afin que l'œuvre de Dieu n’échouàt pas (1).
Marie Rousseau, suscitée pour le succès de ce dessein, leur avait inspiré à tous ces sentiments de confiance, en les assurant que Dieu serait leur soutien et leur force. « La » Veille de l’Ascension, dit M. Olier, lui proposant les dif- » ficultés qu'on m'objectait à moi-même, elle me dit : Faites » ce qu'il vous plaira ; mais, malgré l'avis contraire de tant » le personnes, vous serez curé; que d’autres vous disent
(1) Mémoires de M. du Ferrier, p 179.
au.de M. Olier, Lu. p. 4. Remarques historiques, t.1.p.221.
(2) Memoires de M.du Ferrier, p. 178.
(5) Mém. sur la Vie de M, Olier, par M Baudrand, p. 19.
(4) Mém. aut.
deM.Olier, LA.
Le père Bataille oblige M.
Olier d'accepter la cure de Saint - Sulpice.
(b) Recueil d'hommes illustres, par Dom Boudier, Ms. in- 40, p.7. Bibliut.
Ma:arine.
(6) Esprit de AL. Olier.
(7) Mém ant.
de M.Olier, t. 1,
Olier, par M. de Bretonvilliers, 1.
Ep. 430. 451.
» ce qu'ils voudront : toutefois , vous serez curé de Saint- » Sulpice , Dreu le veut. Elle me dit de plus, qu'une per- » sonne qui traversait notre dessein, nous obligerait de » donner à M. de Fiesque plus que nous n’étions d’abord » convenus (1). » La chose arriva ainsi, car au lieu d’une pension de quatorze cents livres (2), il en exigea dix-huit cents (3). « Elle me témoigna encore que je devais m'’a- » bandonner courageusement à Dreu pour le servir dans la » conduite de cette paroisse : qu’à la vérité je devais nr’es- » timer heureux d’avoir été associé , par Notre-Seigneur, à
os
» une compagnie aussi capable de me secourir que la nôtre, » Mais sans m'appuyer pourtant sur elle ; et que je demeu- » r'asse ferme quand même tous ces messieurs viendraient » à m'abandonner, et se sépareraient pour aller servir » Dieu ailleurs (4). »
Saint Vincent de Paul, comme on a dit, M. Bourdoise et le père Bataille, conseillaient à M.Olier de prendre la cure (5); et, à la fin, ce dernier lui fit un commandement de l’accepter (6). Ne doutant plus alors de la volonté divine, il alla s'offrir à la très-sainte Vierge,pour la prier de Faider à porter ce fardeau. « Prosterné à ses pieds , dit-il, je me suis trouvé » en esprit Comme une pauvre victime, abandonné à sa conduite, pour devenir ce qu’il lui plairait; car ilme semble que » c’est dans cet esprit que Dreu veut que je le serve,c'est-à- » dire d’hostie dédiée à sa gloire, toute prête d’être égorgée » eLimmolée pour son amour * (7). » Lorsqu'on luicbjectait qu'avec le petit nombre de prêtres qui s'étaient joints à lui, il était impossible de convertir un peuple aussi nombreux que celui qui habitait le faubourg Saint-Germain; « Dieu, » répondait-il, qui n’a inspiré ce désir par sa bonté infinie, » ne peut-il pas l'inspirer à d’autres, et leur donner la pen- » Sée de venir se joindre à nous? Au reste, quand il nous
CA
» laisserait seuls, celui qui a Su gagner tout le monde avec » douze apôtres , ne pourra-t-il pas attirer à soi cette pa- » roisse avec ce que nous sommes (8). » Une personne,
autre la pa » Vais » VOC » SCT » SON » VIS
» dan » Cr » bre » je d » CON
» dans
» lai
» OCCL » fait
» plus » telle » Stolid » fale » SCPY » touta
uré de Saint- pour le dissuader d'accepter la cure de Saint-Sulpice, lui dit
, qu'une per- qu'il n’était pas d’une santé assez robuste pour soutenir le
