M. OLIER ACCEPTE LA CURE DE SAINT-SULPICE
, avant d'aller saluer les dames de la paroisse , je lui en » demandai la permission; et il me semblait qu'elle vou- » lait que j'allasse les voir, comme si c'était elle-même, » la regardant dans leur personne. Ce fut ce que j'éprou- * vai sensiblement dans ces visites : cur je ne pensais (1) Mémoires » nullement aux créatures, et la sainte Vierge m'occu- er » pait l'esprit d'elle seule en leur parlant, Madame la Viede M, Olier, NT à : par ME, de Bre— » duchesse d'Aiguil'on, qui se propose de faire de grands uvidtiers, à, 1. » biens à notre paroisse 4), vint d'elle-même s'offrir à P:##4: » moi, pour aller avec madame la princesse de Condé , “etles dames de la paroisse, adoucir l'esprit de ma mère, » et lui rendre autant d'honneur qu'elle croit en avoir ; (2) Jbid, pag.
» perdu par le ravalement prétendu de son fils dans la 443.—Mér,au- » churge de curé, C'est une nouvelle preuve de la bonté F1 dire is » avec laquelle Dieu conduit cette affaire (2). 64. 65. » J'avais cru d’abord que le père Tarrisse, général de XXIV. » l'ordre de Saint-Benoît, me mettrait en possession de l’é- Reid dr » glise de Saint-Sulpice. Mais j'ai oui dire que la coutume PE ee » de cesaint personnage était de ne point paraître en public; “et, en effet, il n'est point venu en personne à la céré- » monie. Deux de ses religieux l'y ont représenté : ils » étaient revêtus de leurs habits noirs , image de la sépa- “ration entière du siècle, dont ils font profession, et «moi de l'habit de chœur des ecclésiastiques , qui , »par sa blancheur, figure la nature humaine de JÉsus- » Carisr dans son état divinisé. C'est proprement la » vocation de tous les prêtres : ils devraient être divi- »nisés, et revêius déjà de l'esprit de la résurrection, » comme l'indiquent les paroles mêmes que l'on dit “en prenant le surplis. Ces deux religieux me con- » duisirent à l'autel que je baisai seul ; alors il me sem- » bla que je devenais l'époux de cette paroisse, et que , en » cette qualité , j'étais chargé des péchés de tout ce peu- »ple, et obligé de prier pour lui, ce que j'éprouve encore “depuis ce moment, Je voyais surtout comment l'a-
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(#) Mémoires autographes de M. Olier. t. 11.
(2) Mént. aut.
de M. Olier, C4.4 p. 488.— Vie de M.Olier,par DT.
deBretonvèlliers, t. 1. p.454. 455.
» mour devait porter l'époux à prendre pour lui tous les » maux de l'épouse , et à souffrir en sa personne toutes » les peines qu'eile aurait à supporter , si elle était » seule , la mettant ainsi à couvert de toute inquiétude ; » que l'époux devait avoir aussi la volonté de lui procurer » tous les biens imaginables, tous les avantages et toutes » les beautés possibles, comme dit saint Paul : U£ exhi- » beret Ecelesiam immaculatam, sine ruga. C'est là le » propre de l'époux , et en quoi consiste l'amour de JÉsts » pour l'Église (1). Hélas ! mon Drev, quelle grâce de me » vouloir choisir du milieu des pécheurs, de la lie du » peuple, da bourbier infect de mes péchés, pour m'élever » à cette haute, sainte et divine dignité de curé, de pas- » teur, d'époux de l'Église ! C’est à ce coup, Seigneur, » qu'il faut me consommer en vous, si vous voulez me * faire époux de cette grande reine, de cette auguste et » divine maîresse. O ! c’est à vous seul à entrer en cette » dignité; c’est à vous à posséder ce titre! et qu'aveusle » est le monde ! qu'il est dépravé, misérable et ignorant! » Jui qui juge si indignement des grandeurs véritables de » Drew, tes ravalant d’une manière si misérable : lorsque, » dans son estime aveugle et insensée , il pense qu'une » Cure n’est rien , qu'elle ravale la dignité d'un homme de » naissance , et croit, malheureux qu'il est, que l'origine » d'Adam , que la naissance , accompagnée de biens ima- » ginaires , de richesses et d’honneurs, soient quelque » chose d'estimable. O ! qu'il sache qu'il n’y à d'estimable » que Dieu seul et son Église ; qu'il sache que sa grâce, » ses Sacrements, ses vertus et ses dons doivent passer » pour des biens véritables , et non pas ces imagination » chimériques, ces fausses apparences de biens : lhon- » neur , les richesses et les délices ! Fun n'étant que di » vent, l’autre que de la boue et de la fange, et le tro » Sième une infâme corruption (2).
« Voici comment il a plu à la bonté de Notre-Seigneur
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