‹ Vie de M. Olier, fondateur du Séminaire de S. Sulpice [microforme] (volume 3)Chapitre 479 sur 489 · SUR LA MARQUISE DE PORTES · texte numérisé non relu

SUR LA MARQUISE DE PORTES

NOTE 6. — Lorsque la duchesse de Saint-Simon tenait sa fille dans une sorte de prison, et la pressait vivement d'embrasser la vie religieuse , M. Olier écrivait à celle-ci : « L'avis que je vous donne » aujourd'hui, c'est de ne vous point inquiéter de Payenir, ni de » votre vocalion. Ce n'est pas ici le temps de vous déterminer, No- » tre-Seigneur vous défend de prendre une résolution dans ce trou- » ble ; attendez le calme et la sérénité (8). » Ce fut sans doute pour examiner plus à loisir sa vocation, qu'elle demeura pendant quatre

aus chez les religieuses de la Visitation à Moulins, où elle se mon-

religionenFrance, ele. Le Upana.

(3) Histoire de la ville deParis, arFélibien,ete.

(4)Lebouf, histoire du diocèse de Paris, t. xin.

pe 146, 150,

(5) Mémoires, par M. Bourbon in-18, p. 152.

(6) Attestations aulographes, p.

(7)Mémoir.sur da vie de M. de Bretonvilliers , ar M, Bourbon, IN—IS, ps 152 — Généalogies des Maîtres des requètes, Ms. art Tronson,

(8 Lettres aut.

de M. Olier, p.

: tra aussi ponctuelle aux exercices de la communauté, que la plus for. (Wu Vie de Mme : ‘. , a duchesse de vente novice (1). ‘ant ce temps, elle continua d'écrire à M, Olje

la tuch l (| 1). Durant ce ter lle continua d'écrir M, Ole

Montmorenei, L IS p LS :

Hp 0", pour lui faire part de ses dispositions 2). Enfin , plusieurs religions,

2 Lettresaut, ns ÉT

de M, Oher, p, de cette maison, se persuadant qu'elle était appelée à entrer dun 4,3, h !

j leur institut, et la pressant de prendre un parti, elle s'en rapport, encore à la décision de M. Olier, qui la fixa par la réponse suivant.

« Notre sœur ne doit et ne peut se déterminer avec la précipitation

qu'on lui impose ; car quoique cette promptitude soit juste du cote

des religieuses qui la demandent, conformément à leur règle, el ne l'est pas à l'égard de notre sœur. Elle ne peut se détermine par elle-mème; et, par conséquent, puisque Dieu lui cache volonté, et la tient en balance, elle doit prendre le temps et | loisir nécessaires pour la connaitre. Quaut aux marques de Vovy. tion, les raisons générales, tirées de la perfection de l'y religieux , ne suflisent pas pour l'embrasser, Autrement toute jus. sonne qui voit ces raisons, serait obligée à y entrer, etil + aurai vocation à la religion pour tout chrétien persuadé de la beanté de la sainteté de l'Evangile. F faut quelque chose de plus que ces raisons extérieures : c'est un mouvement que la bonté divine imprime à notre cœur, et par lequel elle nous persuade, et non convainc d'entrer dans la religion, nous y excitant , nous y portant avec paix et avec joie. Notre sœur n'a point l'expérience de s'être sentie appelée à céla par aucune puissante persuasion intérieure, Elle n'a que ces raisons extérieures qui laissent l'âme sans vie, sin joie, sans paix, ou plutôt, en quelque sorte, dans la tristesse et l'en. barras. Au contraire, elle éprouve un désir intérieur qui la porteà servir le prochain : son cœur vole quand elle pense à assister lx pauvres dans un hôpital. Elle se sentirait portée, par l'esprit intérieur, à verser son sang, et à donner tout ce qu'elle a de biens, di temps, de santé et de vie, pour gagner à Div l'âme d'un seul dx Huguenots dont ses terres sont remplies. Elle à reçu de tot temps une impression forte et un attrait eflicace pour le servic des pauvres et du prochain, et s'y est mème exercée avec une henédiction abondante. D'ailleurs, elle se souviendra qu'un des motils en faisant son vœu de virginité, était d'avoir par ee moye la liberté entière de servir les pauvres, et qu'elle n'avait aucun » vue de la religion, dont DIEU apparemment lui eut donné alors » pensée, S'il l'y eût appelée; tellement que la grande contestation di

ses proches sur son vœu, venait de ce qu'elle ne voulait point êtn

pmmunauté, que la plus for.