obligerait de poids d’un si grand fardeau. « Il faut, lui répondit M. Olier, te de “ions d’abord » faire la volonté de Dieu aux dépens mêmede notre vie (4). (9) Vie de M. au lieu d'une | » Quel plus grand bonheur que de mourir dans l'exercice ne xigea dix-huit » de la charité? Si Jésus-CHrisr s'est trouvé heureux de h j, 429) 490: je devais m'a- » donner sa vie pour la gloire de son Père, et pour le salut lier , par le père servir dans la » des hommes, qui m'empêchera d'exposer la mienne pour ss he je devais m'es- » la gloire de ce même Dteu, et pour procurer aux àmes si he ds re-Seigneur, à » les biens qu’il leur a procurés lui-même par sa mort (2)? » 696. Her. ir que la nôtre, Il était d’ailleurs convaincu qu'il ne pouvait renoncer à ma que je demeu- la cure de Saint-Sulpice sans anéantir les desseins de la rend enfin le ws viendraient Providence sur lui : desseins que Dreu lui avait montrés RE NU ait ur aller servir autrefois d’une manière cachée, et dont il lui donnait alors été montrée en
la parfaite intelligence. « La cure de Saint-Sulpice que je ‘""#"""
Bourdoise et le » vais occuper, écrivait-il, me montre bien clairement ma dre la cure (5); » vocation , et l’état où Notre-Seigneur désire que je le nent de l’accep- » serve dans le clergé; car, maintenant, je me rappelle le
é divine , il alla » songe que j'eus, il y a neuf ou dix ans, dans lequel je l'aider à porter » vis saint Grégoire dans un grand trône , saint Ambroise
» me suis trouvé » dans un autre au-dessous de lui, plus bas la place d’un donné à sa con- » curé qui était vacante, et bien au-dessous un grand nom-
{me semble que » bre de Chartreux. Ce songe me montrait peut-être que
le serve, c'esl-à- » je devais remplir cette place de curé, et servir l'Eglise, » d'être égorgée » comme saint Ambroise et saint Grégoire l'avaient servie ni ie qu ’on luicbjectait » dans leurs dignités éminentes ; et que le ministère curial ;,. "331 pe jent joints à lui, » était bien plus utile et plus nécessaire à l'Eglise que les cr se PO aussi nombreux | » occupations des simples Chartreux (3). Dès qu'on m'eût ei t.1. p.458. rmain; « Dieu, » fait la proposition de la paroisse de Saint-Sulpice, la La bonté infinie, » plus déréglée de Paris, Dreu me montra qu'elle serait
* donner la pen- » tellement renouvelée par sa miséricorde et le zèle apo-
, quand il nous » stolique de nos messieurs, que les paroisses de la capi-
le monde avec » tale se réformeraient sur la nôtre, et qu'elle pourrait
à soi celte pa- » servir de modèle non seulement à Paris, mais encore à
Une personne , » toute la France. Que Dreu soit béni de nous donner ces
(1) Mémoires aut, de M, Olier, tnt, p. 142.
Dans la place de curé, M. Olier est appelé à renouveler la piété dans le peuple par des instructions fa-
milières.
» grandes ouvertures, et qu'il nous fasse la grâce de cor- » respondre et d’être fidèles à des desseins d’une miséri- » corde siprivilégiée (1). » Cette prédiction vérifiée depuis, de la manière la plus incontestable,est d'autant plus rexarquable, qu'au temps où M. Olier l'écrivait, c'est-à-dire avant d'avoir quitté Vaugirard, elle ne pouvait passer aux yeux de la prudence humaine que pour le comble de l'extravagance. Ce qu'il ajoute n’est pas moins digne d'attention. » Maintenant que nous allons preudre la cure de Saint- » Sulpice, Dieu, ce me semble , me manifeste ma vocation, » qui est de ranimer par trois moyens la piété chrétienne » dans ces quartiers : le premier sera l'instruction et la sanc- » tification du peuple; le second , la sanctification des doc- » teurs et des prêtres; et, le troisième , à formation des » jeunes clercs.
