XI. Pour inspirer à ses disciples l’amour de l’obéissance
Fidélité à ” . .
Re M. Olier avait toujours à la bouche quelque parole à la
‘u réglement. louange de cette vertu ; leur disant, par exemple, qu’elle est la vie des enfants de l’Église, le précis de toutes les
vertus, le chemin assuré du ciel, un moyen certain pour
connaître la volonté divine, une forteresse où le démon
n’a point d'accès, l’un des plus rudes, mais en même
temps des plus aimables martyres, parce qu’elle nous rend
@) Esprit de parfaitement conforme à Jésus-Cunisr (2). Il voulait, en-
. NE ET tre autres choses, que personne ne sortit de la maison, ne
ne fit ou ne recût de visites, qu'avec l’agrément du supé-
Pr 2e 2e rieur (3), et que surtout chacun fût scrupuleusement fidèle
à l’article du réglement qui prescrit l'observation du si-
lence. «(a été la pratique de toutes les communautés bien
» réglées, dit M. de Bretonvilliers son successeur, et l’on
voit même, ajoute-t-il, que dans notre séminaire, quoi-
que nous soyons ordinairement plus de cent personnes,
l’on n'y entend pas un seul mot hors des récréations; et
» c'est ce que notre cher Pere, M. Olier, nous a si sou-
(4) Lettres de » Vent recommandé : tel est l'esprit de la maison (4). » En-
st fin M. Olier avait coutume de dire, que celui qui pratique ,
p+#,1070. fidèlement sa règle est comme inaccessible à l'ennemi;
au lieu que celui qui l’enfreint pour satisfaire ses capri-
ces, s'expose lui-mème à ses assauts. et court grand ris-
que d'y succomber. Un jour qu'il était à la campagne avec
quelques ecclésiastiques , on lui fit apercevoir au loin
une brebis qu’un cavalier poursuivait, Après qu'il l’eut
regardée attentivement, en témoignant de la joie de ce que
cet homme ne pouvait l’atteindre ; enfin, comme il l’eut vu
abattue d'un coup de feu : « Voilà, dit-il en se tournant
» vers ceux qui l’accompagnaient, voilà ce qui arrive à
» ceux qui aiment la singularité : leur ennemi enfin les
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PRATIQUES D'HUMILITÉ. 303 » surprend et les perd. Cet accident ne serait pas arrivé à PU HANAGE » cette pauvre brebis, si elle eût marché avec le reste du p.20. — "Lettres » troupeau, et fût demeurée auprès de son pasteur (1). » ie En à La fidélité constante à toutes les règles fut le moyen dont Du se servit pour former, dans le séminaire de Saint-Sulpice, une multitude de saints ecclésiastiques, qui répandirent, dans les divers diocèses, la bonne odeur de la piété (2). 2) La Gloire Ils contractèrent ainsi, avec l’amour des exercices spirituels, 4 és: prdre l'heureuse nécessité d une vie d'ordre, et de ces habitudes nu 4 Des sacerdotales, qui peuvent seules assurer la persévérance d'un jeune prêtre dans le monde. Aussi l’avis capital que M. Olier leur donnait avant leur sortie de la maison, avait pour objet la fidélité à un réglement. «Si vous observez un » bon réglement de vie, fidèlement et par amour pour le » Seigneur, leur disait-il, vous avez tout à espérer, vous vi- » vrez pour Dieu. Mais si vous n’avez point de réglement, » ou si vous n'êtes pas fidèles à l’observer par des vues de (9) Avis salutaires aux minis- » foi, autant que les circonstances le permettent, vous tres du Seigneur, » avez tout à craindre pour votre salut; ce n’est pas pour APR pere » DIEU que vous vivez (3). » SU est Entre les vertus chrétiennes, l'humilité est la plus effi- XII. eace pour faire mourir en nous le vieil homme; c'était Le anne aussi celle que M. Olier était plus jaloux de faire pratiquer bles à l’humià ses enfants. Il établit que chacun d'eux, pour honorer les ai pee humiliations adorables de Notre-Seigneur, exercerait à son de cette vertu. tour les fonctions les plus humiliantes à la nature. comme de balayer dans la maison, de laver et de nettoyer la vais-
, : (4) Mémoires selle, de servir à table, de donner le pain aux pauvres (#4). y 5, Baudrand, il pouvait bien en cela, comme en tout le reste, se proposer P- 64: lui-mème pour exemple, et dire, avec la même confiance que saint Paul : Soyez mes imitateurs, comme je le suis de Jésus-Carisr, Car depuis son vœu de servitude à tous les chrétiens, il ne se trouvait dans aucune compagnie, qu’il ne se tint aux pieds de tous en esprit, s’il ne pouvait s’y
mettre autrement. « Nous l’avons vu dans le séminaire, dit
» M. de Bretonvilliers, nous essuyer les souliers à genoux
» et tête nue, nous baiser les pieds, et nous rendre avec
» une ferveur très-édifiante d’autres services de cette na.
() Esprit d&e » Lure (1).» M. de Lantages rapporte en effet, de lui-même,
' Fi FE Ub qu'arrivant un jour tout crotté de Vaugirard, et entrant
dans cet état dans la chambre de M. Olier, celui-ci prit
un linge, lui essuya les pieds et les baisa ; faisant cette ac-
A une tion à genoux et nu-tête (2). Ces marques peu communes
PA de | d’humilité étaient accompagnées de tant de simplicité et
— Vie de M. de de charité dans l’homme de Dieu, qu’elles paraissaient re à n'avoir en lui rien de singulier ni d’extraordinaire.