ÈËLE DE M. OLIER POUR L'ABOLITION DES DUELS
milieu d’un grand concours de témoins distingués, ils, d Essai sur Let Med L'influence, ete, firent cette promesse, dans la chapelle du séminaire de 1, p. 357,— Hit. re : : - ns de Fénelon Saint-Sulpice (1), entre les mains de M. Olier(2), par un (2) ie de la acte qu'il leur en avait dressé lui-même(3), et qu'ils signè- ”’êre Guutron, 1.
ir ut, p. 507.
rent chacun. Il était conçu en ces termes : (3) Remarques
«Les soussignés font, par le présent écrit, déclaration ne Par » publique et protestation solennelle de refuser toute pas, e » sorte d'appels, et de ne se battre jamais en duel, pour 423. » quelque cause que ce puisse être, et de rendre toute RS » sorte de témoignages de la détestation qu’ils font du rédigée par M. ; Fe | Olier et approu- » duel, comme d’une chose ‘tout-à-fait contraire à la ve par la no- » raison, au bien et aux lois de l'Etat, et incompatible avec blesse, les ma- » le salut et la religion chrétienne; sans pourtant re- a Lo » noncer au droit de repousser, par toutes voies légitimes, ne et les » les injures qui leur seront faites, autant que leur pro- # Ibid. pag. » fession et leur naissance les y obligent; étant aussi tou- re Nu fre 7. » jours prêts, de leur part, d'éclairer de bonne foi ceux ce, ibid. — Rem. » qui croiraient avoir lieu de ressentiment contre eux, Smet es » et de n’en donner sujet à personne (4). » LE Cette protestation fit un éclat extraordinaire. Le grand Condé, encore plein des idées d’une gloire profane, fut surtout étonné de la démarche du marquis de Fénelon, et ne put s'empêcher de lui dire : «Il faut, Monsieur, être » aussi sûr que je le suis de votre fait sur la valeur, pour »nêtre pas effrayé de vous avoir vu rompre le premier » une telle glace. » Maïs son étonnement fit bientôt place à l'admiration (5). Le marquis, ayant été provoqué, re- (5) Histoire de ‘ RE TP. Fénelon, 1. 1, p.
fusa le duel avec une noble intrépidité, que toute la cour 40. regarda comme un acte de vertu héroïque ; et cet exemple fit tant de sensation, qu’il accoutuma peu à peu les autres gentilshommes à mépriser le préjugé du faux point d’honneur, qui jusqu'alors avait fait un si grand nombre d’esclaves (6). I1 put contribuer aussi à accréditer la décla- (6 7ie de ta tion de M. Olier contre les duels, laquelle fut bientôt Do, "7"
approuvée et reçue dans tout le royaume. Les maréchaux
166 PARTIE I, LIVRE VIII. PAROISSE. — 1651, de France ne l’approuvèrent pas seulement, ils exhortèrent encore tous les gentilshommes du royaume à la souscrire et à l’observer dans tous ses points, comme aussi à conférer ensemble sur les moyens de satisfaction qu'on pourrait tirer raisonnablement, sans recourir au duel, et d’en dresser des mémoires, « afin, disent-ils, » que, les ayant lus et examinés, nous puissions en faire » rapport à Sa Majesté, pour être, si elle le juge à propos, » confirmés par un nouvel édit à l’avantage de la reli- » gion et de l'Etat. « Ce jugement est signé par les maréchaux d’Estrée, Schomberg, Plessis-Praslin et Ville- PA LP se TOY (1). Des personnages illustres par leur naissance, leurs t. 1, p. 849, 550, charges et leur réputation, s’empressèrent de faire, à 7 leur tour, cette protestation ouverte et publique; et le
(3) Mémoir, de Prince de Condé + les ayant appuyés de ses éloges, le
ne Ferrier, souverain Pontife lui en écrivit un bref de félicitation (2). dns Histoire de Le prince dé Conti mit le plus grand zèle à faire adopter Pénelomt.1, P- le même engagement par la noblesse du Languedoc :
nn Vie de M. exemple qui fut bientôt suivi dans plusieurs autres pro-
Alain de Solmi- ES ; :
nähac, liv. n,ch. vinces (3), en particulier dans le Querci, par le zèle d’A- DR de sisi lain de Solminihac (4). Les Etats de Bretagne, à l'imi- Par ane ty tation de ceux de Languedoc, privèrent même du droit nu cr de séance, dans leurs assemblées , tous les gentilsrévér. mère Gau- hommes qui se battraient en duel. Enfin le Roi fit adop-
AUS ter, à sa maison, la même protestation (5), et voulut que
Là le le marquis de Fénelon reçüût lui-même les signatures de la 69. cour (6).