» Sa bonté me donne, c: me semble, un zèle ardent pour » renouveler dans les esprits et dans les cœurs des chré- » tiens, le souvenir et l'amour des obligations contractées »envers Dreu par le baptême ; et je me souviens que je » disais, il y a plus de six à sept ans, à un missionnaire, » que les fruits produits par les missions n'étaient qu’un » commencement et une préparation à ce qui devait se » faire dans l'Eglise. La mission ne va qu'à purifier les * cœurs, et à porter les hommes à la pénitence , mais non » pas à les instruire des sentiments chrétiens, et à leur » enseigner la pratique du christianisme. C’est ce que nous » ferons par des conférences familières, des catéchismes, » des méditations, des retraites. Je sens en moi un dé- » sir si puissant de découvrir aux hommes la vanité du » monde, l'obligation que nous avons de mourir à ses » maximes, à ses mœurs, à ses lois, en un mot, à 101 » ce qui n'est pas Dieu, et JÉsus-Cnrisr son Fils, que » je ne puis le contenir; il excite quelquefois en moi une » sainte fureur : c'est une communication de l’horreur que » JÉsus-CurisT a eue des folies et des vanités du monde.
» CO
» pu » Da
» pr » To » av
» CO
» les
» dé
» dau
» ve » pa » el » mo
grâce de cord'une misériérifiée depuis , nt plus renar- 1, c'est-à-dire ait passer aux mble de l'extrayne d'attention.
| cure de Saintte ma vocation, jiété chrétienne action et la sancfication des docla formation des
zèle ardent pour cœurs des chrétions contractées souviens que je un missionnaire, LS n'étaient qu'un ce qui devait se qu'à purifier les ilence , mais non étiens , et à leur C’est ce que nous des catéchismes, is en moi un démes la vanité du de mourir à ses n un mot, à (ol sr son Fils, que uefois en moi une bn de l'horreur que
vanités du monde.
» Je ressens de si violents désirs d'en désabuser les hom- » mes, que je ne vois d'autre moyen de me satisfaire, que » l'occasion offerte, par la Providence, de la cure de Saint- » Sulpice. Mes désirs s'enflamment encore davantage , » quand je pense que les plus grands du siècle demeu- » rent sur cette paroisse ; etalors je me réjouis d'avoir , . . + , .
» l'occasion, si long-temps désirée, de leur découvrir ; sion, g-temp , de leu ouvri leur (1) Mém, aut. »* vanité, et de les désabuser de leurs erreurs. Considé- 4 M.Olier,t.n. pie : : p.236.257.258, » rant la vie molle et toute mondaine des riches de cette 959, Ye de ; nice à ce AS S n° + 4 l’on Olier, par AT. de » paroisse , le mépris où le culte divin y est tombé, lou Bictonwilllers, t. » bli où on laisse le très-saint Sacrement de l'autel (4), je 1 p. 435. 436. me disais à moi-même : O! si jamais je devenais pas-
» teur de cette église, que je voudrais y faire honorer le » très-saint Sacrement ; je me dévouerais tout entier à son » Service; je veillerais volontiers devant lui comme une » lampe ardente durant la nuit, à limitation du grand » Saint Jean-Baptiste, de qui il est écrit : £rat lucerna » ardens et lucens. Je me souviens même qu'une multi- » «ude de fois , j'ai désiré de porter la clochette devant le » très-saint Sacrement dans cette même paroisse , afin de » montrer à ces aveugles la grandeur du Dieu qu'ils ne » connaissent pas ; j'estime cette fonction très-honorable, » puisqu'elle ressemble si fort à la mission de saint Jean- » Baptiste, destiné à marcher devant le Seigneur, pour lui (2) Ibid. n. » préparer les voies , et le faire honorer des peuples (2). p. 172. 173.
» Toute notre compagnie brüle du même zèle, et désire
» avec impatience aller dans ce faubourg pour y faire
» connaître Dieu. Ah ! si l'exercice des fonctions pastora-
»les nous fournit autant de sentiments de zèle et de
» dévouement que la seule attente en a déjà fait naître
» dans nos cœurs, j'espère que notre grand maître y trou-
» vera son honneur et sa gloire. Cette sainte âme, dont j'ai
» parlé, Marie Rousseau , est occupée des grands biens
» et des conversions éclatantes qui vont y avoir lieu , et
» moi-même je n'ai autre chose dans l'esprit à Vaugirard ;
Fi