mtinua d'écrire à M, Oliu Enfin , plusieurs religiousus était appelée à entrer dun an parti, elle s'en rapport, ixa par la réponse suivante, miner avec la précipitation omptitude soit juste du coté ormément à leur règle, el Elle ne peut se détermine puisque Dieu lui cache 4 loit prendre le temps et | Juaut aux Marques de Vocye de la perfection de l'y asser, Autrement toute je de à y entrer, @Lil aurait en persuadé de la beauté elque chose de plus que ce ent que la bonté divine im le nous persuade, et non us y excitant, nous ÿ portint point l'expérience de s'ôtre sante persuasion intéricure, i laissent l'âme sans vie, sun sorte, dans la tristesse et l'en désir intérieur qui la porte à and elle pense à assister ls ait portée, par l'esprit intitout ce qu'elle a de biens, de er à Daeu l'âme d'un seul dx nplies. Elle à reçu de tout rait eflicace pour le servit mème exercé » avec une bre se souviendra qu'un de ses , était d'avoir par ce moy s, et qu'elle n'avait aucu ment lui eut donné sors hi

que la grande contestation ii

e qu'elle ne voulait point ét

, religieuse , et desirait demeurer dans l'état de virginité au milieu

» du monde.

» Elle remarque, il est vrai, qu'elle craint le siècle, qu'elle se con- , nait, qu'elle se méfie d'elle-même , et autres choses semblables : » c'est un sujet de consolation, Du la préparant par là à opérer » son salut avec crainte, et à faire les œuvres de Jésus-Cnrisr en » esprit d'humilité ; ce qui est le grand principe de notre force et de » notre confiance. Enfin, dans le genre de vie qu'elle veut embrasser, » elle ne se désiste point du désir dese sacrifier totalement à DrEu ; » elle ne se retire en ellei de la clôture , que pour se conserver la » seule liberté de servir le prochain, dans les temps qui lui seront » prescrits par l'obéissance (1), »

Cette réponse fit renaître la paix dans le cœur de ia marquise de Portes. Elle quitia la communauté de Moulins, pour travailler à établir le règne de Dreu dans ses terres des Cévennes, surtout à Térargues, Saint-Jean, Genouillac, Saint-Germain de Calberte. Elle établit à Térargues un monastère de la Visitation, afin qu'en qualité de fondatrice, elle pût, par une clôture volontaire, se conserver dans le calme et la paix (2). Elle joignait cependant aux exercices de la vie contemplative les œuvres du zèle pour la conversion des Huguenots, usant de toute son autorité pour affaiblir et pour éteindre , si elle l'eût pu, cette secte dans ses terres. Benoit, dans son Histoire de l'Edit de Nantes, se plaint vivement de mademoiselle de Portes , qu'il blâme d'avoir mis une garnison de cent arquebusiers dans une de ses scigneuries, qu'il appelle Taraux (probablement Térargues) , pour y faire cesser l'exercice de la religion prétendue réformée.Il était sans doute peu instruit de ce qui concernait son caractère et ses inclinations ; car il lui prête des motifs incompatibles avec ce que nous avons apporté. Cette marquise, non encore mariée, dit-il, voulait pentêtre mériter un époux par des marques d’un zèle éclatant (3).

I parait que les Jansénistes S'efforcèrent d'attirer à eux mademoiselle de Portes. Pour la prémunir contre la visite d’une dame fort dévouée au parti, M. Olier lui écrivit : « J'ai cru expédient de vous + envoyer ce mot pour prévenir votre esprit, de peur que madame » de Luynes, qui va vous voir en passant, et qui est dans les embarras » des opinions, ne vous aille embrouiller l'esprit, et le tirer de la » netteté dans laquelle Notre-Seigneur l'avait mis; je prie ce bon mai- » tre de vous l'y conserver. » Cette prière n'était pas sans quelque fondement; ear il semble qu'avant la bulle d'nnocent X, mademoi-

2° part. hi

(1)Lettres aut, deu.Olier,p.165,

2 Discourssur les vies de plusieurs vénera =

bles mères et sœurs de l'ordre de la Visitation, ele. | par Marie Claire de Maselli] in-Ro, 1610,p, 563 — Mémoires de M. Frydeau, Ms, de la Bibl.

Mazarine, in-40, Abid. Abrégé de laoie de M,l'abbé de la Vergne , p. 82.

(3) Tom, 11. p.

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