TILSHOMMES ET DIS GRANDS
Après que M. Olier eut été ainsi éprouvé par cette per- I. 14 eee . ; , LV , ne M.Olier s'ad- | 4 sécution , il reprit la conduite de son troupeau avec un joint de nou- N . ne ‘a Porâtna
nouveau zèle ; et on vit alors en sa personne la vérité de OR
, ce 2 È pour travanier la promesse que le Sauveur fait dans l'Évangile, d’exalter dans sa paroisse.
celui qui s’humilie. En récompense des humiliations aux- (1) Remarques |. historiques, t. +. |}
quelles il s'était soumis, il fut environné de l'estime et Un ne z ; : .40.— Vie, par de la vénération universelle de sa paroisse , de ceux même 4e père Giry,par- Re A re Jui (4): ch: tie 1re, ch.xvIr.
qui avaient paru le plus envenimés contre lui (1); chacun ie Domile proclama le père des pauvres, l'ami le plus sincère de "caine, ibid. p. |:
424. i ses paroissiens, un saint pasteur tout dévoué au salut de |
Î ses ouailles. Le changement qui se fit en sa personne ne | fut pas moins admirable, que celui qu'on remarqua dans |
les esprits : Dieu lui ayant donné un accroissement de | santé et de force, qui le rendit capable du travail le plus | | soutenu et le plus pénible , il en profita pour éteudre et | pour perfectionner , dans sa paroisse, le bien qu'il y avaït commencé; il gagna à Notre-Seigneur un grand nombre l{: de ses habitants, et fit régner là plus solide piété dans les familles. Ses prédications, dont il reprit alors le cours,
furent couronnées d'un succès extraordinaire : on eût dit que Dreu versait sur cette paroisse sa grâce par torrents.
Jamais on n'avait vu un si grand empressement à assister
aux offices, autant d'ardeur pour entendre la parole de Dieu , une foule aussi nombreuse autour des tribunaux de | 2° part. 3
(1) Remarques historiques,t.nr.
p. 628. — Vie, par M. de Bretonvilliers, L. UE.
(2) Lettres ant.
de M. Olier, p.
(3)Remarques historiques,t.ur.
(4) Ibid, t. 1.
(3) Lettres aut.
de A1. Olier, p.
M.Olier conçoit le dessein de construire une nouvelle église.
(G) Sermon de LaTour duPin,t.
vi. in-12. pag.
la pénitence (1). I fallut augmenter, pour satisfaire le peuple, le nombre des ouvriers évangéliques ; et M. Olier se vit contraint d'inviter plusieurs ecclésiastiques des provinces , à venir prendre part à ses travaux (2). Ses voux furent promptement exaucés : il reçut dans sa communauté d'excellents prêtres, pleins de zèle, de désintéressement et de ferveur; et, avec leur secours, ilse livra tout entier à la sanctification de sa paroisse. Bientôt l'église ne put contenir la foule d' peuple (3) : les jours de fêtes, surtout, l'afluence était si grande, que beaucoup de personnes ne pouvaient même y arriver, et qu'on permil au comte et à la comtesse de Brienne, et à d’autres personnes de qualité, de percer des portes sur la rue pour arriver par ce moyen à leurs chapelles (4). « Vous savez, écrivait M. Olier, » quelle incommodité lon souffre dans la chapelle de ln » sainte Vierge, à cause de sa petitesse; quelles irrévé- » rences S'y commettent; quelles impatiences et quelles » distractions cela cause à ceux qui y communient (5). » Depuis son entrée dans la cure de Saint-Sulpice, il avait formé le dessein de construire un vaisseau proportionné à l'immense population du faubourg, et qui répondit mieux au bel ordre qu'il avait mis dans les cérémonies, ainsi qu'au nombre de ses ecclésiastiques. Il ne pouvait s'empècher surtout de déplorer l'indifférence des grands de sa paroisse, qui faisaient construire pour leurs personnes de magnifiques palais, tandis qu'ils laissaient le Fils de Dre dans un édifice sans dignité et près de tomber en ruine (6. Lorsqu'il apprit la mort de Marie de Médicis, femme de Henri EV, quiavait employé des sommes énormes à bâtie le palais du Luxembourg, et négligé le soin de hi maison de Dieu, il se sentit porté à satisfaire pour elle en sa qualité de pasteur, « Je priai, dit-il, avec toute
» l'instance et l'eflicace dont j'étais capable, ayant été
» averti intérieurement qu'elle était redevable à la justice » divine, à cause de ce superbe et vaste bâtiment du
our satisfaire le peuues ; et M. Olier se siastiques des provaux (2). Ses vœux dans sa communaut désintéressement et se livra tout enticr à l'église ne put con-
s de fêtes, surtout, oup de personnes ne JermiL au comte et à s personnes de quapour arriver par ce ez, écrivait M. Olier, ans la chapelle de la se ; quelles irrévéipatiences et quelles y communient (5). »
de Saint-Sulpice, il un vaisseau proporbourg, et qui répondans les cérémonics, iques. Il ne pouvait érence des grands de ur leurs personnes de aient le Fils de Drev tomber en ruine (6.