Pour donner plus d'autorité encore à cette déclaration,
les évêques de l'as: -mblée du clergé y joignirent leurs
à NE nl suftrages, le 28 du , d'août (7), et les docteurs de Sor-
+. 551, 659, bonne l’approuvèrent à leur tour. Ces derniers ne crai-
, 558. : gnent pas de l’appeler une sainte et magnanime réso-
+ M. du Ferrier l'appelle M. Le Prince d'Anguien, du premier nom qu’il porta avant la mort de Henri de Bourbon-Condé, son père.
4ÈLE D] lution inspi imiter un »ils, sont e » sacrement » des duels.
» claration € » l’absolutio Cette délibé du nombre temps +.
Mais pour bien si heu l'autorité ro espérant que général les CG tion. IL s’ad et fit aussi a; religieux, qu du Roi, il lu:
» pensé qu'il » Révérence » à la Reine » en attendai » qu’elle réu » posions au » voir le su
+ Il paraît qu gentilshommes nal de Bausset 1 écrivit à Rome Collet n’ait poi de cette interv semble suppose le duel fut ôté < Puntife et l’auto
xhorà la )mme action ir au nt-ils, 1 faire ropos, reli- »$ Mi- Ville- , leurs ire, à
et le ges, le on (2).
dopter 1edoc :
es prole d’Al'imiu droit rentils-
adoput que ès de la
ration, leurs e Sorcrairéso-
ier nor e.
4ÈLE DE M. OLIER POUR L'ABOLITION DES DUELS. 167 Jution inspirée de Dieu, et ils exhortent toute la noblesse imiter un si bel exemple. « Lesdits docteurs , ajoutent- » ils, sont encore d'avis, que tous ceux qui recourent au » sacrement de la Pénitence, et ne sont pas, à l'égard » des duels, dans la disposition exprimée en ladite dé- » claration et protestation, sont incapables du bienfait de » Pabsolution, et de tous les sacrements de l’Eglise (1). » PAU he De Cette délibération fut signée par cinquante docteurs, p.553, 554, 556. du nombre desquels étaient les plus célèbres de ce temps +.
Mais pour rendre plus ferme'encore et plus stable le XXIV. | > « FT M. Olier debien si heureusement commenté, M. Olier désirait que mande à la Rél'autorité royale rendit un nouvel édit contre les duels, pete le espérant que les dispositions si favorables où étaient en blasphèmes. général les Grands et la noblesse, en assureraient l’exécution. Il s’adressa à la Reine régente, dans ce dessein, et fit aussi agir auprès d’elle tous ses amis. Écrivant à un religieux, qui paraît avoir été le Père Dinet, confesseur
du Roi, il lui disait : « Monsieur de Fénelon et moi avons
» pensé qu'il était de la dernière importance de prier votre » Révérence de remettre à dinanche qui vient, à parler » à la Reine de l'affaire des duels, afin que nous fassions, »en attendant, quelque chose tout-à-fait nécessaire pour » qu’elle réussisse à la gloire de Dreu, et que nous la dis- » posions au point que vous pouvez souhaiter pour en »voir le succès et la bénédiction entière de Notre-Sei-
+ Il paraît que le souverain Pontife contirma aussi l’association des gentilshommes , formée par M. Olier, pour abolir le duel. Le cardi-
nal de Bausset rapporte, en effet, qu’en 1656, saint Vincent: de Paul (a Histoire d : ‘ae
écrivit à Rome pour la faire approuver par un bref (2) ; et quoique rénelon, t. 1, p. Collet n’ait pointtrouvé, dans les lettres de saint Vincent, de traces je FE EE : : , En AT ne 13) Wie de suin
de cette intervention de l'autorité apostolique (3), M. du Ferrier pont de Paul, semble supposer qu’elle intervint réellement, puisqu'il rapporte que t. u, p.23 et note. le duel fut ôté de la France et de l'Eglise, par le soin du souverain 4, 5) Ps SN
Pontife et l’autorité du Roi Très-Chrétien (4). ’ p. 190.
