TABLEAUX DE LE BRUN
NOTE 5, p. 249. — Dans le tableau de la Pentecôte, Le Bruu a su rendre toutes les circonstances historiques du mystère, avec cette supériorité de talent et cette manière savante qui annoncèrent dès-lors un grand maître. L'ébranlement soudain de la maison, et le vent impétueux qui y souffla au moment où le Saint-Esprit descendit sur l’assemblée, lui ont inspiré ces attitudes si hardies, si variées et si heureuses, qu’il a données aux Apôtres, et qui expriment, avec autant de vérité que de noblesse, la surprise, l'admiration, le respect et les autres mouvements dont ils durent alors être saisis. La très-sainte Vierge est à genoux, et comme accoudée sur une table ; il n’y a rien de plus doux et de plus dévot que son visage, où éclate néanmoins le feu de l'amour divin. Le Brun se surpassa lui-même dans ce bel ou vrage, et à l’exemple de Raphaël, du Titien, de Paul Véronèse etdes plus grands peintres, qui se sont représentés dans ceux
1839, in-8°, p.71
(2: Description
de la ville de Pu
ans sa mai- ris, par Germai::
eva tous les la place de vé à grands séminaire, u grand séle l’Instruc-
de leurs tableaux qu'ils ont voulu distinguer de tous les autres, Brice, t. un, à. il eut le désir de s’y peindre, et en demanda la permission à — Foyage pitte- M. Olier. Il l'obtint, et s’y peignit en effet(2) Comme il mettait He .. une grande importance au succès de cet ouvrage, il vint au sémi- tion historique maire une multitude de fois, pour le perfectionner par de nou- 4 Paris, par Pi- ; x Ê ; \: A ganiol de L'« Forvelles retouches. Ce fut ce qui donna lieu à M. Gilles Marie, dans &e, t, vn, p. 352. la suite curé de Saïint-Saturnin à Chartres, de dire un jour à nrnléctoct! ., on! : amalcurs et dr:
quelques ecclésiastiques du séminaire, qui aduuiraient ce chef- etrungers à Pu d'œuvre : « Ah! que les enfants du siècle sont bien plus intelli- ris, etc. tn, y » gents que ceux du royaume de Dieu! Si nous avions la même 439 — Mémoir: : “ de M. Baudrarui.
fit à Notre- » âssiduité que M. Le Brun, nous ajouterions tous les, jours p. 42.
(1) Vie de M, , , , h l'i C s cites Merle lue quelques nouveaux traits à l'image de Jésus-Cuntsr, que nous
12, 1736, chap, ns, ” tachons de retracer dans notrecæur, et elle deviendrait bientot V. 28, » ressemblante à ce divin Mexlèle (1), »
Non content d’avoir donné tous ses soins à ce tableau, Le Brun en fit faire, par ses meilleurs élèves, plusieurs copies correctes que lui-même retoucha. On en voit une aujourd’hui dans la yalerie du Louvre, qu'il fit, dit-on, par l'ordre de Louis XIV, pour le château de Versailles. Le tableau du séminaire est maintenant à Rome, dans la galerie du cardinal Fesch, qui, après la Révolution, l'avait acquis du gouvernement f. Il a été gravé par Audran. La peinture du plafond a été gravée par Simonneau, en deux feuilles, ou plutôt en trois, que l’on trouve difficilement réunies. Le Brun se proposait de dédier cette dernière gravure au grand due de Toscane ; mais n'ayant point assez vécu pour voir terminer un ouvrage de si longue haleine, ilchargea Charles Le Brun, son neveu et son héritier, de faire en son nom cette dédicace, C’est ce qu’on y lit sous les armes de ce prince ++. Le tableau de Visitation, exécuté par cet artiste, sur l'idée que M. Olier lui en avait fournie, a été gravé plusieurs fois; mais le serviteur de Dev étant mort avant que ce tableau eût été achevé, Le Brun refusa de
(2) Mémoir, de l'envoyer au séminaire, malgré les demandes réitérées qu'on lui M. Baudrand. en fit pendant plus de vingt-quatre ans(2). Ce fut apparemment none ce qui engagea M, Tronson, en 1697, à demander le mème sujet avril4697, fe 487, à Verdier (3), élève de Le Brun, et qui excellait à copier les oriverso. ginaux de ce grand maître.
Les autres projets de tableaux, que M. Olier avait donnés par écrit à Le Brun, sont perdus aujourd’hui, On trouve cependant, dans les Mémoires du serviteur de Dieu, la description circonstanciée d’un tableau projeté de la présentation de Notre-Seigneur au temple, destiné pour la chapelle du séminaire de Saint-Sulpice, et qui entrait dans le plan général qu'on a indiqué; car il devait porter cette inscription : Christus sacerdos in Virgine,
et seipsum offert hostiam Deo Patri, in manibus ejus(4). Ce Olier, 1 vi, p, Sujet fut exécuté conformément au projet de M. Olier, par Le 33, 4. Sueur, pour la chapelle de la petite communauté, et fut gravé par Duflos, qui dédia son ouvrage à M. Le Peletier, abhé de
+ Cette toile précieuse a été acquise en 4843 par Le Séminaire de Saint-Sulpice.
+ u Serenissimo Principi Cosmæ, 111», magno Etruriæ Duci, beulissime
» Wirginis post victum in Ephesina synodo Neslorianam hivresim, asserto
(, Cabinet des » Deiparæ litulo triumyphantis ,imaginem apud Sulpitianvs olim colori-
Gstampes de lu » bus depictam, nunc tandem ex wre fideliter expressam, quam Carolus
Bibl. Royale, à , Le Brun, pictor regius primarius, fato interceptus offerre non potuit :
Paris, Œuvre de , Carotus Le Brun, pictoris ex fratre nepos, et ex asse h@res, siuremus Le Brun, » morientis patrui mandatis obrdiens, dical et consecrat (S), »
gaint-Aubin ( gint Sulpice.