de Médicis, femme sommes énormes à égligé le soin de là LÉ à satisfaire pour i, dit-il, avec toute capable, ayant été devable à la justice vaste bâtiment du
» Luxembourg ++, où elle a fait tant de dépenses super- {L |
» flues, pendant que Notre-Seigneur était si mallogé en sa Là
» paroisse. Stelle et voulitemployer à l'église, les sonimes
, qu'elle avait destinées à l'achèvement de quelques ailes
» de ce palais qui ne sont pas finies, elle eût pu la re-
» batir, et la mettre dans un état convenable, pour le peu-
» ple et pour Dieu. C'est une chose étrange, que les hom -
» mes prennent d'aussi grands soins, et fassent tant de l 8 ;
A he DÉS ES PRIE mL ARE RE
» dépenses si excessives pour se loger, eux qui ne sont
» que de chétives créatures et des fumiers ; et qu'ils n'aient
(1) Wémotres te ul. p. 352. |
» ni la pensée, ni le mouvement d'élever à Dreu des édi-
» fices convenables à sa dignité et à sa grandeur (4). » M. Olier , se croyant, comme pasteur , plus étroitement
obligé que personne, à reconstruire l'église de sa paroisse,
Le
(2)Remarques avait réuni , dès le mois de décembre 1642, ses fabri- A LOS ciens (2), pour leur faire goûter ce projet, qui n'était (5) /bid.tur. | point nouveau (3), mais qui jusqu'alors n'avait eu aucun DER
résultat. Au mois de mars suivant ++, après plusieurs pu-
+ On sait que Marie de Médicis fit construire à grands frais le (1) Histoire de | Paris, par Féli- |
Luxembourg sur les dessins de Jacques de Brosses (1) et qu'elle ne bien, tu. p.1297.
ségligea rien pour lui donner rang parmi les édifices de la capitale
(2) Tableau historique deParis,
Louvre ; elle Bernin avouait qu'il n'en connaissait pas qui pût lui nt Saint-Vicor.
les pius somptueux. E esi placé en effet au premier rang après le
ètre préféré (2). M. Olier nous apprend que Marie de Médicis avait
voulu, en le construisant, élever une maison à sa mémoire et à sa per-
sonne ; et ee fut en effet pour cela qu'elle s'efforça de lni faire porter
le nom de Palais Médicis. Mais comme les grands après leur mort
ne sont pas toujours obéis, Gaston de France, due d'Orléans, à qui
mem tee tré thés tt
la Reine sa mère l'avait légué, y fit mettre le sien sur une inseri-
ption, et voulut qu'on l'appelât : Palais d'Orléans. Enfin, malgré tou- (4
tes ces précautions, l'ancienne habitude prévalut, et l'on continua
de le désigner, comme on fait encore, sous le nom de Luremboury,
du due de Pinei-Luxembourg, qui avait acquis, durant le siècle
précédent, Fhôtel a Ja place duquel ce palais fut construit.
++ Dans les Remarques historiques , la date de cette assemblée est
autive.
blications faites au prône, il tint, dans la nef de l’église, ki ibnée une assemblée générale de la paroisse, à laquelle se trouva ad. historiques, pag. le prince Henri de Condé, et où ce dessein fut adopté 155. 4 sut J'une voix unanime (1). On chargea Christophe Gamard, célèbre architecte de l’époque, de dresser le plan de là future église; et comme les constructions projetées devaient s'étendre sur le terrein même du cimetière, M.Olier proposa de donner en échange la moitié du jardin qui était à l'usage de sa communauté (2). C'était avant la grande persécution que nous avons décrite, et lorsqu'il avait à essuyer toute sorte d’humiliations. Dans cette circonstance, ilen éprouva une très-mortifiante, dont il ne fait point connaître le détail; mais qu'il indique en ces termes: «“ Dans l'assemblée générale du 10 mars 1643 , où il s'est agi du bâtiment de l’église de Saint-Sulpice, il a plû à Dieu de m'envoyer une humiliation en public, pour me récompenser des petits soins que j'avais pris : ce qui me » sert d'indice qu'il fera réussir cette affaire, puisqu'il » semble y mettre pour fondement la croix et la contra- » diction, en la personne de celui qu’il charge de l’exécuter. » Lorsque cette humiliation m'est arrivée, je n'éprouvais b° » d’autres dispositions dans mon cœur, que de n'élever à | # » Dieu, en lui disant : Mon tout et men amour, j'en suis tu » content. Mais j'ajoutai : O mon tout, ce n’est rien que » cela; cent mille, et cent mille morts souffertes pour Ki » défense de votre nom, et le service de votre Église , mme » seraient des roses et des délices. Faites en moi votre
(2) Ibid.
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ET
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