(li Lettresaut. » our JÉSUS-CHRIST (: Sail »
de Me One» FU Jésus-Cntsr (1). » Saint Vincent de Paul, de son
Le ns côté, usa de toute l'activité de son zèle pour assurer un si (2), Vie de la ee a è
mère Gautron, 1, N0ble dessein (2).
ut, p. 508. — Vie : . rt 11: , ds 5
int Wincent LA religion vive et ardente de M. Olier lui faisait dé.
de Paul, par Col- 1 ir rénri F , MAN Late sirer aussi de voir réprimer les blasphèmes, qui demeu-
du st raient impunis, malgré les ordonnances de nos rois, On de Fénelon à Cte- Sait, en effet, que le Père Bernard, qui ne se possédait pas ment XL, p.104. ]orsqu'il entendait blasphémer, s’autorisait de ces ordonnances pour tomber lui-même sur les blasphémateurs ct les terrasser dans les rues, ayant coutume de dire : « N’est- » il pas pitoyable qu’il n’y ait qu'un pauvre prêtre qui fasse » observer les ordonnances du Roi et les commandements a Wiiss pr » de Dieu (3) ? » M. Olier saisit donc cette occasion pour Son zèle pour lu représenter à la Reine la nécessité de réprimer aussi ces gloire de DIEU. Gésordres. Dans une lettre à cette princesse, il ose bien lui rappeler les deux obligations indispensablement attachées à l’exercice d’une grande puissance : « l’une de » procurer de grands biens dans l'État, l’autre d’y détruire, » dit-il, les vices et les crimes publics, les duels, les blas- » phèmes, les impiétés et autres maux semblables, pour » la ruine desquels Drevu a mis dans vos mains le glaive » de sa justice et de sa vengeance ; et, sans cela, vous ne nn rit es » pouvez être sauvée, quand vous seriez, d’ailleurs, la 390. » plus sainte personne du monde (4). »
Ru AS La pieuse Reine entra volontiers dans ces sentiments; re sa majorité Mais comme son autorité avait été affaiblie par Les troubles . a ne politiques, il fut résolu que ce serait le Roi lui-même qui, phèmes. le jour où il déclarerait sa majorité, rendrait deux édits,
l’un contre les blasphèmes, l’autre contre les duels, et commencerait, par cet acte de religion, l’exercice de l’autorité royale. La circonstance ne pouvait être plus heureuse : les Grands et le peuple soupiraient après le moment où l’on verrait le Roi commander en personne, et prendre enfin les rênes du gouvernement ; et la pompe qui
accompagna cette cérémonie, l'une des plus magnifiques e
LÈLE D
qu'on eùt v dans les cœu auguste du n mois de sept tice, déclara les princes, et les présid lecture des enregistrés s chrétien, et i ji les motifs Dans celu ainsi : « Der » peler à la » singulière » d’une extrt » nous ne lu » telles, en f » mandemen » même rév » gravée dar » n’y a rien » pose à son » phème, nc »un meille » tions, que » zèle et la » laissé des » Chrétiens, » Créateur, » l'honneur » Saints. » / seront conc cinq premiè que la sixié
ZÈLE DE M. OLIER POUR L'ABOLITION DES DUELS. 169 qu'on eùt vues de longtemps à Paris, sembla réveiller, dans les cœurs des Français, le respect pour la personne auguste du monarque. Il se rendit au Parlement, le 7 du mois de septembre, où il tint, à cet effet, son lit de justice, déclara qu’il prenait la conduite de l’État ; et, à peine les princes, les pairs, les grands officiers de la couronne et les présidents du Parlement l’eurent salué, qu'on fit lecture des deux édits dont nous parlons, et qui furent enregistrés sur l’heure (1). On ne peut rien voir de plus chrétien, et il ne sera pas hors de propos d’en rapporter D, 0m
CL , ici les motifs. Mat, la, |
ments Dans celui contre les blasphèmes, le Roi s’exprimait pour ainsi : « Depuis le temps qu'il a plu à Dreu de nous ap-
