SUR L’ABBÉ DE BOURZEIS
NOTE 4, p. 212. — M. Olier n'ayant rien pu sur l'esprit du due de Liancourt, qui persévéra jusqu’à la mort dans son attachement au Jansénisme, essaya de ramener à l'Eglise l'abbé de Bourzeis. Cet ecclésiastique, l’un des plus beaux esprits de son siècle, avait une grande vivacité, beaucoup d’ordre dans le raisonnement, et une façon de s'exprimer très-vigoureuse (1). Il défendit d'abord la doctrine de Jansénius avec plus de bonne foi que n’en avaient les écrivains de la secte; et c’est ce qui le porta à mitiger peu à peu ses opinions. Aussi disait-il, au mois de mai 1653, en se servant de l'expression usitée parmi les siens, qu'il se rapprochait de jour à autre de Molina (2). Depuis la bulle d'nnocent X, il n’écrivit plus pour défendre ces erreurs. Néanmoins il fit toujours cause commune avec les Jansénistes; et en 1655 il étail encure, avec le Père des Mares, chez le duc de Liancourt, I paraît qu'après la condamnation de Jansénius, il convenait que les cinq propositions ét ient dans cet auteur, et soutenait qu'elles n’y étaient point dans le sens hérétique. On assure qu'il se conservait à la Cour la faveur du cardinal Mazarin, en disant le premier, et en laisant le second (3). M. Olier, pour leramener tout-à-fait, lui ménagea une conférence avec Alphonse Lemoine (4), professeur de Sorbonne (5), accusé alors par les sctaires de vouloir introduire le Semi-Pélagianisine dans cette école, comme M. Pereyret, à Navarre (6). Nous ignorons les circonstances particulières de cette conférence, et les résultats qui la suivirent immédiatement. On à écrit que M. Olier eut la consolation de rendre, par ce moyen, Pabbé de Bourzeis à l'Eglise (7). Mais nous n’avons trouvé aucune preuve de ce fait; il parait même constant que cet abbé Gemeura chez le duc de Liancourt, jusqu’à la mort de M. Offer (8). On peut présumer, toutefois, que la conférence dont nous parlons contribua à faciliter à l'abbé de Bourzeis la démarche qu'il ft enfin. le 4 novembre 1661, en rétractant tout ce qu'il avait écrit autrefois de contraire ou de peu conforme aux constitutions apostoliques (9).