Si ces » peler à la couronne, nous avons recu tant de grâces > bien » singulières de sa bonté..., que nous serions coupables atta- » d’une extrème ingratitude envers la Majesté divine, si
ne de » nous ne lui rendions des louanges et des grâces immorruire, » telles, en faisant régner sur nos sujets ses saints comblas- » mandements, et en imprimant dans leurs esprits la , pour » même révérence de son très-saint nom, qu’il nous à glaive » gravée dans le cœur. Et parce que nous savons qu'il JUS ne » n’y a rien qui déroge davantage à sa bonté, ni qui s’oprs, la » pose à son honneur avec plus de témérité que le blas- » phème, nous avons cru que nous ne pouvions choisir
dents ; »un meilleur moyen, pour nous concilier ses bénédicubles » tions, que d’imiter, dès l’entrée de notre majorité, le e qui, » zèle et la dévotion des rois nos prédécesseurs, qui ont édits, » laissé des ordonnances dignes de leur titre de Trèsls, et » Chrétiens, pour réprimer ceux qui, méconnaissant leur e l’au- » Créateur, blasphèment contre son saint nom, contre
s heu. D »l’honneur de la très-sacrée Vierge sa mère, ou des e mo- » Saints. » A ces causes, le Roi ordonne que les coupables ne, et seront condamnés à des amendes ou à la prison, les pe qui cinq premières fois qu’ils seront tombés dans ce crime ; ifiques que la sixième fois on leur coupera la lèvre supérieure
Jr avec un fer chaud ; la septième, la lèvre de dessous, et
Mun.de M. LTet. QUE, la huitième fois, on leur coupera la langue, comme te 144 Mu étant incorrigibles (1),
fos " + L’édit contre les duels n’est pas moins digne de la reli-
Édit de Louis gion du monarque, Les dispositions principales en furent
He les proposées par l’association des gentilshommes dont nous
avons parlé ; et il est À présumer que le zèle de M. Olier
n'eut pas une médiocre part à des délibérations si chré-
tiennes. « Les avis de ee saint prêtre, et l'éclat que fit
» alors l'association formée par lui, dit le cardinal de
» Bausset, laissérent une impression si profonde dans
» l'esprit de Louis XIV, que, pendant tout le cours de son
» long règne, aucune considération de naissance ou de
» faveur ne put le fléchir, ni le faire consentir à accorder
(2) Histoire de des grâces en matière de duels (2). » 1 fallait, en effet,
he que les avis de M, Olier eussent été bien puissants, pour
p. 40. avoir pu inspirer au monarque les beaux sentiments qu’on
lit dans cet édit mémorable : « Toutes les lois devenant
» inutiles, dit le Roi, si elles ne sont exécutées, nous
» commandons très-expressément à nos cousins les ma-
» réchaux de France, de tenir la maïn exactement à l’ob-
» servation de notre présent édit, nonobstant toutes lettres
» closes et patentes, et tous autres commandements
» qu'ils pourraient recevoir de nous, auxquels nous leur
défendons d’avoir aucun égard... A cette fin, nous jurons
et promettons, en foi et parole de Roi, de n’exempter à l’avenir aucune personne, pour quelque cause et considération que ce soit, de la rigueur du présent édit; et si des lettres de rémission étaient présentées à nos cours souveraines, nous voulons qu'elles n’y aient aucun » égard, quelque clause de notre propre mouvement et » autres dérogations qui puissent y être apposées. Dé- » fendons très-expressément, à tous princes et seigneurs, » d’intercéder près de nous pour les coupables, sous
» peine d’encourir notre indignation. Protestons que, ni
LÈLE DE » en faveur ( » notre Sang, » ou particul » sciemment » présent édi » sément et s » prochain sa » thentique € » juste et si Nous som la conduite d de M. Olier utile à la r sur ce sujet, » pouvons as!
» ravi autant » sonnes de € » Augustin, » véritableme » contraire, 1 » notre servit » la vie de la » lieu du con » eussent pér » empêchés p » rer qu'ilen » puisqu'il à » tribué à le L’abolition Fénelon, par punies quelq nies ; on le t dit qu'il vou beaux prétex!
se souvint à
ZÈËLE DE M. OLIER POUR L'ABOLITION DES DUELS. 171 » en faveur d’aucun mariage ou naissance de princes de » notre sang, ni pour quelque autre considération générale » ou particulière que ce puisse être, nous ne permettrons » sciemment être expédiées aucunes lettres contraires au » présent édit, duquel nous avons résolu de jurer expres- * noTE 8, p. » sément et solennellement l’observation au jour de notre !%#-
. (t) Archives du » prochain sacre et couronnement, afin de rendre plus au- ministère de l4 : ou: , + : . guerre, — Ibid.
» thentique et plus inviolable une loi si chrétienne, si Fzpéditions de : : na % 1654, %e partie,
» juste et si nécessaire * (1). » Hoiinbie:
Nous sommes entrés dans ces détails, afin de montrer xxvit.
la conduite de la divine Providence, qui se servit du zèle, ue .
de M. Olier pour donner naissance à un changement si Fénelon ont eu
utile à la religion et à l’État. M. de Bretonvilliers dit Es
sur ce sujet, à la louange du serviteur de Dieu : « Nous lition des duels.
» pouvons assurer qu’il a donné autant d’âmes à Dreu, et
» ravi autant de proies au démon, qu'il a retiré de per-
» sonnes de ce fâcheux désastre ; et comme, d’après saint
» Augustin, celui qui a refusé de nourrir un pauvre, l’a
» véritablement tué, et, par conséquent, celui qui, au
» contraire, l’a empèché de mourir, lui a donné la vie, » notre serviteur de Dieu a procuré à autant de personnes » la vie de la grâce, qu’il en a empêché de se porter sur le » lieu du combat, et la vie de la gloire à tous ceux qui y » eussent péri misérablement. Il est vrai qu’il ne les a pas » empêchés par lui-même. Nous pouvons toutefois assu- * ne 9, p.
» rer qu'il en a la récompense, etqu’ils luien sont obligés, ue Pb 4 ‘te A ae
» puisqu'il a été le premier qui. a eu ce dessein et a con- #. Otier, pur M. à DS : deBretonvilliers, » tribué à le mettre en vigueur* (2). Lu, p.447, 148. L’abolition des duels attira des ennemis au marquis de Fénelon, parce qu’on lui attribuait les peines dont furent punies quelques personnes. On le déchira par des calomnies ; on le traita de dévot indiscret(3) et ambitieux; ON (3) Mémoir. de dit qu'il voulait surprendre la piété de la Reine par de penssr. Petilot, beaux prétextes, et faire sa cour aux dépens d'autrui. Il t *ut' p 128.
se souvint alors de cette parole que M. Olier lui avait
(4) Vie de la mère Gautron, Lu, p. 509.
XXVHII.
Conduite héroique du marquis de Fénelon à l'égard de son fils,
(2 Vie de lu mère Gautron, Lu, p. 513.
dite plusieurs fois : « Si Dieu vous aime, il vous humi- » liera ; et, en élevant l'ouvrage, il abaissera l’ouvrier, » Pendant plusieurs années, il eut à souffrir une persécution presque continuelle, dont une vertu médiocre aurait été ébranlée. On disait qu'il était de la cabale et de la faction des dévots : c'était ainsi qu’on appelait les gentilshommes voués à la piété, en s’efforçant de les faire passer pour des hommes remuants et dangereux (1) +.
Cette persécution dura jusqu’à la campagne de 1667, dans laquelle, pour veiller davantage sur la conduite de son fils, qui suivait le métier des armes, le marquis de Fénelon voulut servir en qualité de simple volontaire. La valeur, l’intrépidité, la sagesse et la capacité qu'il y fit paraître, lui attirèrent une estime si universelle de la part du Roi, des généraux et de toute l’armée, qu’elles effacèrent, dans tous les esprits, les mauvaises impressions qu’on avait données de sa conduite. Mais un trait bien remarquable de son zèle et de son amour paternel, ce fut qu'après la conclusion de la paix, il conduisit ce fils unique au siége de Candie contre les Turcs, non pour avancer sa fortune, mais pour le soustraire aux dangers que courait son salut. Louis XIV, qui comprit le dessein d’un si vertueux père, lui dit avant son départ : Avouez-moi la vérité, vous faites ce voyage pour retirer votre fils des débauches de la cour. Il est vrai, Sire, répondit-il; et, quand j’y pense, je trouve que Candie n’est pas encore assez loin. Il partit pour cette expédition, con-
+ Quand la comédie du Tartufe parut, on dit à l’auteur qu'il aurait bien mieux fait de donner une épée qu’une soutane à son faux dévot ; on voulait indiquer M. de Fénelon. Le cardinal Mazarin luimême, après son retour en France, ayant été prévenu dans une occasion contre lui, ne put s'empêcher de lui parler contre les dévots. Votre Eminence a un bon moyen de les attraper, lui répondit le
marquis ; ils le méritent bien ; c'est de ne les employer jamais ni dans
les charges, ni dans les affaires (2).
2ÈLE duisant e mes, qui leur père.
plusieurs tète dans t tellement, combat ; il à la mort, il repassa 4 sa terre d« pendant la qu’il avait vèque de ( ses soins e L’exemp fruits que veur de la » Bretonvi » tion des » et à la d » il trouvai » parlait s » priait si » tirer à so » la nobles » plusieurs » Notre-Se » son servi » lui-même » même qu » dans ses » ricorde € » naire de » et chere] » ensembli
ZÈLE DE M. OLIER POUR L'ABOLITION DES DUELS, 179 duisant encore avec lui quatre cents jeunes gentilshommes, qui l’honoraient et l’aimaient comme s'il eût été leur père. Avant le jour, il les préparait au combat par plusieurs heures d’oraison, et marchait lui-même à leur tête dans toutes les sorties. Son fils ayant été blessé mortellement, il le fit porter dans sa tente, sans quitter le combat ; il vint ensuite, après l’action, l’assista lui-môme à la mort, reçut son dernier soupir ; et peu de temps après il repassa en France avec son corps, qu’il fit inhumer dans () Pie de la sa terre de Magnac(1)*. La Providence lui ménagea ce- mère Gautron , . : p. 812 et suiv, pendant la plus douce consolation, en substituant, au fils *norr 10, p. qu’il avait perdu, un neveu qui fut depuis l’illustre arche- P: 1#6.
‘ : : : (2 Histoire ds vèque de Cambrai, et qui devint, avec sa fille, l’objet de Fénelon, par te
ses soins et de ses affections les plus tendres (2). red ar Vi L'exemple d’une vertu si héroïque peut faire juger des XXIX.
fruits que produisirent les travaux de M. Olier, en fa- Pr ist veur de la noblesse. « Il ne se contenta pas, dit M. de gentilshommes » Bretonvilliers, d’avoir ôté le mal, en procurant l’extinc- Res » tion des duels, il s’efforça ensuite de porter à la piété naire,
» et à la dévotion tous les gentilshommes dans lesquels
» il trouvait quelque disposition. C’est pour cela qu’il leur
» parlait si volontiers pour les gagner à Dieu, et qu’il
» priait si ardemment Notre-Seigneur de les vouloir at-
» tirer à son service. Il a fait même des réglements pour
» la noblesse chrétienne, et a servi à son avancement par
» plusieurs moyens qu’il serait trop long de rapporter ici.
» Notre-Seigneur, ajoute-t-il, a tellement béni le zèle de
» son serviteur, que non-seulement il a voulu qu'il ait servi
» lui-même à la sanctification de ces gentilshommes, mais
» même qu'après sa mort, la bénédiction ait été continuée
» dans ses enfants ; puisque nous en voyons, par la misé-
» ricorde de Dreu, un si grand nombre venir au sémi-
» naire de Saint-Sulpice, y faire les exercices spirituels,
» et chercher le moyen d’assurer leur salut, en alliant
» ensemble la vertu chrétienne et la noblesse. Dans une
(4) Wie Ms, de VW, Olier, par M.
de Bretonvildiers, 4 1, p
» seule année, on en a compté plus de cent qui les y ont » pratiqués, et qui ont paru être changés ensuite en des » hommes nouveaux, par le genre de vie qu’ils ont em- » brassé, et par le mépris qu'ils ont su faire de tout ce qui » pouvait être un obstacle au généreux dessein qu'ils ” » avaient formé d’être tout à Dieu (1). »